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Sur la décision
| Référence : | CA Metz, retention administrative, 24 août 2025, n° 25/00864 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Metz |
| Numéro(s) : | 25/00864 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
COUR D’APPEL DE METZ
ORDONNANCE DU 24 AOUT 2025
Nous, Véronique LAMBOLEY, Présidente de Chambre, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d’appel de Metz,
Dans l’affaire N° RG 25/00864 – N° Portalis DBVS-V-B7J-GNXG ETRANGER entre :
Le procureur de la République
Et
X se disant [K] [I]
né le 1er mars 1997 à [Localité 1] (ROUMANIE)
de nationalité Roumaine
Sans domicile connu en France
Actuellement en rétention administrative.
Vu l’ordonnance rendue le 23 août 2025 à 11h05 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la remise en liberté immédiate de X se disant [K] [I] à l’issue des formalités administratives au centre de rétention administrative de [2] et notifiée le même jour à 11h09 à M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz ;
Vu l’appel de cette décision de M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire le 24 août 2025 à 08h57, réceptionné au greffe de la chambre des libertés le même jour à 09h05 ;
Vu la demande d’effet suspensif de l’appel de l’ordonnance de refus de prolongation de la mesure de rétention administrative formulée dans l’acte d’appel ;
Vu la notification de la déclaration d’appel avec demande d’appel suspensif faite à X se disant [K] [I] le 24 août 2025 à 09h25 avec indication des modalités et du délai des observations en réponse à la demande de déclaration d’effet suspensif à éventuellement formuler auprès du magistrat devant statuer sur cette demande,
Vu les notifications du recours suspensif du 24 août 2025 effectuées par le parquet:
— à Me Mélanie GOEDERT-FURLAN, avocat au barreau de Metz, conseil de X se disant [K] [I], par courriel à 09h09 ;
— au préfet du BAS-RHIN, par courriel à 09h09 ;
Constatant l’absence d’observations faite par l’étranger ou son conseil dans le délai prévu à l’article R 743-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
SUR CE,
Vu le dossier de la procédure,
Vu l’article L 743-22 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile qui dispose que l’appel n’est pas suspensif.
Toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d’appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu’il lui apparaît que l’intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l’ordre public.
Dans ce cas, l’appel, accompagné de la demande qui se réfère à l’absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l’ordre public, est formé dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d’appel ou à son délégué.
Celui-ci décide, sans délai, s’il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l’étranger ou de la menace grave pour l’ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n’est pas susceptible de recours.
Par dérogation au présent article, l’appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l’intéressé a été condamné à une peine d’interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s’il fait l’objet d’une mesure d’éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste.
L’intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu’à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
En l’espèce, pour déclarer la requête en prolongation irrecevable l’ordonnance rendue par le premier juge a retenu que ladite requête n’était pas accompagnée de toutes pièces utiles, notamment de toutes les pièces de la procédure précédant le placement en rétention administrative.
Au soutien de son appel le ministère public, auquel se joint le préfet du Bas-Rhin, produit l’intégralité de la procédure pénale comprenant l’ensemble des pièces de la procédure pénale, notamment celles relatives à la mesure de garde à vue de M. [K] [I] à compter du 16 août 2025 à 23h35 notifiée à l’intéressé le 17 août 2025 à OH20 puis à le 17 août 2025 à 9h35 avec l’assistance d’un interprète, puis prolongée le 17 août 2025 à 21 heures jusqu’au 18 août 2025 à 14h30.
Si conformément aux dispositions de l’article R 743-2 du CESEDA qui sanctionne de l’irrecevabilité la requête formée par l’autorité administrative non accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, les procès-verbaux de garde à vue doivent être joints à la requête comme constituant une «'pièce justificative utile'» ('Cass. 1re’civ., 8'juill. 2020, n°'19-16.408), l’article L. 743-12 du même code dispose que la mainlevée du placement ou du maintien en rétention par le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi d’une demande sur ce motif ou qui relève d’office une telle irrégularité ne peut être prononcée que lorsque celle-ci a eu pour effet de porter substantiellement atteinte aux droits de l’étranger dont l’effectivité n’a pu être rétablie par une régularisation intervenue avant la clôture des débats.
Au regard des pièces produites au soutien de l’appel suspensif, et les dispositions légales susvisées permettant la régularisation jusqu’à la clôture des débats, il y a lieu de suspendre les effets de l’ordonnance déférée.
PAR CES MOTIFS
Statuant sans délai par décision insusceptible de recours,
PRONONÇONS LA SUSPENSION DE L’EXÉCUTION de l’ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz en date du 23 août 2025 ayant rejeté la requête aux fins de prolongation de la rétention dans des locaux ne dépendant pas de l’administration pénitentiaire de X se disant [K] [I] et ordonné sa mise en liberté,
ORDONNONS LE MAINTIEN A LA DISPOSITION DE LA JUSTICE de X se disant [K] [I] jusqu’au prononcé de la décision à intervenir statuant sur l’appel, les conditions du maintien étant déterminées comme le prévoit l’article R 743-22 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
DISONS que la présente décision conférant un caractère suspensif à l’appel du ministère public sera portée à la connaissance de l’étranger et de son conseil par le greffe de la cour d’appel et communiquée au procureur de la république, qui veillera à son exécution et en informera l’autorité administrative qui a prononcé la rétention,
AVISONS les parties que l’audience d’appel aura lieu le 25 août 2025 à 14h00 ;
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance.
La présidente de chambre,
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