Conseil d'Etat, du 6 mars 1914, 48885, publié au recueil Lebon
CE
Annulation 6 mars 1914

Arguments

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  • Accepté
    Excès de pouvoir du conseil municipal

    La cour a estimé que le conseil municipal n'avait pas le droit d'allouer des subventions sur les fonds communaux à une entreprise privée pour favoriser sa concurrence, et qu'aucune circonstance exceptionnelle ne justifiait cette intervention.

Résumé de la juridiction

Il ne rentre pas dans les attributions du conseil municipal d’allouer des subventions sur les fonds communaux à une entreprise privée pour la favoriser dans la concurrence qu’elle soutient contre les autres commerçants de la localité. Si, dans des circonstances exceptionnelles, l’intervention du conseil municipal peut être rendue nécessaire pour assurer l’alimentation publique, un conseil municipal sort de ses attributions légales en allouant une subvention à une société coopérative de boucherie, alors qu’aucune circonstance exceptionnelle de cette nature n’existe dans la commune. En conséquence, la délibération du conseil municipal doit être déclarée nulle de droit.

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Sur la décision

Référence :
CE, 6 mars 1914, n° 48885, Lebon
Juridiction : Conseil d'État
Numéro : 48885
Importance : Publié au recueil Lebon
Type de recours : Recours pour excès de pouvoir
Textes appliqués :
LOI 1884-04-05 ART. 63 par. 1
Dispositif : Annulation totale
Identifiant Légifrance : CETATEXT000007634212

Sur les parties

Texte intégral

(6 mars 1914 48.885. Syndicat de la boucherie de la ville de Châteauroux,
MM. Berger, rapp. ; Chardenet, c. du g.Me Clément, av.).

Vu LA requête présentée pour le syndicat de la boucherie de la ville de: Châteauroux…, tendant à ce qu’il plaise au Conseil annuler, pour excès de- pouvoir, la décision implicite de rejet, résultant du silence gardé pendant plus de quatre mois par le préfet du département de l’Indre, sur la demande formée par les requérants à l’effet de faire déclarer nulle de droit une délibération, en date du 9 oct. 1911, par laquelle le conseil municipal de Châteauroux a accordé une subvention communale à une société coopérative de boucherie, ensemble déclarer nulle de droit ladite délibération; Ce faire, attendu que, par la déli­bération attaquée, le conseil municipal de Châteauroux a décidé d’accorder un concours financier sur les fonds communaux à une société coopérative de bou­cherie alors en formation et a fixé provisoirement l’importance de sa subven­tion à une somme de 10.000 francs; que cette délibération, destinée à favoriser une société coopérative au détriment des bouchers de Châteauroux, constitue une atteinte au principe de la liberté du commerce, qui n’est justifiée par aucune circonstance exceptionnelle ;

Vu (les lois des 2-17 mars 1791, 24 mai 1872 et 5 avr. 1884) ;

Considérant qu’il ne rentre pas dans les attributions du conseil municipal d’allouer des subventions sur les fonds communaux à une entreprise privée, pour la favoriser dans la concurrence qu’elle soutient contre les autres commerçants de la localité ;

Cons. que, si dans des circonstances exceptionnelles, l’intervention du conseil municipal peut cependant être rendue nécessaire, pour assurer l’alimentation publique, il résulte de l’instruction qu’aucune circonstance de cette nature n’existait à Châteauroux; qu’ainsi, le con­seil municipal de cette ville est sorti de ses attributions légales en allouant, par la délibération précitée, une subvention à une société coopérative de boucherie; qu’il suit de là que c’est à tort que le préfet du département de l’Indre n’a pas déclaré cette délibération nulle de droit, par application de l’art. 63, § 1er de la loi du 5 avr. 1884 ;.., (Est annulée la décision implicite de rejet résultant du silence gardé pen­dant plus de quatre mois par le préfet du département de l’Indre, sur la demande qui lui avait été adressée par le syndicat de la boucherie de Châteauroux, à l’effet de faire déclarer nulle de droit la délibération sus-visée du conseil municipal de Châteauroux, en date du 9 oct. 1911, accordant une subvention à une société coopérative de boucherie; ladite délibération est déclarée nulle de droit).

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