Résumé de la juridiction
Le deuxième alinéa du 2 de l’article 3 de la directive 90/435/CEE du 23 juillet 1990 concernant le régime fiscal commun applicable aux sociétés mères et filiales d’Etats membres différents permet aux Etats membres de ne pas appliquer le régime des sociétés mères prévues par cette directive, notamment, à celles de leurs sociétés qui ne conservent pas, pendant une période ininterrompue d’au moins deux ans, une participation donnant droit à la qualité de société mère.,,Le régime des sociétés mères résultant des dispositions des articles 145 et 216 du code général des impôts (CGI), issu de textes législatifs antérieurs et qui n’a pas été modifié à la suite de l’intervention de cette directive, doit être regardé comme assurant la transposition de ses objectifs. Le législateur n’ayant pas entendu traiter différemment les situations concernant uniquement des sociétés françaises et celles qui, concernant des sociétés d’Etats membres différents, sont seules dans le champ de la directive, les dispositions en cause doivent en conséquence être interprétées à la lumière de ses objectifs, dès lors qu’une telle interprétation n’est pas contraire à leur lettre. La condition tenant à l’engagement de conserver les titres pendant deux ans prévue par le c du 1 de l’article 145, qui est demeurée inchangée depuis lors, ne peut donc être regardée, en raison de son objet, que comme s’appliquant, conformément au deuxième alinéa du 2 de l’article 3 de la directive du 23 juillet 1990, aux titres de participation donnant droit à la qualité de société mère.,,Dans ces conditions, les dispositions du c du 1 de l’article 145 du code général des impôts ne créent aucune différence de traitement entre les sociétés mères françaises, selon qu’elles perçoivent des distributions de filiales établies en France ou dans d’autres Etats membres de l’Union européenne. Ainsi, le moyen tiré de ce que ces dispositions porteraient atteinte aux principes d’égalité devant la loi et les charges publiques garantis par les articles 6 et 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui ne soulève pas une question nouvelle, ne présente pas non plus un caractère sérieux.
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Sur la décision
| Référence : | CE, 10e - 9e ss-sect. réunies, 15 déc. 2014, n° 380942, Lebon |
|---|---|
| Juridiction : | Conseil d'État |
| Numéro : | 380942 |
| Importance : | Publié au recueil Lebon |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Identifiant Légifrance : | CETATEXT000029902823 |
| Identifiant européen : | ECLI:FR:XX:2014:380942.20141215 |
Sur les parties
| Rapporteur : | M. Timothée Paris |
|---|---|
| Rapporteur public : | M. Edouard Crépey |
| Avocat(s) : | |
| Cabinet(s) : | |
| Parties : |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un mémoire, enregistré le 17 octobre 2014 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat et présenté en application de l’article 23-5 de l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, la SA Technicolor, anciennement SA Thomson, soulève une question prioritaire de constitutionnalité à l’appui de son pourvoi contre l’arrêt n° 13VE00873 du 18 mars 2014 par lequel la cour administrative d’appel de Versailles a annulé les articles 1er et 2 du jugement n° 0900661 du tribunal administratif de Versailles faisant droit à sa demande tendant à la majoration de son déficit reportable au titre de son exercice clos 2005.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
– la Constitution, notamment son Préambule et son article 61-1 ;
– l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 ;
– la directive 90/435/CEE du Conseil du 23 juillet 1990 ;
– le code général des impôts, notamment ses articles 145 et 216 ;
– le code de justice administrative.
Après avoir entendu en séance publique :
— le rapport de M. Timothée Paris, maître des requêtes,
— les conclusions de M. Edouard Crépey, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à la SCP Célice, Blancpain, Soltner, avocat de la société Technicolor ;
1. Considérant qu’aux termes du premier alinéa de l’article 23-5 de l’ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel : « Le moyen tiré de ce qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé (…) à l’occasion d’une instance devant le Conseil d’Etat (…) » ; qu’il résulte des dispositions de ce même article que le Conseil constitutionnel est saisi de la question prioritaire de constitutionnalité à la triple condition que la disposition contestée soit applicable au litige ou à la procédure, qu’elle n’ait pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel, sauf changement des circonstances, et qu’elle soit nouvelle ou présente un caractère sérieux ;
2. Considérant que le 1 de l’article 145 du code général des impôts, dans sa rédaction en vigueur en 2004, dispose que le régime fiscal des sociétés mères défini, notamment, à l’article 216 du même code, " est applicable aux sociétés et autres organismes soumis à l’impôt sur les sociétés au taux normal qui détiennent des participations satisfaisant aux conditions ci-après : (…) b. les titres de participation doivent représenter au moins 5 % du capital de la société émettrice ; (…) c. Les titres de participations doivent avoir été souscrits à l’émission. A défaut, la personne morale participante doit avoir pris l’engagement de les conserver pendant un délai de deux ans » ;
3. Considérant que le deuxième alinéa du 2 de l’article 3 de la directive 90/435/CEE du 23 juillet 1990 concernant le régime fiscal commun applicable aux sociétés mères et filiales d’Etats membres différents permet aux Etats membres de ne pas appliquer le régime des sociétés mères prévues par cette directive, notamment, à celles de leurs sociétés qui ne conservent pas, pendant une période ininterrompue d’au moins deux ans, une participation donnant droit à la qualité de société mère ; que le régime des sociétés mères résultant des dispositions des articles 145 et 216 du code général des impôts, issu de textes législatifs antérieurs et qui n’a pas été modifié à la suite de l’intervention de cette directive, doit être regardé comme assurant la transposition de ses objectifs ; que, le législateur n’ayant pas entendu traiter différemment les situations concernant uniquement des sociétés françaises et celles qui, concernant des sociétés d’Etats membres différents, sont seules dans le champ de la directive, les dispositions en cause doivent en conséquence être interprétées à la lumière de ses objectifs, dès lors qu’une telle interprétation n’est pas contraire à leur lettre ; que la condition tenant à l’engagement de conserver les titres pendant deux ans prévue par le c du 1 de l’article 145, qui est demeurée inchangée depuis lors, ne peut donc être regardée, en raison de son objet, que comme s’appliquant, conformément au deuxième alinéa du 2 de l’article 3 de la directive du 23 juillet 1990, aux titres de participation donnant droit à la qualité de société mère ;
4. Considérant que, dans ces conditions, les dispositions du c du 1 de l’article 145 du code général des impôts ne créent aucune différence de traitement entre les sociétés mères françaises, selon qu’elles perçoivent des distributions de filiales établies en France ou dans d’autres Etats membres de l’Union européenne ; qu’ainsi, le moyen tiré de ce que ces dispositions porteraient atteinte aux principes d’égalité devant la loi et les charges publiques garantis par les articles 6 et 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui ne soulève pas une question nouvelle, ne présente pas non plus, en tout état de cause, un caractère sérieux ;
5. Considérant qu’il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité invoquée, le moyen tiré de ce que les dispositions du c du 1 de l’article 145 du code général des impôts portent atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution doit être écarté ;
D E C I D E :
--------------
Article 1er : Il n’y a pas lieu de transmettre au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la SA Technicolor.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la SA Technicolor et au ministre des finances et des comptes publics.
Copie en sera adressée au Conseil constitutionnel et au Premier ministre.
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