Rejet 25 mars 2026
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Sur la décision
| Référence : | TA Amiens, 25 mars 2026, n° 2601037 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif d'Amiens |
| Numéro : | 2601037 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 4 juin 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal le 3 mars 2026, sous le n° 2601037, M. B… A…, représenté par Me Guyon demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) la suspension de l’exécution de la décision en date du 16 décembre 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a notifié la suspension de son permis de conduire pour une durée de huit mois ;
2°) d’enjoindre la restitution de son permis de conduire et subsidiairement le réexamen de la décision contestée dans les 72 heures suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A… soutient :
- qu’il est recevable dans son action laquelle a donné lieu à une requête au fond enregistrée le 13 mars 2026 dans le délai de recours contentieux contre une décision lui faisant grief qu’il a intérêt à contester ;
- que les conditions d’application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies dès lors qu’il a besoin de son permis de conduire pour l’exercice de son activité professionnelle de chauffeur VTC et les nécessités de la vie quotidienne dans le cas d’une personne ayant deux enfants à charge et de lourdes dépenses ;
- qu’il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée en ce qu’il n’est pas établi qu’elle ait été signée par une personne habilitée, qu’elle ne satisfait pas à l’exigence de motivation, est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 224-1 et 2 et suivants du code de la route, L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration en l’absence de situation d’urgence ainsi que celles de l’arrêté du 4 juin 2009.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n’a ni produit ni défendu.
Vu la décision attaquée.
Vu :
- la requête n° 2601041 enregistrée le 13 mars 2026 par laquelle M. A… demande l’annulation de la décision attaquée ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement convoquées à l’audience.
Après avoir présenté son rapport au cours de l’audience publique qui s’est tenue le
25 mars 2026 à 14 heures, en présence de M. Verjot, greffier, et entendu les observations de Me Porcher, se substituant à Me Guyon, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes et rappelle que le salaire de M. A… constitue le seul revenu de son foyer.
La clôture de l’instruction a été prononcée à 14 heures 30.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) » et aux termes de l’article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique (…). » Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (…) justifier de l’urgence de l’affaire ".
2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
3. Il résulte de l’instruction que M. A… a commis, le 14 décembre 2025 à 16h15 une infraction au code de la route pour dépassement de plus de 40 km/h de la vitesse autorisée. En l’occurrence, il circulait à une vitesse retenue de 121 km/h pour une vitesse autorisée de 50 km/h. Si M. A… soutient que la décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a suspendu la validité de son permis de conduire porte une atteinte grave et immédiate à ses conditions d’existence s’agissant d’une personne ayant besoin de son permis de conduire pour l’exercice de son activité professionnelle, cette circonstance n’est pas de nature à caractériser l’urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, eu égard à la gravité de l’infraction au code de la route commise par l’intéressé. Dans les circonstances de l’espèce et eu égard aux exigences de sécurité routière, la condition d’urgence, qui doit s’apprécier objectivement et globalement n’est pas remplie, les circonstances invoquées doivent céder devant les exigences de protection de la sécurité routière établies en faveur de l’intérêt général. Par suite, sans qu’il soit besoin de statuer sur la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de rejeter ses conclusions aux fins de suspension de la décision le concernant et, par voie de conséquence, celles aux fins d’injonction ainsi que celles tendant au bénéfice des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A… est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B… A… et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Amiens, le 25 mars 2026.
Le juge des référés, Le greffier,
Signé
Signé
G. Truy N. Verjot
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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