Comment 1748 Avocats a fait le pari d’un outil « tout-en-un » comme Doctrine pour couvrir ses problématiques juridiques
Droit des sociétés & droit fiscal · 1748 · Cabinet conseil & contentieux

« Doctrine, c’est la plateforme vers laquelle je me tourne en premier quand je bute ou quand j’interviens sur un sujet nouveau. »
Clément Perrot est l’un des trois associés fondateurs de 1748 Avocats, cabinet de droit des sociétés et de droit fiscal installé à Rouen. Lancé en 2024, 1748 s’est construit autour d’une philosophie simple : « travailler sérieusement sans se prendre au sérieux ».
Quand il a souscrit à Doctrine, le cabinet a opté d’emblée pour toute la gamme : Assistant, Flow Counsel, Flow Litigate, Le Fiscal by Doctrine, etc. Maître Perrot revient sur ce choix et offre une vision franche de ce que l’IA juridique change réellement dans un cabinet comme le sien.
Pouvez-vous nous présenter le cabinet 1748 ?
Nous sommes trois associés, basés en Normandie. Benoît est spécialisé en droit fiscal, c’est l’un des avocats fiscalistes les mieux positionnés dans la région, avec cette double vision droit des sociétés / droit fiscal assez rare. Justine fait également du droit fiscal avec un positionnement mixte (conseil / contentieux). Quant à moi, je m’occupe des questions relatives au droit des sociétés, avec un positionnement exclusivement conseil.
Nous venons d’un grand cabinet avec lequel on a fusionné en 2019. Nous en sommes partis progressivement en 2023 et 2024. L’idée : continuer ce qu’on sait faire, délivrer notre expertise mixte en droit des sociétés et en droit fiscal, tout en conservant notre appétence pour les dossiers complexes, les « moutons à cinq pattes », ceux que personne ne veut traiter parce que trop techniques ou hors norme. On n’est pas là pour faire du quantitatif.
Notre force, c’est la vision croisée. Quand on propose une solution en droit des sociétés, on a déjà anticipé les conséquences fiscales et comptables. On présente toujours les options avec leurs différentes implications, pour que le client puisse choisir en connaissance de cause. C’est une caractéristique rare : avoir sous le même toit un associé qui a la double casquette droit des sociétés / droit fiscal. Nos clients savent qu’on n’aura pas la naïveté de proposer une restructuration sans avoir prévu toutes les conséquences fiscales, juridiques et comptables.
Nous intervenons aussi beaucoup sur le secteur des professions libérales, notamment le secteur médical et vétérinaire. C’est un secteur très technique, à fort enjeu, c’est très stimulant intellectuellement.
Pourquoi avoir opté pour l’intégralité de la gamme Doctrine dès le départ (Assistant, les workflow, Le Fiscal by Doctrine…) ?
On est très frileux sur les IA généralistes. Dans notre métier, le secret professionnel, c’est notre valeur phare. On ne peut pas librement mettre des éléments factuels d’un dossier (des noms, des données d’entreprise, des éléments de stratégie…) sur un outil dont les serveurs sont basés à l’étranger et dont on ne contrôle pas l’usage des données. À l’heure actuelle, je ne connais pas d’IA généraliste qui nous permette de glisser librement des données client sans qu’on nous garantisse qu’elles ne seront pas utilisées.
« Si un prestataire est en mesure de me fournir tout ce que je demande avec qualité, sur une seule plateforme, l’idée n’est pas d’aller voir trois prestataires différents pour tirer les prix. Je préfère un seul outil qui centralise, même si le prix est un peu plus élevé. »
Cela nous a naturellement orientés vers un outil juridique spécialisé, avec une base de données connue et une gestion des données en canal fermé. Une fois cette décision prise, notre logique a été simple : si un prestataire est en mesure de me fournir tout ce que je demande avec qualité, sur une seule plateforme, l’idée n’est pas d’aller voir trois prestataires différents pour tirer les prix. Je préfère un seul outil qui centralise, même si le prix est un peu plus élevé.
On ne fonctionne pas en empilant. Si un outil peut en remplacer un autre, on l’ajoute et on retire l’ancien. C’est pour cela qu’on a opté pour Doctrine.
Comment se répartit l’usage des différents outils dans votre équipe ?
C’est assez naturel selon les spécialités. Assistant, tout le monde l’utilise, notamment pour dégrossir un sujet, chercher une jurisprudence, synthétiser rapidement, etc.
Flow Counsel, c’est moi qui l’utilise principalement pour la partie droit des sociétés. Le module dans Word est pratique. On peut « auditer » un contrat directement avec une analyse détaillée des risques forts, moyens et faibles. Cela nous permet d’être armé si un client ou un confrère nous pose une question. Évidemment, il faut garder un regard critique sur l’analyse faite par l’IA, et notre rôle de juriste reste entier là-dessus. Toutefois, comme béquille pour relire et challenger sa propre rédaction, ça a de la valeur !
Le Fiscal by Doctrine, c’est Justine et Benoît qui l’utilisent. La jurisprudence fiscale est leur territoire. Avoir au même endroit les arrêts, la doctrine, le BOFiP avec les points clés déjà mis en forme, c’est exactement ce dont ils ont besoin quand ils travaillent sur un dossier de contrôle fiscal ou de conseil en optimisation.
Vous pouvez nous donner un exemple concret d’un dossier sur lequel Doctrine vous a particulièrement aidé ?
J’ai le souvenir d’une cliente qui voulait obtenir un agrément ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale). C’est un sujet très technique, avec des conditions précises à cumuler, des renvois à plusieurs textes. J’avais déjà traité ce type de dossier pour une autre filiale de leur groupe, mais la cliente me redemandait un état des lieux complet.
« Sans Assistant, j’aurais mis 1h30 : ouvrir Excel, le mettre en forme correctement, chercher tous les textes… Assistant a fait le même travail en moins de 5 minutes. »
J’ai demandé à Assistant un tableau synthétique avec toutes les conditions à respecter, leurs bases légales, en précisant bien : « Contente-toi de ce que prévoit la loi, éventuellement la jurisprudence. Ne mets rien sur lequel tu n’es pas sûr ».
Sans Assistant, j’aurais mis 1h30 : ouvrir Excel, le mettre en forme correctement, chercher tous les textes, vérifier si les conditions sont alternatives ou cumulatives, vérifier s’il y avait eu une réforme récente, etc. Assistant a fait le même travail en moins de 5 minutes. Puis j’ai contrôlé le travail en 15 minutes, comparé avec le dossier précédent et répondu à la cliente.
C’est ça la vraie valeur au quotidien : les sujets sur lesquels on ne sèche pas fondamentalement, mais sur lesquels la synthèse prend du temps. Doctrine compresse ce temps. Doctrine, c’est la plateforme vers laquelle je me tourne en premier quand je bute ou quand j’interviens sur un sujet nouveau.
L’IA va-t-elle changer la façon de facturer ?
Nécessairement. Aujourd’hui, je construis mes forfaits en passant par mon taux horaire de référence, en estimant le temps de recherche et le temps rédactionnel, et en pondérant. Si l’IA rédige une première version d’un acte, le temps de rédaction diminue. Et là, deux options : soit on continue de facturer comme si de rien n’était, soit on répercute l’économie réalisée sur le client. On est clairement dans cette deuxième philosophie. Dans nos métiers, on vend du temps. En économiser pour en facturer un peu plus ou mieux, ça nous semble intelligent.
« Le jour où nous pourrons dire à nos clients “voilà la réponse” sans aucun doute, ce sera une révolution. On s’en approche, et je ne doute pas Doctrine va continuer à évoluer ! »
En revanche, pour que le modèle change en profondeur, il faut encore que la fiabilité augmente. Le jour où je pourrai engager mon entière responsabilité sur l’IA pour répondre au client, ça changera réellement ma façon de travailler. Attention, je ne cherche pas une IA pour supprimer mon travail : nous devrons toujours interpréter ce qu’elle produit. L’enjeu est la recherche d’un gain de productivité pour accroître la valeur ajoutée au bénéfice de nos clients. Mais le jour où nous pourrons dire à nos clients « voilà la réponse » sans aucun doute, ce sera une révolution. On s’en approche, et je ne doute pas Doctrine va continuer à évoluer !
Comment voyez-vous l’avenir de l’IA au sein de la profession d’avocat ?
On n’a pas peur du « grand remplacement ». Notre rôle d’interprétation de la loi, de conseil, de rédaction sur mesure, ça ne s’automatise pas si facilement, c’est notre valeur ajoutée en tant qu’avocats.
« Doctrine nous rend du temps pour ce qui compte vraiment : la réflexion, le conseil, la relation client. »
Ce qu’on attend de l’IA, c’est qu’elle prenne en charge les tâches chronophages à plus faible valeur ajoutée : la formalisation, la synthèse, le premier débroussaillage. Doctrine nous rend du temps pour ce qui compte vraiment : la réflexion, le conseil, la relation client. C’est comme cela qu’il faut voir l’IA, et pas autrement : comme un outil qui permet de concentrer son énergie sur ce qui crée de la vraie valeur.
« Je suis persuadé qu’on n’utilise pas encore toutes les capacités de Doctrine. Car l’IA, c’est comme Google : la plupart des gens en utilisent 5 % du potentiel. »
Je suis persuadé qu’on n’utilise pas encore toutes les capacités de Doctrine. Car l’IA, c’est comme Google : la plupart des gens en utilisent 5 % du potentiel. Au sein du cabinet, nous allons mettre des formations pour nous améliorer, notamment pour mieux prompter et faire de ces nouveaux outils des alliés du quotidien. C’est une nouvelle compétence à acquérir.
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