Le hack de cette avocate en droit des étrangers pour anticiper les refus de visa des consulats grâce à Flow Litigate

Droit des étrangers & entrepreneuriat international · Cabinet individuel · Avocate au Barreau de Paris

Sarah Haidar
Sarah Haidar, avocate au Barreau de Paris et docteure en droit public.
« Je crée moi-même un adversaire fictif dans Flow Litigate pour anticiper les refus de visa »

Sarah Haidar est avocate au Barreau de Paris et docteure en droit public. Sa pratique couvre le droit des étrangers dans son ensemble : accompagnement d’entrepreneurs venus principalement du Moyen-Orient dans leur installation en France (création de société, visa Passeport Talent ou visa entrepreneur individuel), mais aussi relances, recours gracieux et administratifs, ou régularisations de séjour devant les préfectures.

Installée à son compte depuis septembre 2025, elle enseigne également le droit en parallèle de sa pratique, et travaille aujourd’hui à intégrer l’intelligence artificielle dans la formation des futurs juristes, entre la France et le Moyen-Orient.

Dans cet entretien, elle revient sur sa manière singulière d’utiliser Flow Litigate, l’IA de Doctrine pour le contentieux, en l’absence de véritable partie adverse. Maître Haidar évoque aussi son rapport aux IA généralistes et à la protection des données personnelles, ainsi que la place de l’humain face à l’IA.

Pouvez-vous nous parler de votre quotidien d’avocat et de votre expertise ?

Je suis avocate au Barreau de Paris, et j’ai également un doctorat en droit public. J’enseigne en parallèle de ma fonction d’avocate. Je suis spécialisée dans le droit des étrangers, en particulier pour les entrepreneurs qui viennent du Moyen-Orient s’installer en France : je les aide dans la création de leur entreprise et dans l’obtention de leur visa entrepreneur.

Il y a deux grands types de visas sur lesquels je travaille : le Passeport Talent et le visa entrepreneur individuel. Je travaille aussi sur les visas visiteurs, pour les entrepreneurs qui préfèrent d’abord s’installer durablement en France avant de se tourner vers l’entrepreneuriat : une phase transitoire, en somme.

Au-delà de cet accompagnement, je fais beaucoup de droit administratif au sens large : des relances auprès des préfectures, des recours gracieux et administratifs, des régularisations de séjour. Mon travail se fait surtout avec les consulats, puisque la demande de visa passe par eux, mais aussi avec le ministère de l’Économie, qui délivre les avis à joindre au dossier.

Avec les consulats, c’est parfois compliqué : certains refusent des visas entrepreneurs sans qu’on en connaisse toujours la raison. C’est dans ce contexte que j’ai commencé à utiliser Doctrine, et surtout Flow Litigate.

Flow Litigate est un outil pensé pour le contentieux. Or, vous en faites une utilisation particulière. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Beaucoup d’entrepreneurs me consultent lorsque leur visa a été refusé. Je télécharge le dossier complet, en récupérant les décisions de refus de l’administration. Puis je les intègre dans Flow Litigate pour créer, en quelque sorte, une « partie adverse fictive » : le consulat.

Ensuite je demande à l’outil de générer les faits, d’appliquer la jurisprudence ou les textes concernés, et de rédiger une lettre de relance ou un recours. Flow Litigate me permet ainsi de générer des arguments et des contre-arguments, et même d’anticiper ce que le consulat pourrait invoquer pour refuser un visa, directement là où je travaille : Word.

« Flow Litigate m’aide à anticiper ce que le consulat pourrait invoquer pour refuser un visa. »

Flow Litigate me facilite aussi énormément la tâche pour nommer et organiser mes dossiers. Souvent, mes clients me transmettent leurs pièces sans qu’elles ne soient classées. On parle d’un volume qui peut être très important ! Pour une régularisation de séjour, on peut atteindre 600 documents.

« Flow Litigate me facilite la tâche dans l’organisation des pièces. Pour une régularisation de séjour, on peut atteindre 600 documents. »

Avez-vous un exemple de dossier pour lequel Flow Litigate vous a aidé à anticiper un refus ?

Je me souviens d’une affaire pour laquelle un entrepreneur avait vu sa demande de visa refusée. J’avais téléchargé tous ses documents, et placé en partie adverse la décision de refus du consulat. Flow Litigate m’a montré que son business plan était fragile, sans compter qu’il y avait aussi un souci d’URSSAF et d’impôts. Le consulat lui reprochait de ne pas être à jour sur ces sujets.

Business France avait détecté, de son côté, exactement le même point faible que celui identifié par Doctrine, à savoir un business plan qui ne tenait pas la route. Ce qui m’a vraiment rendue confiante.

Quel est le principal bénéfice que vous retirez de Flow Litigate ?

Le gain de temps est le plus net. Un recours gracieux qui me prenait 6h me prend maintenant 2 à 3h grâce à Doctrine. Et lorsque je travaille en binôme avec un confrère, nous descendons à 1h ! In fine, le client est servi beaucoup plus rapidement grâce à l’IA, sans perdre en qualité.

« Un recours gracieux qui me prenait 6h me prend maintenant 2 à 3h grâce à Doctrine. »

En droit administratif, agir vite compte énormément face aux préfectures. C’est ce qui m’a permis de développer une clientèle sur tout ce qui est relance.

Vous évoquez aussi la question des données personnelles, un sujet sensible en droit des étrangers…

En complément de Doctrine, j’utilise aussi des IA spécialisées en droit des étrangers. Elles sont utiles mais ont une lacune : elles ne respectent pas le droit des données personnelles, ce qui m’oblige à nommer mes dossiers avec des noms fictifs. Alors qu’avec Doctrine, j’ai confiance : je sais qu’aucune donnée personnelle ne sera réutilisée.

Et les IA généralistes, qu’en pensez-vous ?

Elles sont efficaces sur certaines tâches de productivité, mais ont de grosses lacunes côté textes. L’an dernier, il y a eu une multiplication de décrets et de circulaires sur le droit des étrangers, notamment sur le statut entrepreneur, un document autrefois facultatif pour certaines professions et devenu obligatoire pour toutes.

J’ai interrogé plusieurs IA généralistes : bien souvent, elles n’étaient pas à jour sur ces textes. En plus, elles ont tendance à inventer des jurisprudences qui n’ont rien à voir avec le sujet, là où Doctrine est totalement à jour. Cette confiance m’a amenée à recommander Doctrine à des confrères : deux d’entre eux s’y sont abonnés pour cette raison.

« Doctrine est à jour des derniers textes en vigueur, ce qui n’est pas le cas des IA généralistes. »

Ce que je fais, en revanche, c’est utiliser une IA généraliste en complément pour certaines tâches, comme la rédaction de brochures : j’y intègre alors les informations que j’obtiens sur Doctrine.

Qu’est-ce qui, dans votre relation avec vos clients, restera toujours du ressort de l’avocat plutôt que de l’IA ?

Je pourrais automatiser mes emails ou mes réponses, mais mes clients aiment cette touche personnalisée. Beaucoup viennent du Moyen-Orient et veulent garder un interlocuteur qui parle leur langue : je rédige moi-même mes emails en arabe, avec mes propres mots, et ils y sont particulièrement sensibles.

« Mes clients aiment savoir que leur avocate utilise les meilleurs outils d’IA du marché, qu’elle est à jour, ça les rassure. »

Vous travaillez aussi sur l’enseignement du droit et de l’IA. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’enseigne actuellement à Paris-Saclay et j’ai des projets d’enseignement au Liban et en Arabie saoudite sur les applications d’IA appliquées au droit : un sujet qui intéresse beaucoup les universités du Moyen-Orient. Je travaille aussi sur un guide sur les applications d’IA juridique, qui couvre à la fois le Golfe et l’Europe.

Pour mes étudiants, l’idée est surtout de leur montrer concrètement comment fonctionne l’IA. Je leur montre Doctrine et leur apprends à s’en servir, puisqu’ils y seront confrontés dès leurs stages. Je forme déjà ma propre stagiaire sur Doctrine, et même les stagiaires des confrères avec qui je partage mes locaux.

« L’IA permet de gagner du temps, mais on aura toujours besoin de l’humain pour avoir des idées innovantes. »

Certains prétendent que la nouvelle génération sera remplacée par l’IA. Je ne crois pas que cela va se passer. L’IA permet de gagner du temps, mais on aura toujours besoin de l’humain pour avoir des idées innovantes. Par exemple, c’est ma propre stagiaire qui m’a soufflé l’idée de devenir le premier point de contact pour des clients qui ont besoin d’un visa dans un autre pays européen, avant de les mettre en réseau avec des confrères sur place : jamais une IA ne m’aurait donné cette idée-là.

Un dernier mot ?

Les publicistes ont souvent une réticence envers l’IA, parce qu’ils pensent que cette dernière ne sert qu’à la rédaction de contrats. Or, l’IA juridique aide énormément sur les relances, les dossiers de préfecture, les recours gracieux, le droit administratif en général. Je les encourage donc à utiliser Doctrine.

J’aimerais beaucoup voir Doctrine se développer au Moyen-Orient. Je pense qu’il y a un vrai marché à exploiter là-bas.

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