De la naissance de Doctrine à aujourd’hui : Maître Boussuard-Le Cren, cliente depuis 10 ans, témoigne sur l’évolution de l’outil et de la profession
Droit des baux commerciaux · Cabinet Sylvaine Boussuard-Le Cren · Avocate

« On était un peu dans une caverne éclairée à la bougie. Depuis Doctrine, on a de gros projecteurs dans cette caverne qui nous permettent de voir où on va. »
Avocate au barreau de Paris depuis une trentaine d’années, Sylvaine Boussuard-Le Cren a d’abord exercé au sein du cabinet Bignon Lebray, avant de créer sa propre structure spécialisée en baux commerciaux.
Seule, sans collaborateur ni stagiaire, Maître Boussuard-Le Cren avait besoin d’un outil pour l’assister. Elle a souscrit à Doctrine dès l’origine de la plateforme, puis fut bêta-testeuse de Flow Litigate, l’IA développée par Doctrine pour accompagner les professionnels du droit à toutes les étapes d’un dossier contentieux.
10 ans plus tard, Maître Boussuard-Le Cren est toujours cliente. Elle revient sur l’évolution de l’outil, sur ce que Doctrine a changé dans son travail au quotidien, et sur la façon dont elle use de l’IA avec méthode, sans naïveté.
Vous avez souscrit à Doctrine très tôt. Pourquoi ce choix ?
Quand j’ai créé mon cabinet en niche (les baux commerciaux, exclusivement), je n’avais personne pour faire mes recherches : ni collaborateur, ni stagiaire. Je devais tout faire moi-même. Sans accès à de nombreuses revues spécialisées, trouver de la jurisprudence était un exercice particulièrement compliqué.
À l’époque, le site de la Cour de cassation existait à peine, et il n’y avait rien pour les cours d’appel. Soit vous étiez abonné à cinq ou six revues différentes, que vous n’aviez pas le temps de lire, soit vous cherchiez à l’ancienne : l’index des matières de la Gazette du Palais, les revues empruntées en bibliothèque, etc. Ce n’était pas une mince affaire.
« Un moteur de recherche efficace, un accès aux arrêts sans s’encombrer de volumes d’abonnements papier. Doctrine m’a apporté des gains de temps et d’efficacité que je n’aurais pas eus autrement. »
Doctrine a changé ça. Un moteur de recherche efficace, un accès aux arrêts sans s’encombrer de volumes d’abonnements papier. Doctrine m’a apporté des gains de temps et d’efficacité que je n’aurais pas eus autrement.
Et qu’est-ce qui vous a fait rester si longtemps, précisément dix ans ?
D’abord, il y a la base jurisprudentielle abondante. Ce qui m’a marquée assez tôt, c’est l’évolution du moteur de recherche. Il est devenu de plus en plus efficace, et avec lui, une fonctionnalité particulièrement précieuse : lorsque vous êtes dans une décision et que vous surlignez une phrase, Doctrine vous trouve toutes les décisions qui contiennent exactement cette même formulation.
Ça a l’air simple, mais c’est extrêmement puissant. Les magistrats réemploient systématiquement les mêmes formulations dans les dossiers similaires. Donc lorsque vous avez identifié la formule pertinente dans une décision, vous retrouvez toute la jurisprudence qui l’utilise, dans toutes les juridictions. À part Doctrine, je ne vois pas d’autre outil capable de faire ça.
Ensuite, le fait que Doctrine soit une entreprise innovante. Vous développez sans cesse de nouvelles fonctionnalités d’IA, à l’image de Flow Litigate, la première IA juridique dédiée aux dossiers contentieux. Vous recrutez, vous grandissez et essayez d’offrir toujours plus sans vous contenter de ce qui fonctionne déjà. Cela donne confiance.
Aujourd’hui, dix ans après, quelle est la fonctionnalité que vous utilisez le plus et pourquoi ?
Flow Litigate, et de loin ! Concrètement, je glisse dans Flow Litigate l’assignation adverse, mes conclusions que j’ai déjà rédigées, ainsi que les nouvelles conclusions du confrère. Puis, je demande à Doctrine de me proposer un projet de réponse en tenant compte de ce que j’ai mis dans le dossier.
« Flow Litigate permet de détecter ce qui m’a échappé : un argument caché dans un coin, dans une petite phrase des conclusions adverses. C’est précieux. »
Alors certes, il y a toujours un contexte que les pièces ne capturent pas : ce que le client m’a dit, ce qu’il ne veut pas mettre en avant, l’angle sous lequel on a décidé d’attaquer le dossier… Tout ça ne se trouve pas dans les écrits. Toutefois, Flow Litigate permet de détecter ce qui m’a échappé : un argument caché dans un coin, dans une petite phrase des conclusions adverses. C’est précieux.
J’ai aussi appris à lui donner des contraintes via des prompts : respecter le plan initial, faire une table des matières. Globalement, les résultats sont tout à fait corrects. Pas encore parfaits à 100 %, mais c’est très utile au quotidien !
Vous parvenez à estimer le gain de temps que vous offre Doctrine, depuis toutes ces années ?
Je n’ai pas cherché à quantifier précisément. Mais là où je mettais 6 heures, j’en mets peut-être 3 aujourd’hui. Ce qui me semble plus important encore, c’est ce que je fais du temps gagné.
« Le temps que je gagne grâce à Doctrine, je vais le consacrer à autre chose que je n’aurais peut-être pas fait. Chercher plus, réfléchir plus. »
Si je ne passe que 2h30 sur des conclusions au lieu de 5h, je ne me dis pas « bon, c’est réglé ». Je me dis : est-ce que je peux approfondir ? Est-ce qu’il y a une piste que je n’ai pas creusée ? Le temps que je gagne grâce à Doctrine, je vais le consacrer à autre chose que je n’aurais peut-être pas fait. Chercher plus, réfléchir plus.
Quelles sont les forces d’une IA juridique telle que Doctrine par rapport à une IA généraliste ?
Honnêtement, certaines IA généralistes font du très bon travail. Lorsque votre demande est bien balisée avec un prompt cadré et que vous exigez des sources, les résultats sont parfois honorables.
« Pour la jurisprudence, les IA généralistes me répondent elles-mêmes qu’elles n’ont pas accès aux décisions, qui sont chez Doctrine. »
En revanche, ce qui leur manque, c’est l’accès aux bases payantes. Elles peuvent analyser les textes publics, le CGI (Code général des impôts), le BOFiP (Bulletin officiel des finances publiques). Mais pour la jurisprudence, les IA généralistes me répondent elles-mêmes qu’elles n’ont pas accès aux décisions, qui sont chez Doctrine.
« Je ne me vois pas utiliser une autre plateforme que Flow Litigate sur mes dossiers contentieux. »
C’est là que se trouve la valeur de Doctrine, ainsi que sur le contentieux. Je ne me vois pas utiliser une autre plateforme que Flow Litigate sur mes dossiers contentieux, pour des questions de sécurité et d’hébergement des données.
Avez-vous une anecdote à partager, un dossier où Doctrine vous a vraiment sauvé la mise ?
Oui, j’en ai un. Je ne peux pas trop en parler parce que le dossier n’est pas terminé. Mais en tâtonnant avec différents mots-clés et différentes formulations de questions, j’ai trouvé sur Doctrine un arrêt qui n’avait pas été commenté dans les revues, qui était passé sous les radars et qui s’appliquait exactement à ma situation.
J’ai donc pu dire à mon client : « Ce que je vous avais dit depuis tout ce temps, que vous pouviez faire comme cela : la Cour de cassation vient de le valider. »
Quel impact l’IA a-t-elle eu sur la profession d’avocat ces dernières années ?
L’impact n’est pas le même selon les générations.
Les avocats de ma génération savent qu’ils doivent se mettre à l’IA, mais prennent certainement plus de temps que les plus jeunes à prendre les outils en main. Ils auraient tort de s’en priver, car ils ont un avantage énorme : l’expérience qui leur permet de prendre de la hauteur sur les réponses fournies par l’IA.
Quant aux avocats qui viennent d’arriver sur le marché, ils sont très à l’aise avec les IA, mais n’ont logiquement pas de recul. C’est pourquoi les plus anciens doivent former les nouvelles générations pour faire de cette technologie une force.
« La question n’est pas : dois-je utiliser l’IA, mais : comment l’utiliser avec méthode. »
Ce qui est sûr, c’est que vous ne pouvez pas vous passer de l’IA aujourd’hui. C’est un gain de temps et un gain qualitatif. La question n’est pas : dois-je utiliser l’IA, mais : comment l’utiliser avec méthode. Nous les avocats, on était un peu dans une caverne éclairée à la bougie. Depuis Doctrine, on a de gros projecteurs dans cette caverne qui nous permettent de voir où on va.
Et dans dix ans, qu’imaginez-vous ?
On n’imagine même pas. Quand on a construit les premières automobiles, on n’imaginait pas qu’elles seraient électriques un jour. Lorsque j’ai commencé mon activité, je n’avais pas d’ordinateur au cabinet, mais des machines à écrire dont la mémoire se limitait à la dernière ligne tapée.
« J’ai confiance en Doctrine pour continuer à évoluer dans le bon sens ces dix prochaines années, et au-delà. »
Je pense qu’avec l’IA, on va faire des choses auxquelles on ne pense même pas aujourd’hui. Certainement des choses merveilleuses, d’autres peut-être aussi dangereuses. Dans tout progrès, c’est toujours une affaire d’équilibre. J’ai confiance en Doctrine pour continuer à évoluer dans le bon sens ces dix prochaines années, et au-delà.
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