« Le temps gagné, je le réinvestis dans ma réflexion » : Emmanuelle Leguin, avocate indépendante, raconte la rédaction de contrats dans Flow Counsel

Droit de la distribution, de la concurrence et de la consommation · Cabinet Emmanuelle Leguin · Avocate au Barreau de la Martinique

Emmanuelle Leguin
Emmanuelle Leguin, avocate indépendante, au Barreau de la Martinique.
« Je ne suis pas certaine que tous les stagiaires ou jeunes avocats que j’ai eus aient compris aussi vite l’intention que je donne. »

Avec Flow Counsel (notre workflow dédié à l’analyse et à la rédaction de contrats), vous analysez déjà vos contrats pour en repérer les risques. Il intègre désormais un outil d’aide à la rédaction : il rédige un premier jet de vos contrats, depuis une page blanche ou à partir de vos modèles, et vous validez le préambule et le plan avant la rédaction.

Avocate depuis 1996, au Barreau de Rennes puis à la Martinique depuis 2007, Emmanuelle Leguin exerce seule après plusieurs années passées dans de grands cabinets. Elle conseille exclusivement des entreprises : droit de la négociation commerciale, droit de la concurrence, contrats de distribution, d’agence commerciale, de prestation. Elle refuse de partir d’un modèle, considérant qu’un contrat prérédigé paraît conforme, mais s’avère rarement adapté à la situation et à la pratique du client. Partir de zéro a pourtant un coût : qualifier le contrat, rédiger chaque clause, retrouver ses anciennes formulations. Elle raconte comment Flow Counsel lui fait gagner du temps sur la rédaction : non pour traiter plus de dossiers, mais pour approfondir sa stratégie et affûter sa réflexion sur chacun.

Faut-il partir d'un modèle pour rédiger un contrat ?

Avec ou sans outil, mon process reste le même : d’abord comprendre le besoin du client et les options juridiques. Avant de rédiger, il y a une part d’analyse juridique et d’explication au client des conséquences de cette analyse, pour s’assurer ensemble qu’on a bien compris son besoin. C’est comme un cahier des charges.

Si un client demande un contrat de distribution et qu’on lui sort un modèle tout fait qui porte ce titre, on lui donne quelque chose de théoriquement acceptable, mais pas forcément adapté à sa pratique. Je me refuse donc de démarrer à partir d’un modèle préétabli : je pars d’une grille de questionnement. Avec cette grille, je qualifie le type de contrat, et seulement ensuite on passe à la rédaction. Il faut des années pour ne pas oublier de se poser des questions importantes. Repartir d’un modèle déjà fait, c’est parfois oublier de se les poser.

J’utilise aussi Flow Counsel comme outil d’analyse : il me donne un œil neutre sur un contrat que je connais. Ça ne remplace pas ma grille de risques, ça s’ajoute à ma grille de risques.

« Je ne rédige pas mes contrats avec une IA généraliste : je n’ai pas envie de lui donner des éléments confidentiels. »

Comment briefez-vous l'outil pour obtenir un premier jet ?

Avec Flow Counsel, une fois ma grille d’analyse faite, j’indique le type de contrat que je souhaite rédiger et les documents sur lesquels il doit s’appuyer (ex : un précédent contrat). Puis j’ajoute des instructions plus précises, la réglementation, la durée. Pour les clauses stratégiques, je lui donne une intention particulière. Je briefe l’outil comme je le ferais avec un collaborateur.

Avant de me proposer le contrat rédigé, Flow Counsel me propose un plan. C’est une étape très importante pour moi, je peux le modifier, l’ajuster. On ne met pas forcément les mêmes clauses au même endroit dans un contrat français ou dans un contrat international.

Une fois le plan rédigé, place à la rédaction. Je crée mon propre modèle de contrat. Ensuite j’affine, j’ajoute moi-même les clauses que je trouve utiles, en matière de protection des données ou de confidentialité par exemple.

« Je déteste être contrainte dans un modèle préétabli. Là, je crée mon cheminement pour rédiger un contrat. »

Un dossier où l'outil vous a surprise ?

Sur des contrats de distribution, la réponse de l’outil m’a surprise par sa pertinence. Je lui avais donné beaucoup d’informations : le contexte du client, le produit commercialisé, le type de réseau de distribution. Sans lui avoir transmis le modèle qu’utilisait déjà mon client, je me suis retrouvée avec une trame très proche. Pas dans les tournures de phrase, mais dans le plan, qui était extrêmement logique : dans un contrat, les clauses doivent s’imbriquer en conséquence les unes des autres.

Ça m’a confirmé la cohérence du plan et du mode de rédaction que nous avions déjà. Bien sûr, sur un contrat complexe, il ne sera pas rédigé en une ou deux fois avec cet outil : heureusement pour moi, la partie stratégique reste « chez moi ».

« J’ai été assez bluffée par la capacité de réponse de l’outil. »

Gagner du temps en rédaction, est-ce traiter plus de dossiers ?

Je gagne du temps en rédaction, mais je ne traite pas plus de dossiers pour autant. Ce temps, je le passe à réfléchir : à la réglementation, aux subtilités du sujet, à la stratégie. Mon attention intellectuelle sur le dossier est meilleure quand je suis en relecture.

Sur les clauses simples, ma plus-value n’est pas dans la formulation juridique. Au lieu de tourner en rond pendant des heures pour savoir si une formulation est meilleure qu’une autre, c’est comme si je faisais un travail de correction. Je retrouve aussi beaucoup plus vite ce que j’ai déjà rédigé dans d’autres dossiers, notamment grâce au clausier, que j’utilise uniquement avec des documents que j’estime fiables.

« Ce n’est pas un temps en moins sur le dossier, c’est un temps de réflexion plus aigu. »

Déléguer la rédaction, n'est-ce pas renoncer au cœur du métier ?

Je travaille beaucoup avec des juristes et des directions juridiques qui savent très bien écrire : ce n’est pas l’écriture qui fait la différence. Ce qui compte, c’est la stratégie, c’est-à-dire savoir pourquoi on oriente un contrat dans tel sens, en anticipant les risques au moment de son exécution. La rédaction reste une étape indispensable, mais ce n’est pas là qu’est ma plus-value principale. Mon objectif, c’est un contrat bien compris de mon client, de l’autre partie et, demain, du juge si jamais un contentieux survient.

Et puis, je ne pensais pas que ce serait aussi intéressant. Ça m’amuse beaucoup, ça me fait réfléchir différemment. C’est la partie de Doctrine que je trouve la plus intéressante pour moi.

« Je ne suis pas écrivain, je suis avocat. Je dois faire des contrats qui sont efficaces. »
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