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Sur la décision
| Référence : | TA Orléans, 27 déc. 2024, n° 2404668 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif d'Orléans |
| Numéro : | 2404668 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Satisfaction totale |
| Date de dernière mise à jour : | 30 mai 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2024, le directeur général du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) d’Orléans-Tours demande au juge des référés d’enjoindre à Mme C A de libérer de corps, de biens et de tous occupants de son chef le logement n° E 219 situé à la résidence Grandmont à Tours, qu’elle occupe sans titre depuis le 1er septembre 2024, au besoin avec le concours de la force publique, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Le directeur général du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) d’Orléans-Tours soutient que :
— l’activité de contribution au logement des étudiants dont est investi le Crous a été qualifié de service public et que le litige opposant le Crous à l’occupant devenu sans droit ni titre en raison de son maintien dans le logement à l’expiration de son contrat de location relève donc de la compétence du juge administratif en raison des clauses exorbitantes du droit commun du contrat de location ;
— Mme A ne dispose plus d’un titre l’autorisant à occuper son logement, depuis une décision du 30 mai 2024 l’enjoignant de quitter son logement ;
— la mesure d’expulsion sollicitée revêt un caractère d’utilité au sens de l’article L. 521-3 du code de justice administrative dès lors que le refus de Mme A de déférer à la mise en demeure de quitter le logement empêche en effet le Crous d’exercer la mission de service public de logement des étudiants qui lui a été confiée par le décret n° 87-155 du 5 mars 1987, le logement occupé sans titre ne pouvant donc être attribué à un autre étudiant ce qui porte atteinte à la continuité du service public ;
— la condition d’urgence est remplie dès lors depuis la décision d’expulsion du Crous, Mme A est occupante sans titre du logement en cause et refuse obstinément de libérer les lieux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2024, Mme A soutient bénéficier actuellement d’un plan d’apurement de ses dettes, que son dossier à la caisse d’allocations familiales prend beaucoup de temps.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code de l’éducation ;
— le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en qualité de juges des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
— le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga ;
— les observations de M. B, représentant directeur général du Crous d’Orléans-Tours, bénéficiaire d’un mandat, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et précise qu’il regrette que l’intéressée, à la réception de la décision qui comporte les voies et délais de recours, le requérant n’ait ni fait un recours gracieux auprès du directeur général du Crous ;
— et Mme A qui indique avoir eu un garant défaillant. Elle ajoute être allé voir l’assistante sociale qui l’a aidée et qu’elle a un travail depuis peu. Elle termine indiquant avoir réglé ses dettes vis-à-vis du Crous mais qu’elle a encore des dettes vis-à-vis de Visale.
Après avoir prononcé la clôture d’instruction à l’issue de l’audience publique à 14h58.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».
2. Les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires sont des établissements publics à caractère administratif chargés de remplir une mission de service public en vertu des articles L. 822-1, R. 822-1 et R. 822-14 du code de l’éducation, en accordant notamment, par décision unilatérale, des logements aux étudiants. Même dans le cas où la résidence universitaire ne peut pas être regardée comme une dépendance du domaine public, toute demande d’expulsion du Crous vise à assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public administratif dont il a la charge et ressortit en conséquence à la compétence de la juridiction administrative.
3. Il incombe au juge administratif, saisi d’un litige relatif à l’expulsion d’un occupant d’un logement situé dans une résidence gérée par un Crous, de prendre en compte, d’une part, la nécessité d’assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public dont cet établissement public a la charge et, d’autre part, la situation de l’occupant en cause ainsi que les exigences qui s’attachent au respect de sa dignité et de sa vie privée et familiale. Il en va notamment ainsi lorsque, saisi d’une demande d’expulsion en application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés apprécie, pour décider s’il y a lieu d’y faire droit, si les conditions d’utilité et d’urgence posées par cet article sont remplies.
4. Par une décision expresse du 3 juin 2024, le directeur général du Crous d’Orléans-Tours n’a pas renouvelé le droit d’occupation de Mme A dans le logement de la résidence Grandmont en lui indiquant expressément le motif et la possibilité de former un recours à l’encontre de cette décision. Puis, par un courrier du 17 septembre 2024, le directeur général du Crous a mis Mme A en demeure de quitter les lieux avant le 2 octobre 2024.
5. Il ne résulte pas de l’instruction que Mme A a contesté la décision refusant de l’admettre en résidence universitaire. Malgré la mise en demeure de quitter les lieux qu’il a reçu, Mme A occupe toujours ce logement sans justifier d’un titre l’y habilitant. Dans ces conditions la demande du Crous ne se heurte à aucune contestation sérieuse. Par ailleurs, l’urgence et l’utilité de la mesure demandée sont caractérisées par la nécessité d’assurer le bon fonctionnement du service public dont est chargé le Crous d’Orléans-Tours, qui se trouve empêché de disposer du logement occupé par l’intéressée pour satisfaire les demandes d’autres étudiants. Les éléments indiqués dans les visas tant en ce qui concerne le mémoire en défense que les propos tenus à l’audience sont sans incidence sur l’appréciation portée sur sa situation.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre à Mme A de libérer le logement qu’il occupe dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et, à défaut, d’autoriser le directeur général du Crous d’Orléans-Tours à procéder à son expulsion au besoin avec le concours de la force publique.
7. Toutefois, avant tout départ volontaire et forcé, il appartiendra au directeur général du Crous de vérifier, en lien avec Mme A, si la dette vis-à-vis du Crous est soldée dès lors que l’état exécutoire des sommes dues présenté en défense, daté du 12 novembre 2024, montre une dette de 235 euros restante. Si tel est le cas, l’expulsion ne pourra avoir lieu.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à Mme A de libérer le logement qu’il occupe sans droit ni titre, au sein de la résidence universitaire Grandmont de Tours, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. À défaut pour lui de déférer à cette injonction, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires d’Orléans-Tours pourra faire procéder à son expulsion des lieux au besoin avec le concours de la force publique, sous la réserve mentionnée au point 7.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) d’Orléans-Tours et à Mme C A.
Fait à Orléans le 27 décembre 2024.
Le juge des référés,
Gaëtan Girard-Ratrenaharimanga
La République mande et ordonne à la ministre d’État, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, au préfet d’Indre-et-Loire et au directeur général du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) d’Orléans-Tours chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
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Textes cités dans la décision
- Décret n°87-155 du 5 mars 1987
- Code de justice administrative
- Code de l'éducation
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