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Sur la décision
| Référence : | TJ Angers, controle hsc ic, 18 nov. 2025, n° 25/01054 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01054 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 29 décembre 2025 |
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Texte intégral
COUR D’APPEL D’ANGERS
TRIBUNAL JUDICIAIRE
D’ [Localité 1]
Dossier : N° RG 25/01054 -
N° Portalis DBY2-W-B7J-IEUN
Minute : 25/001054
ORDONNANCE EN PROCEDURE
D’HOSPITALISATION SOUS CONTRAINTE
DEMANDEUR :
Monsieur LE DIRECTEUR DU CESAME
Non comparant, ayant fait ses observations par écrit
DÉFENDEUR :
Monsieur [T] [C]
Non comparant, représenté par Maître Mohamed TOUTAOU, avocat au barreau d’ANGERS
UDAF DE MAINE ET LOIRE en sa qualité de curateur, Non comparant
Nous, Jean-Yves EGAL, Premier Vice-Président au Tribunal Judiciaire d’ANGERS, assisté de Murielle LECHAT-MARIN, faisant fonction de greffier,
Vu l’article L3212-1 du code de la santé publique,
Vu la décision d’admission en soins psychiatriques contraints prise par le directeur de l’hôpital de [Localité 3] le 07 novembre 2025, concernant :
M. [T] [C]
né le 31 Janvier 1996 à [Localité 2]
Vu la saisine en date du 13 novembre 2025 du directeur de l’hôpital et les pièces jointes à la saisine, tendant à la poursuite de l’hospitalisation sans consentement de M. [T] [C],
Vu l’avis de monsieur le Procureur de la République en date du 14 novembre 2025 porté à la connaissance des parties à l’audience,
Vu les débats tenus en audience publique le 18 novembre 2025.
M. [C] [T] n’a pas souhaité comparaître.
L’Udaf de Maine et Loire, curatrice, a été avisée de l’audience.
Maitre TOUTAOU [J] demande la levée de l’hospitalisation après s’être entretenu par téléphone avec le patient qui met en cause ses conditions de vie avec sa mère pour expliquer ses comprotements.
MOTIFS DE L’ORDONNANCE:
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
— ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
— son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2 de l’article L. 3211-2-1 ;
Le directeur de l’établissement prononce la décision d’admission :
1° Soit lorsqu’il a été saisi d’une demande présentée par un membre de la famille du malade ou par une personne justifiant de l’existence de relations avec le malade antérieures à la demande de soins et lui donnant qualité pour agir dans l’intérêt de celui-ci, à l’exclusion des personnels soignants exerçant dans l’établissement prenant en charge la personne malade. Lorsqu’il remplit les conditions prévues au présent alinéa, le tuteur ou le curateur d’un majeur protégé peut faire une demande de soins pour celui-ci.
2° Soit lorsqu’il s’avère impossible d’obtenir une demande dans les conditions prévues au 1° du présent II et qu’il existe, à la date d’admission, un péril imminent pour la santé de la personne, dûment constaté par un certificat médical établi dans les conditions prévues au troisième alinéa du même 1° ( certificat dressé par un médecin n’exerçant pas dans l’établissement de soins) .
Dans ce cas, le directeur de l’établissement d’accueil informe, dans un délai de vingt-quatre heures sauf difficultés particulières, la famille de la personne qui fait l’objet de soins et, le cas échéant, la personne chargée de la protection juridique de l’intéressé ou, à défaut, toute personne justifiant de l’existence de relations avec la personne malade antérieures à l’admission en soins et lui donnant qualité pour agir dans l’intérêt de celle-ci.
Lorsque l’admission a été prononcée en application du présent 2°, les certificats médicaux mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l’article L. 3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts ( certificats des 24 h et des 72 h).
Selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge , préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission puis de six mois à compter de la dernière décision du juge. Cette saisine est accompagnée d’un avis motivé du psychiatre.
M. [C] [T] bénéficie d’une mesure de curatelle renforcée renouvelée par jugement du 23 mai 2024 pour une durée de 60 MOIS dont l’exercice est confié à L’UDAF de MAINE ET LOIRE.
M. [C] [T] né le 31 janvier 1996, a été admis le 7 novembre à 09h30 en soins psychiatriques sous la forme de l’hospitalisation complète sur décision du directeur du CESAME en date du 7 novembre pour péril imminent, au vu des conclusions d’un seul certificat médical en date du 7 novembre à 09h30, émanant du docteur [G], qui n’appartient pas au CESAME, lequel indiquait que M. [C] [T] présentait des troubles du comportement se caractérisant notamment par une méfiance, une sthénicité ayant nécessité la mise en place d’une contention mécanique et chimique, des propos délirants à thématique persécutive et mécanisme hallucinatoire avec adhésion totale, que ces éléments constituaient des symptômes alarmants relevant de soins hospitaliers spécialisés mais que l’état psychique du patient, anosognosique, l’empêchait de comprendre l’intérêts de ces soins.
Le contenu détaillé de ce certificat médical caractérise bien la nécessité de soins urgents en hospitalisation complète en milieu spécialisé de par la nature et la gravité des troubles constatés entrainant un péril imminent pour la santé de M. [C] [T], et sous contrainte puisqu’il n’était pas possible d’obtenir son consentement.
La vaine recherche d’un tiers est justifiée au dossier ( mère non mobilisable en raison du contexte familial ).
L’information légale prévue par l’article L 3211-, 3 portant sur les modalités de cette hospitalisation ainsi que sur les droits des patients a été délivrée à M. [C] [T] le 9 novembre.
Conformément aux dispositions de l’article L 3212-1, Mme [P] mandataire de l’Udaf de Maine et Loire et Mme [C] [V], ont été informées de l’hospitalisation de M. [C] [T] et de son cadre juridique, par courrier expédié le 10 novembre.
Le seul fait que cet avis ait été adressé au delà du délai de 24 h n’emporte pas la démonstration concrète d’un grief pour M. [C] [T], le patient ayant été informé par le docteur [G], de la décision et de son cadre juridique.
Le juge a été saisi le13 novembre 2025, soit avant l’expiration du délai de 8 jours à compter de l’admission intervenue le 7 novembre à 09h30, conformément aux dispositions de l’article L 3211-12-1 du Code de la Santé Publique.
Les conditions légales ont donc été respectées.
Le certificat médical des 24 heures a été rédigé par le docteur [M] le 8 novembre à 09h15 et le certificat médical des 72 heures a été rédigé par le docteur [N] le 10 novembre à 09h00 ; ils comportent les éléments de motivation requis pour justifier en fait et en droit la poursuite de l’hospitalisation complète sous contrainte.
La décision de maintien de l’hospitalisation complète a été prise le 10 novembre par le Directeur de l’hôpital et portée le 10 novembre à la connaissance de M. [C] [T].
L’ avis motivé en date du 13 novembre, dressé par le docteur [D] conclut à la nécessité d’une poursuite des soins en hospitalisation complète sans consentement en relevant notamment que M. [C] [T] présentait lors de son examen une banalisation des troubles du comportement à son domicile, un discours projectif, une absence de perception du caractère problématique et préoccupant de la répétition des hospitalisations pour des motifs similaires dont il impute la responsabilité à sa mère, qu’il existait manifestement une différence de discours et de comportements du patient entre le domicile de sa mère et l’unité d’hospitalisation, qu’il était nécessaire de poursuivre l’hospitalisation et l’évaluation de la situation pour adapter le traitement afin de limiter le risque d’impulsivité et d’agressivité.
Il résulte de l’ensemble de ces éléments que d’une part, la procédure a été menée régulièrement et que d’autre part M. [C] [T] présente toujours des troubles rendant impossible son consentement et imposant des soins sous surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
Par conséquent, la mesure d’hospitalisation sous contrainte qui apparaît adaptée, nécessaire et proportionnée, doit être poursuivie.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement par ordonnance contradictoire et en premier ressort,
Autorisons la poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [T] [C],
Rappelons qu’appel peut être interjeté de cette décision dans un délai de dix jours de sa notification, par déclaration transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel.
Ainsi rendu le 18 novembre 2025.
Le greffier, Le juge du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives ou restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement,
Mentions de notification :
Copie de la présente ordonnance transmise à M. [T] [C] par l’intermédiaire du directeur de l’hôpital
Copie de la présente ordonnance transmise à M. le directeur de l’hôpital,
Copie de la présente ordonnance transmise à Me Mohamed TOUTAOU
Copie de la présente ordonnance transmise par mail au curateur
le 18/11/2025
le greffier
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