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Sur la décision
| Référence : | TJ Angers, controle hsc ic, 7 nov. 2025, n° 25/01009 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01009 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 19 novembre 2025 |
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Texte intégral
COUR D’APPEL D’ANGERS
TRIBUNAL JUDICIAIRE
D’ [Localité 1]
Dossier : N° RG 25/01009 -
N° Portalis DBY2-W-B7J-IEJA
Minute : 25/01009
ORDONNANCE EN PROCEDURE
D’HOSPITALISATION SOUS CONTRAINTE
DEMANDEUR :
Monsieur LE DIRECTEUR DU CESAME
Non comparant, ayant fait ses observations par écrit
DÉFENDEUR :
Monsieur [P] [Z]
Comparant, assisté de Maître Flore GRAINDORGE, avocat au barreau d’ANGERS assistée de [O] [J] stagiaire avocat
Nous, Jean-Yves EGAL, Premier Vice-Président au Tribunal Judiciaire d’ANGERS, assisté de Murielle LECHAT-MARIN, faisant fonction de greffier,
Vu l’article L3212-1 du code de la santé publique,
Vu la décision d’admission en soins psychiatriques contraints prise par le directeur de l’hôpital de [Localité 3] le 28 octobre 2025, concernant :
M. [P] [Z]
né le 17 Juillet 1994 à [Localité 2]
Vu la saisine en date du 03 novembre 2025 du directeur de l’hôpital et les pièces jointes à la saisine, tendant à la poursuite de l’hospitalisation sans consentement de M. [P] [Z],
Vu l’avis de monsieur le Procureur de la République en date du 05 novembre 2025 porté à la connaissance des parties à l’audience,
Vu les débats tenus en audience publique le 7 novembre 2025.
M. [Z] [P] a comparu et indiqué qu’il contestait la consommation de stupéfiant et le fait d’avoir des idées délirantes. Il accepte l’hospitalisation car il ne peut pas retourner chez lui mais refuse l’isolement qui lui est imposé par l’hospitalisation sans consentement.
Maitre Flore GRAINDORGE a indiqué ne pas avoir d’observation sur la régularité de la procédure.
Elle a indiqué que M.[Z] demandait la main levée de la mesure de contrainte mais était demandeur de l’hospitalisation.
MOTIFS DE L’ORDONNANCE:
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
— ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
— son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2 de l’article L. 3211-2-1 ;
Le directeur de l’établissement prononce la décision d’admission :
1° Soit lorsqu’il a été saisi d’une demande présentée par un membre de la famille du malade ou par une personne justifiant de l’existence de relations avec le malade antérieures à la demande de soins et lui donnant qualité pour agir dans l’intérêt de celui-ci, à l’exclusion des personnels soignants exerçant dans l’établissement prenant en charge la personne malade. Lorsqu’il remplit les conditions prévues au présent alinéa, le tuteur ou le curateur d’un majeur protégé peut faire une demande de soins pour celui-ci.
2° Soit lorsqu’il s’avère impossible d’obtenir une demande dans les conditions prévues au 1° du présent II et qu’il existe, à la date d’admission, un péril imminent pour la santé de la personne, dûment constaté par un certificat médical établi dans les conditions prévues au troisième alinéa du même 1° ( certificat dressé par un médecin n’exerçant pas dans l’établissement de soins) .
Dans ce cas, le directeur de l’établissement d’accueil informe, dans un délai de vingt-quatre heures sauf difficultés particulières, la famille de la personne qui fait l’objet de soins et, le cas échéant, la personne chargée de la protection juridique de l’intéressé ou, à défaut, toute personne justifiant de l’existence de relations avec la personne malade antérieures à l’admission en soins et lui donnant qualité pour agir dans l’intérêt de celle-ci.
Lorsque l’admission a été prononcée en application du présent 2°, les certificats médicaux mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l’article L. 3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts ( certificats des 24 h et des 72 h).
Selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge , préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission puis de six mois à compter de la dernière décision du juge. Cette saisine est accompagnée d’un avis motivé du psychiatre.
M. [Z] [P] né le 17 juillet 1994, a été admis le 28 octobre à 13h00 en soins psychiatriques sous la forme de l’hospitalisation complète sans consentement sur décision du directeur du CESAME en date du 28 octobre pour péril imminent, au vu des conclusions d’un seul certificat médical en date du 28 octobre à 13h00, émanant du docteur [D] [N], qui n’appartient pas au CESAME, lequel indiquait que M. [Z] [P] présentait des troubles du comportement se caractérisant notamment par une tension psychique, une consommation de toxiques, une agitation, une décompensation psychotique avec absence d’observance de son traitement.
Le contenu détaillé de ce certificat médical caractérise bien la nécessité de soins urgents en hospitalisation complète en milieu spécialisé de par la nature et la gravité des troubles constatés entrainant un péril imminent pour la santé de M. [Z] [P], et sous contrainte puisqu’il n’était pas possible d’obtenir son consentement.
La vaine recherche d’un tiers est justifiée au dossier (absence de mesure de protection, de désignation de personne de confiance ou de personne à prévenir).
L’information légale prévue par l’article L 3211-, 3 portant sur les modalités de cette hospitalisation ainsi que sur les droits des patients a été délivrée à M. [Z] [P] le 29 octobre.
La famille du patient n’a pas pu être informée de l’hospitalisation de M. [Z] [P] et de son cadre juridique, conformément aux dispositions de l’article L 3212-1 car M. [Z] [P] a refusé de transmettre les coordonnées d’une personne à prévenir, ce qui constitue la “ difficulté particulière” prévue par ce texte.
Le juge a été saisi le 3 novembre 2025, soit avant l’expiration du délai de 8 jours à compter de l’admission intervenue le 28 octobre à 13h00, conformément aux dispositions de l’article L 3211-12-1 du Code de la Santé Publique.
Les conditions légales ont donc été respectées.
Le certificat médical des 24 heures a été rédigé par le docteur [U] le 29 octobre à 11h23 et le certificat médical des 72 heures a été rédigé par le docteur [E] le 31 octobre 2025 à 10h22 ; ils comportent les éléments de motivation requis pour justifier en fait et en droit la poursuite de l’hospitalisation complète sous contrainte.
La décision de maintien de l’hospitalisation complète a été prise le 31 octobre par le Directeur de l’hôpital et portée le 31 octobre à la connaissance de M. [Z] [P].
L’ avis motivé en date du 3 NOVEMBRE 2025, dressé par le docteur [E] conclut à la nécessité d’une poursuite des soins en hospitalisation complète sans consentement en relevant notamment que M. [Z] [P] présentait lors de son examen une négation des troubles du comportement et de toute consommation de toxiques, qu’il présentait encore des idées délirantes de persécution et des troubles du comportement notamment la nuit mais qu’il niait, qu’il verbalisait le souhait de rentrer chez lui malgré les troubles.
Il résulte de l’ensemble de ces éléments que d’une part, la procédure a été menée régulièrement et que d’autre part M. [Z] [P] présente toujours des troubles rendant impossible son consentement et imposant des soins sous surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
Par conséquent, la mesure d’hospitalisation sous contrainte qui apparaît adaptée, nécessaire et proportionnée, doit être poursuivie.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement par ordonnance contradictoire et en premier ressort,
Autorisons la poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [P] [Z],
Rappelons qu’appel peut être interjeté de cette décision dans un délai de dix jours de sa notification, par déclaration transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel.
Ainsi rendu le 07 novembre 2025.
Le greffier, Le juge du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives ou restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement,
Mentions de notification :
Copie de la présente ordonnance transmise à M. [P] [Z] par l’intermédiaire du directeur de l’hôpital
Copie de la présente ordonnance transmise à M. le directeur de l’hôpital,
Copie de la présente ordonnance transmise à Me Flore GRAINDORGE
le 07/11/2025
le greffier
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