Cassation 5 janvier 1995
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Sur la décision
| Référence : | Cass. soc., 5 janv. 1995, n° 93-42.624 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour de cassation |
| Numéro(s) de pourvoi : | 93-42.624 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Cour d'appel d'Aix-en-Provence, 9 mars 1993 |
| Dispositif : | Cassation |
| Date de dernière mise à jour : | 4 novembre 2021 |
| Identifiant Légifrance : | JURITEXT000007244043 |
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Texte intégral
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l’arrêt suivant :
Sur le pourvoi formé par M. Roger X…, demeurant …, Marseille (10e) (Bouches-du-Rhône), en cassation d’un arrêt rendu le 9 mars 1993 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence (18e chambre sociale et civile), au profit de la société anonyme Tuyaux Bonna, sise … (11e) (Bouches-du-Rhône), défenderesse à la cassation ;
LA COUR, composée selon l’article L. 131-6, alinéa 2, du Code de l’organisation judiciaire, en l’audience publique du 15 novembre 1994, où étaient présents : M. Lecante, conseiller le plus ancien faisant fonctions de président, M. Boubli, conseiller rapporteur, MM. Carmet, Brissier, conseillers, Mmes Bignon, Girard-Thuilier, Brouard, conseillers référendaires, M. de Caigny, avocat général, Mme Ferré, greffier de chambre ;
Sur le rapport de M. le conseiller Boubli, les observations de la SCP Delaporte et Briard, avocat de la société Tuyaux Bonna, les conclusions de M. de Caigny, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Sur le moyen unique :
Vu l’article L. 122-14-2 du Code du travail ;
Attendu que, selon ce texte, l’employeur est tenu d’énoncer le ou les motifs du licencement dans la lettre de licenciement mentionnée à l’article L. 122-14-1 et que, lorsque le licenciement est prononcé pour motif économique, la lettre doit énoncer les motifs économiques ou de changement technologique invoqués par l’employeur ; qu’à défaut, le licenciement est sans cause réelle et sérieuse ;
Attendu que M. X…, engagé en 1976, en qualité de maçon, par la société Tuyaux Bonna, a été inclus dans un licenciement collectif pour motif économique qui lui a été notifié le 14 février 1990 ;
Attendu que, pour débouter le salarié, qui avait reçu notification de son licenciement par une lettre se bornant à viser un « motif économique », de sa demande de dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, l’arrêt attaqué a retenu que les causes du licenciement étaient parfaitement connues puisque portées, à de nombeuses reprises, à la connaissance du comité d’entreprise ; qu’il s’agissait d’un licenciement collectif ayant donné lieu préalablement à quatre réunions du comité central d’entreprise et à trois réunions du comité du personnel, en sorte que le salarié avait eu connaissance des problèmes d’ordre structurel qui se posaient dans la société ; que l’esprit de la loi avait été respecté et qu’il ne pouvait être reproché à l’employeur de ne pas avoir davantage explicité le licenciement dont le motif était parfaitement connu ;
Qu’en statuant ainsi, alors que la simple référence à un licenciement collectif pour motif économique ne constitue pas l’énoncé du motif économique exigé par la loi, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 9 mars 1993, entre les parties, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Montpellier ;
Condamne la société Tuyaux Bonna, envers M. X…, aux dépens et aux frais d’exécution du présent arrêt ;
Ordonne qu’à la diligence de M. le procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit sur les registres de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, en marge ou à la suite de l’arrêt annulé ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre sociale, et prononcé par M. le président en son audience publique du cinq janvier mil neuf cent quatre-vingt-quinze.
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