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Sur la décision
| Référence : | TJ Clermont-Ferrand, ch. 6 réf. pdt, 8 juil. 2025, n° 25/00350 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00350 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 23 juillet 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | - La S.A.S. CAMIF HABITAT - SAS CH, SARL JOUCLARD & VOUTE |
Texte intégral
CG / MC
Ordonnance N°
du 08 JUILLET 2025
Chambre 6
N° RG 25/00350 – N° Portalis DBZ5-W-B7J-KA4C
du rôle général
[N] [U]
[O] [I] épouse [U]
c/
S.A.S. CAMIF HABITAT – SAS CH
la SARL JOUCLARD & VOUTE
Me Chr
[F] [A]
GROSSES le
— la SARL JOUCLARD & VOUTE
— Me Christine ROGER
Copies électroniques :
— la SARL JOUCLARD & VOUTE
— Me Christine ROGER
Copies :
— Expert
— Régie
— Dossier
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 9]
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
rendue le HUIT JUILLET DEUX MIL VINGT CINQ,
par Madame Catherine GROSJEAN, Présidente du Tribunal judiciaire de CLERMONT-FERRAND
assistée de Madame Maurane CASOLARI, Greffière
dans le litige opposant :
DEMANDEURS
— Monsieur [N] [U]
[Adresse 2]
[Localité 7]
représenté par Me Christine ROGER, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND
— Madame [O] [I] épouse [U]
[Adresse 2]
[Localité 7]
représentée par Me Christine ROGER, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND
ET :
DÉFENDERESSE
— La S.A.S. CAMIF HABITAT – SAS CH, prise en la personne de son représentant légal
[Adresse 5]
[Localité 8]
ayant pour conseils Maître Geoffrey DONAT, avocat au barreau de PARIS, avocat plaidant, et la SARL JOUCLARD & VOUTE, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND, avocat postulant
Après débats à l’audience publique du 17 Juin 2025, l’affaire a été mise en délibéré à ce jour, la décision étant rendue par mise à disposition au greffe.
EXPOSÉ DU LITIGE
Suivant contrat en date du 08 août 2022, monsieur [N] [U] et madame [O] [I] épouse [U] ont confié à la S.A.S. CAMIF HABITAT la rénovation de la cuisine et du balcon de leur appartement situé [Adresse 3] pour la somme de 27.268,38 euros TTC.
Monsieur et madame [U] ont déploré le retard des travaux et l’existence de désordres.
Ils ont mandaté maître [W] [P], commissaire de justice, aux fins de constater les désordres lequel a dressé un procès-verbal de constat en date du 17 avril 2024.
Monsieur et madame [U] ont émis des réserves lors de la réception des travaux intervenue le 24 avril 2024.
En dépit des démarches entreprises, aucune solution amiable n’a pu être trouvée entre les parties.
Par acte en date du 17 avril 2025, monsieur [N] [U] et madame [O] [I] épouse [U] ont assigné la S.A.S. CAMIF HABITAT en référé-expertise.
Appelée à l’audience des référés du 27 mai 2025, l’affaire a été renvoyée à celle du 17 juin 2025 au cours de laquelle les débats se sont tenus, les parties sont intervenues au soutien de leurs prétentions.
Les demandeurs ont repris le contenu de leur assignation.
Par des conclusions en défense, la S.A.S. CAMIF HABITAT a proposé des compléments de la mission confiée à l’expert judiciaire.
Pour le surplus, il est renvoyé à l’assignation et aux conclusions régulièrement déposées.
MOTIFS DE LA DÉCISION
1/ Sur la demande d’expertise
L’article 145 du Code de procédure civile dispose que “S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé”.
A l’appui de leur demande, les époux [U] versent notamment aux débats :
— un contrat en date du 08 août 2022,
— un procès-verbal de constat dressé par maitre [P] le 17 avril 2024,
— un procès-verbal de réception des travaux en date du 24 avril 2024,
— un courriel de la S.A.S. CAMIF HABITAT en date du 18 septembre 2024.
Monsieur et madame [U] ont confié à la S.A.S. CAMIF HABITAT les travaux de rénovation de leur cuisine et balcon.
Il résulte du procès-verbal de constat et du courriel précités que des désordres et malfaçons affectent ces travaux. Dans son procès-verbal de constat, maître [P] relève « un important défaut de planéité du carrelage » (p. 4) qui est en pente. Il constate également des défauts de peinture (p. 9 à 11) et une découpe grossière du plan de travail.
En conséquence, l’examen des faits et des pièces produites amène à considérer que monsieur et madame [U] justifient d’un motif légitime pour voir ordonner une expertise judiciaire, à leurs frais avancés, selon les modalités précisées au dispositif de la présente décision.
2/ Sur la demande de complément de mission de l’expert judiciaire
La S.A.S. CAMIF HABITAT sollicite de compléter la mission des chefs suivants :
« – Dire si les travaux réalisés sont affectés de désordres et, dans l’affirmative, en déterminer l’imputabilité exacte et fournir tous éléments techniques et de faits, utiles à l’appréciation ultérieure des responsabilités encourues ;
— Dans chaque cas, indiquer :
° S’il s’agit d’un désordre de conception, surveillance ou réalisation,
° l’identité du sous-traitant à qui imputer le ou les manquement(s),
— Donner un avis sur la responsabilité encourue par chaque locateur d’ouvrage ;
— Faire le compte entre le maître d’ouvrage et la société CAMIF HABITAT. »
Il résulte de la synthèse produite par la S.A.S. CAMIF HABITAT que les travaux de rénovation litigieux ont été sous-traités à diverses entreprises.
Compte-tenu de cet élément, il convient de faire droit aux compléments de mission proposés par la S.A.S. CAMIF HABITAT.
Ainsi, les compléments de mission proposés seront repris selon les modalités décrites dans le dispositif de la présente décision.
3/ Sur les frais
Les dépens de l’instance seront supportés par monsieur [N] [U] et madame [O] [I] épouse [U], demandeurs.
PAR CES MOTIFS
Le juge des référés statuant après débats en audience publique, en premier ressort, par ordonnance contradictoire, prononcée par mise à disposition au greffe,
ORDONNE une mesure d’expertise et commet pour y procéder :
Madame [G] [E]
— expert près la Cour d’appel de [Localité 10] -
Demeurant [Adresse 1]
[Localité 6]
OU, A DÉFAUT,
Monsieur [H] [Z]
— expert près la Cour d’appel de [Localité 10] -
Demeurant [Adresse 4]
[Localité 6]
Avec mission, en se conformant aux règles du Code de procédure civile, de :
1°) Se rendre sur les lieux situés [Adresse 3], en présence des parties et de leurs conseils juridiques ou techniques ou ceux-ci ayant été dûment convoqués, pour y faire toutes constatations utiles sur l’existence des désordres allégués dans l’assignation, et se munir des outils, échelles, ou tous autres équipements permettant de réaliser les investigations nécessaires dès la première réunion sur site ;
2°) Recueillir et consigner les explications des parties, prendre connaissance des documents de la cause, se faire remettre par les parties ou par des tiers tous autres documents utiles, entendre tous sachants et effectuer d’initiative toutes diligences ou vérifications lui paraissant nécessaires à la solution du litige ;
3°) Etablir un historique succinct des éléments du litige en dressant l’inventaire des pièces contractuelles utiles à l’instruction du litige, notamment les polices d’assurances souscrites, et en recherchant les dates de déclaration d’ouverture du chantier, d’achèvement des travaux et de réception de l’ouvrage ;
4°) Indiquer avec précision, pour les travaux litigieux visés dans l’assignation, qui était chargé de les concevoir, de les réaliser, d’exercer le contrôle de leur exécution ou leur coordination ;
5°) S’il y a lieu, inviter les parties dès le début des opérations d’expertise à appeler en la cause les entreprises dont la responsabilité serait susceptible d’être engagée ;
7°) Vérifier l’existence des désordres, malfaçons, non-façons ou non conformités allégués, notamment tels que listés dans le procès-verbal de constat dressé par maître [W] [P] le 17 avril 2024, et les décrire ;
8°) Le cas échéant, fournir toutes indications utiles permettant de fixer judiciairement la date d’ouverture de chantier et la date de réception de l’ouvrage ;
9°) Pour chacun des désordres, préciser :
— leur date d’apparition, et s’ils étaient apparents ou non à la date de la réception de l’ouvrage ou de la prise de possession ;
— si les désordres allégués étaient visibles et décelables par un non-professionnel de la construction ;
— s’ils correspondent à des désordres de conception, surveillance ou de réalisation ;
— s’ils ont fait l’objet de réserves et/ou de reprises, et dans l’affirmative à quelle date, en indiquant si les travaux de reprise sont satisfaisants ;
— plus précisément en matière de construction, s’ils sont apparus dans l’année qui a suivi la réception des travaux et s’ils ont été dénoncés dans l’année de parfait achèvement ;
— leurs conséquences quant à la solidité, et/ou l’habitabilité, et/ou l’esthétique du bâtiment, et, plus généralement quant à l’usage qui peut en être attendu ou quant à la conformité à sa destination ;
— si les travaux réalisés présentent un risque de dangerosité pour les personnes et/ou un risque d’effondrement ;
10°) Rechercher les causes et les origines des désordres, malfaçons ou non façons, sans omettre de préciser si les travaux litigieux ont été conduits conformément aux documents contractuels, aux règles de l’art habituelles et communément admises en la matière par les professionnels de la branche concernée ou à la réglementation technique spécifique en matière de DTU et si ces désordres proviennent d’erreurs de conception, de vices de construction, de vices des matériaux ou de malfaçons dans leur mise en œuvre ou s’ils présentent toutes les caractéristiques de vices cachés ;
11°) Décrire les travaux nécessaires pour remédier aux désordres, malfaçons ou non façons constatés, en évaluer le coût, la durée et les contraintes pouvant en résulter pour les occupants, au besoin en s’appuyant sur des devis fournis par les parties et en expliquant précisément les solutions possibles ;
12°) Préconiser en cas d’urgence et de péril imminent pour la sécurité des personnes ou la pérennité des biens toutes mesures et travaux conservatoires lui paraissant utiles, en diffusant dès lors une note sans attendre la formalisation du pré-rapport ou du rapport d’expertise ;
13°) Prescrire si besoin un relogement durant lesdits travaux dans des conditions similaires ;
14°) Donner tous éléments techniques et de fait permettant au tribunal :
— de déterminer les responsabilités éventuellement encourues, en proposant en cas de concours de responsabilité entre plusieurs intervenants à la construction des pourcentages de responsabilité ;
— d’apprécier les préjudices de toutes natures éventuellement subis, notamment les préjudices financier et moral, ainsi que les troubles de jouissance, et en proposer une évaluation chiffrée ;
15°) S’expliquer techniquement dans le cadre des chefs de mission ci-dessus énoncés sur les dires et observations des parties qu’il aura recueillis après le dépôt de son pré-rapport et, le cas échéant, compléter ses investigations ;
16°) Proposer, sur la base de ses conclusions et le cas échéant, un compte entre les parties ;
17°) Plus généralement, donner tous éléments pouvant apparaître utiles à la solution du litige.
DIT que l’expert pourra s’adjoindre tout spécialiste de son choix dans une spécialité autre que la sienne, à charge pour lui d’en informer préalablement les parties, le magistrat chargé du contrôle des expertises et de joindre l’avis du sapiteur à son rapport,
DIT que si le sapiteur n’a pas pu réaliser ses opérations de manière contradictoire, son avis devra être immédiatement communiqué aux parties par l’expert,
DIT que l’expert fera connaître sans délai son acceptation, qu’en cas de refus ou d’empêchement légitime, il sera pourvu aussitôt à son remplacement,
DIT que l’expert commis pourra sur simple présentation de la présente ordonnance requérir la communication, soit par les parties, soit par des tiers de tous documents relatifs à cette affaire,
DIT que l’expert commis, saisi par le greffe, devra accomplir sa mission en présence des parties ou elles dûment convoquées, les entendre en leurs dires et explications, en leur impartissant un délai de rigueur pour déposer leurs dires écrits et fournir leurs pièces justificatives,
DIT que monsieur [N] [U] et madame [O] [I] épouse [U] feront globalement l’avance des frais d’expertise et devront consigner au greffe une provision de 3.500,00 euros TTC (TROIS MILLE CINQ CENTS EUROS) avant le 10 septembre 2025,
RAPPELLE qu’à défaut de consignation dans le délai et selon les modalités imparties, la désignation de l’expert sera caduque à moins que le juge, à la demande d’une des parties se prévalant d’un motif légitime, ne décide une prorogation du délai ou un relevé de la caducité,
DIT que l’expert devra commencer ses opérations d’expertise dès qu’il sera averti que les parties ont consigné la provision mise à leur charge,
DIT que lors de la première réunion d’expertise laquelle devra se dérouler dans un délai de deux mois à compter de l’avis donné par le greffe de la consignation de la provision, l’expert devra, en concertation avec les parties, dresser un programme de ses investigations, et proposer d’une manière aussi précise que possible le montant prévisible de ses honoraires, de ses frais et débours, ainsi que la date de dépôt du rapport avant d’adresser ces informations au juge chargé du contrôle de l’expertise, à l’appui d’une demande d’ordonnance complémentaire fixant le montant de la provision complémentaire ainsi que le délai prévu pour le dépôt du rapport,
DIT que l’expert commis devra communiquer aux parties et à leur conseil respectif un pré-rapport contenant l’ensemble de ses appréciations littérales et chiffrées, ainsi que l’ensemble de ses conclusions, au moins un mois avant la date de dépôt du rapport d’expertise, en invitant les parties à présenter leurs observations,
DIT qu’après avoir répondu de façon appropriée aux éventuelles observations formulées par les parties, l’expert commis devra déposer au greffe un rapport définitif de ses opérations avant le 1er juin 2026, date de rigueur, sauf prorogation des opérations dûment autorisée par le juge sur demande de l’expert,
DÉSIGNE le magistrat chargé du contrôle des expertises pour suivre les opérations d’expertise et statuer sur tous incidents,
LAISSE les dépens à la charge de monsieur [N] [U] et madame [O] [I] épouse [U],
RAPPELLE que la présente décision est exécutoire à titre provisoire.
La Greffière, La Présidente,
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