Confirmation 14 novembre 2025
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Sur la décision
| Référence : | CA Colmar, ch. 6 étrangers, 14 nov. 2025, n° 25/04268 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Colmar |
| Numéro(s) : | 25/04268 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Cour d'appel de Colmar, 20 octobre 2025 |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 25 novembre 2025 |
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Texte intégral
COUR D’APPEL DE COLMAR
SERVICE DES RETENTIONS ADMINISTRATIVES
N° RG 25/04268 – N° Portalis DBVW-V-B7J-IU6O
N° de minute : 496/25
ORDONNANCE
Nous, Stéphanie ISSENLOR, conseillère à la Cour d’Appel de Colmar, agissant par délégation de la première présidente, assistée de Manon GAMB, greffier ;
Dans l’affaire concernant :
M. [Z] [V] [R]
né le 05 Février 1998 à [Localité 4] (GABON)
de nationalité malienne
Actuellement retenu au centre de rétention de [Localité 3]
VU les articles L.141-2 et L.141-3, L.251-1 à L.261-1, L.611-1 à L.614-19, L.711-2, L.721-3 à L.722-8, L.732-8 à L.733-16, L.741-1 à L.744-17, L.751-9 à L.754-1, L761
-8, R.741-1, R.744-16, R.761-5 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile (CESEDA) ;
VU l’arrêté pris le 08 octobre 2025 par LE PREFET DE L'[Localité 1] faisant obligation à M. [Z] [V] [R] de quitter le territoire français ;
VU la décision de placement en rétention administrative prise le 13 octobre 2025 par LE PREFET DE L'[Localité 1] à l’encontre de M. [Z] [V] [R], notifiée à l’intéressé le même jour à 09h33;
VU l’ordonnance rendue le 17 octobre 2025 par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Strasbourg, statuant en qualité de magistrat du siège, prolongeant la rétention administrative de M. [Z] [V] [R] pour une durée de vingt-six jours à compter du 16 octobre 2025, décision confirmée par le premier président de la cour d’appel de Colmar le 20 octobre 2025 ;
VU la requête de LE PREFET DE L’AUBE datée du 11 novembre 2025, reçue le même jour à 13h46 au greffe du tribunal, tendant à la prolongation de la rétention administrative pour une durée de 30 jours de M. [Z] [V] [R] ;
VU l’ordonnance rendue le 13 Novembre 2025 à 11h33 par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Strasbourg, statuant en qualité de magistrat du siège, déclarant la requête de LE PREFET DE L’AUBE recevable, et la procédure régulière, et ordonnant la prolongation de la rétention de M. [Z] [V] [R] au centre de rétention de Geispolsheim, ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l’administration pénitentiaire, pour une durée de 30 jours à compter du 16 octobre 2025 ;
VU l’appel de cette ordonnance interjeté par M. [Z] [V] [R] par voie électronique reçue au greffe de la Cour le 13 Novembre 2025 à 16h41 ;
VU les avis d’audience délivrés le 14 novembgre 2025 à l’intéressé, à Maître Mathilde MESSAGEOT, avocat de permanence, à la SELARL CENTAURE AVOCATS, à LE PREFET DE L'[Localité 1] et à M. Le Procureur Général ;
Après avoir entendu M. [Z] [V] [R] en ses déclarations par visioconférence Me Mathilde MESSAGEOT, avocats au barreau de COLMAR, commise d’office, en ses observations pour le retenu puis Maître MOREL, avocat au barreau de Paris, en ses observations pour la SELARL CENTAURE AVOCATS, conseil de LE PREFET DE L’AUBE, et à nouveau l’appelant qui a eu la parole en dernier.
MOTIFS DE LA DÉCISION :
Sur la recevabilité de l’appel :
Attendu que l’appel interjeté par M. [V] [R] le 13 novembre 2025 (à 16h41) à l’encontre de l’ordonnance du Juge des Libertés de [Localité 5] rendue le 13 novembre 2025 (à 11H13), dans le délai prévu à l’article R 743-10 du CESEDA, est recevable ;
Sur l’appel
M. [V] [R] conteste l’ordonnance du Juge des Libertés de [Localité 5] rendue le 13 novembre 2025 déclarant la requête du préfet de l'[Localité 1] recevable et ordonnant la prolongation de sa rétention pour une durée de 30 jours à compter du 16 octobre 2025 (deuxième prolongation).
S’agissant de la prolongation de la rétention
— Sur la recevabilité des nouveaux moyens
Il ressort des dispositions de l’article L743-11 du CESEDA que 'à peine d’irrecevabilité, prononcée d’office, aucune irrégularité antérieure à une audience à l’issue de laquelle le juge des libertés et de la détention a prolongé la mesure ne peut être soulevée lors d’une audience ultérieure'.
Sauf s’ils constituent des exceptions de procédure au sens de l’article 74 du Code de procédure Civile, les moyens nouveaux sont recevables en appel.
En application des dispositions de l’article 563 du code de procédure civile, « pour justifier en appel les prétentions qu’elles avaient soumises au premier juge, les parties peuvent invoquer des moyens nouveaux, produire de nouvelle pièce ou proposer de nouvelles preuves ».
Les moyens nouveaux de l’acte d’appel peuvent être complétés ou régularisés dans le délai de recours de 24h.
— sur l’irrégularité de la requête
M. [V] [R] fait valoir qu’il appartient au juge judiciaire de vérifier que la personne ayant signé la requête en prolongation était bien compétente pour le faire, donc titulaire de la délégation de signature, mais également de ce que la mention des empêchements éventuels des autres délégataires de signature figurait bien.
Il résulte des pièces de procédure [D] [M], signataire de la demande de prolongation en date du 11 novembre 2025, a régulièrement reçu délégation de signature pour ce faire, le moyen est donc infondé, la mention d’empêchements éventuels des autres délégataires de signature n’étant pas prévue par les textes. De surcroît, la signature du délégataire emporte preuve d’indisponibilité des signataires de premier rang.
Ce moyen sera donc rejeté.
— sur des considérations juridiques s’opposant à l’éloignement
M. [V] [R] fait valoir l’article 3 de la CEDH et l’article 19 paragraphe 2 de la Charte et le principe de non refoulement, estimant que la situation de son pays s’est dégradée les derniers jours et que la France rappelle ses ressortissants vivant au Mali, les déplacements par voie terrestre étant déconseillés car la cible d’attaques de groupes terroristes.
Toutefois, M. [V] [R] n’explicite pas en quoi un retour dans son pays présenterait pour lui un risque de mort, de torture ou de traitement inhumain ou dégradant, outre qu’il n’appartient pas au juge de se prononcer sur le bienfondé du pays de destination, étant précisé que le tribunal administratif de Strasbourg a confirmé la décision d’éloignement et le pays de retour.
— sur l’appréciation, au jour de l’audience, des conditions d’une assignation à résidence
Les conditions d’une assignation à résidence judiciaire telles que visées à l’article L 743-13 du CESEDA ne sont pas réunies.
Il résulte donc de ce qui précède qu’il y a donc lieu de confirmer l’ordonnance déférée.
PAR CES MOTIFS :
DÉCLARONS l’appel de M. [Z] [V] [R] recevable en la forme ;
au fond, le REJETONS ;
CONFIRMONS l’ordonnance rendue par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Strasbourg le 13 Novembre 2025 ;
RAPPELONS à l’intéressé les droits qui lui sont renconnus pendant la rétention :
— il peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin
— il peut communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix
DISONS avoir informé M. [Z] [V] [R] des possibilités et délais de recours contre les décisions le concernant.
Prononcé à [Localité 2], en audience publique, le 14 Novembre 2025 à 14h55, en présence de
— l’intéressé par visio-conférence
— Maître Mathilde MESSAGEOT, conseil de M. [Z] [V] [R]
— Maître MOREL pour la SELARL CENTAURE AVOCATS, conseil de LE PREFET DE L'[Localité 1]
Le greffier, Le président,
reçu notification et copie de la présente,
le 14 Novembre 2025 à 14h55
l’avocat de l’intéressé
Maître Mathilde MESSAGEOT
l’intéressé
M. [Z] [V] [R]
par visioconférence
l’avocat de la préfecture
Me MOREL
EXERCICE DES VOIES DE RECOURS :
— pour information : l’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition,
— le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou en rétention et au ministère public,
— le délai du pourvoi en cassation est de deux mois à compter du jour de la notification de la décision, ce délai étant augmenté de deux mois lorsque l’auteur du pourvoi demeure à l’étranger,
— le pourvoi en cassation doit être formé par déclaration au Greffe de la Cour de cassation qui doit être obligatoirement faite par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation,
— l’auteur d’un pourvoi abusif ou dilatoire peut être condamné à une amende civile,
— ledit pourvoi n’est pas suspensif.
La présente ordonnance a été, ce jour, communiquée :
— au CRA de [Localité 3] pour notification à M. [Z] [V] [R]
— à Maître Mathilde MESSAGEOT
— à LE PREFET DE L'[Localité 1]
— à la SARL CENTAURE AVOCATS
— à M. Le Procureur Général près la Cour de ce siège.
Le Greffier
M. [Z] [V] [R] reconnaît avoir reçu notification de la présente ordonnance
le À heures
Signature de l’intéressé
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