Rejet 21 mai 2026
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Sur la décision
| Référence : | TA Grenoble, juge unique 4, 21 mai 2026, n° 2406269 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Grenoble |
| Numéro : | 2406269 |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 27 mai 2026 |
Sur les parties
| Parties : | département de l' Isère, C .. c/ département |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 août 2024, Mme D… A… conteste la décision du 23 juillet 2024 par laquelle le président du conseil départemental de l’Isère a rejeté sa demande de carte mobilité inclusion mention « stationnement ».
Elle soutient qu’eu égard à son état de santé elle peut bénéficier de cette aide.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 décembre 2024, le département de l’Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A… ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C…, première vice-présidente, pour statuer sur la requête en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Mme C… a présenté son rapport au cours de l’audience et entendus les observations de Mme E… représentant le département de l’Isère.
La clôture d’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
Par un dossier de demande adressé aux services du département de l’Isère le 3 juillet 2024, Mme A… a sollicité la délivrance d’une carte mobilité inclusion mention « stationnement ». Par une décision du 20 mars 2024, le président du conseil départemental de l’Isère a rejeté cette demande. Mme A… a contesté cette décision par un recours préalable du 16 avril 2024 lequel a été rejeté par une décision du président du conseil départemental de l’Isère du 23 juillet 2024.
Sur les conclusions aux fins d’annulation :
Aux termes du I de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « La carte « mobilité inclusion » destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. […] 3° La mention « stationnement pour personnes handicapées » est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ». Aux termes du IV de l’article R. 241-12-1 du même code : « Pour l’attribution de la mention « stationnement pour personnes handicapées », un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur ». En vertu de l’annexe de l’arrêté du 3 janvier 2017 pris pour l’application de ces dispositions, le critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied, lesquelles s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur, est rempli lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou lorsqu’elle a systématiquement recours pour ses déplacements extérieurs soit à une aide humaine, soit à une prothèse de membre inférieur, soit à une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur), soit à un fauteuil roulant, y compris lorsqu’elle le manœuvre seule et sans difficulté, soit enfin à une oxygénothérapie.
Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte de stationnement pour personnes handicapées ou d’une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
Pour solliciter la délivrance d’une carte mobilité inclusion mention « stationnement », Mme A… se prévaut de deux certificats médicaux établis le 30 juin 2023 et le 11 avril 2024 aux termes desquels son médecin expose que son état de santé nécessite la délivrance d’une telle carte dès lors qu’elle présente des troubles de l’équilibre qui peuvent causer des chutes fréquentes et que « ses déplacements sont rendus difficiles ». Si la réalité des pathologies de Mme A… n’est pas remise en cause, celles-ci ne représentent pas une limitation permanente à ses capacités de déplacement pédestre au sens des dispositions précitées. Par ailleurs, les certificats médicaux précités n’indiquent ni que le périmètre de marche de Mme A… serait réduit à moins de 200 mètres ni qu’elle doive recourir systématiquement à une aide pour ses déplacements extérieurs. Enfin, il résulte de son formulaire de demande établi le 16 août 2024 que la requérante a elle-même indiqué n’avoir aucune difficulté à marcher et a coché la case « réaliser avec difficulté mais sans aide extérieure » s’agissant de ses déplacements extérieurs. Dans ces conditions, Mme A… n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision du 23 juillet 2024 et à solliciter la délivrance d’une carte mobilité inclusion mention « stationnement ».
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A… doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er :
La requête de Mme A… est rejetée.
Article 2 :
Le présent jugement sera notifié à Mme D… A… et au département de l’Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2026.
La magistrate désignée,
M. C…
Le greffier,
M. B…
La République mande et ordonne à la préfète de l’Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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