Rejet 12 février 2026
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Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 8e sect. - mesd, 12 févr. 2026, n° 2537645 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2537645 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 17 février 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2025, M. A… B…, retenu au centre de rétention de Vincennes, demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 26 décembre 2025 par lequel le préfet de police de Paris a augmenté la durée de l’interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, de deux à trois ans.
Il soutient que :
l’arrêté contesté est entaché d’incompétence ;
la décision en litige est entachée d’une insuffisance de motivation ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.
Le préfet de police de Paris a produit des pièces, enregistrées le 29 janvier 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Khiat, premier conseiller, a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
M. B…, de nationalité algérienne, né le 24 mars 2000, déclare être entré en France en 2001. Par un arrêté du 15 décembre 2024, le préfet du Nord a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai. Par un arrêté du 21 décembre 2025, le préfet de police de Paris a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un nouvel arrêté du 26 décembre 2025, le préfet de police de Paris a prolongé cette interdiction de retour sur le territoire français, de deux à trois ans. Par le présent recours, M. B… demande l’annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté.
En premier lieu, par un arrêté du 23 octobre 2025, régulièrement publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture, le préfet de police de Paris a donné à M. Sélim Uckun, conseiller d’administration de l’intérieur et de l’outre-mer, délégation à l’effet de signer les décisions de la nature de celle en litige. Dès lors, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’arrêté contesté manque en fait et doit, par suite, être écarté.
En deuxième lieu, la décision contestée comporte l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.
En troisième et dernier lieu, aux termes de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsqu’aucun délai de départ volontaire n’a été accordé à l’étranger, l’autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d’une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l’autorité administrative n’édicte pas d’interdiction de retour. /Les effets de cette interdiction cessent à l’expiration d’une durée, fixée par l’autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l’ordre public. ». Aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l’autorité administrative tient compte de la durée de présence de l’étranger sur le territoire français, de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu’il a déjà fait l’objet ou non d’une mesure d’éloignement et de la menace pour l’ordre public que représente sa présence sur le territoire français. (…) ».
Pour prolonger la durée de l’interdiction de retour sur le territoire français de deux à trois ans, le préfet de police de Paris a estimé que le comportement de M. B…, signalé par les services de police le 24 décembre 2025 pour agression sexuelle, représente une menace pour l’ordre public. Le requérant, qui se borne à invoquer le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation sans l’assortir d’aucune précision, ne conteste pas ce motif. Par suite, ce moyen ne peut qu’être écarté.
Il résulte de tout ce qui précède que M. B… n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 26 décembre 2025 par lequel le préfet de police de Paris a augmenté la durée de l’interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, de deux à trois ans.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B… est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A… B…, et au préfet de police de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2026.
Le magistrat désigné,
Signé
Y. KHIAT
La greffière,
Signé
M. C…
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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