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Sur la décision
| Référence : | TJ Angers, controle hsc ic, 20 juin 2025, n° 25/00572 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00572 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 3 juillet 2025 |
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Texte intégral
COUR D’APPEL D’ANGERS
TRIBUNAL JUDICIAIRE
D’ [Localité 1]
Dossier : N° RG 25/00572 -
N° Portalis DBY2-W-B7J-H7KN
Minute : 25/00572
ORDONNANCE EN PROCEDURE
D’HOSPITALISATION SOUS CONTRAINTE
DEMANDEUR :
Monsieur LE DIRECTEUR DU CESAME
Non comparant, ayant fait ses observations par écrit
DÉFENDEUR :
Madame [L] [X]
Comparante, assistée de Maître Aude POILANE, avocat au barreau d’ANGERS
Nous, Jean-Yves EGAL, Premier Vice-Président au Tribunal Judiciaire d’ANGERS, assisté de Murielle LECHAT-MARIN, faisant fonction de greffier,
Vu l’article L3212-1 du code de la santé publique,
Vu la décision d’admission en soins psychiatriques contraints prise par le directeur de l’hôpital de [Localité 3] le 09 juin 2025, concernant :
Mme [L] [X]
née le 28 Avril 1994 à [Localité 2]
Vu la saisine en date du 16 juin 2025 du directeur de l’hôpital et les pièces jointes à la saisine, tendant à la poursuite de l’hospitalisation sans consentement de Mme [L] [X],
Vu l’avis de monsieur le Procureur de la République en date du 18 juin 2025 porté à la connaissance des parties à l’audience,
Vu les débats tenus en audience publique le 20 juin 2025.
Mme [X] [L] a comparu et indiqué que l’hospitalisation se passait assez bien mais qu’elle voulait sortir pour être près de sa grand-mère.
Maitre Aude POILANE a sollicité la main levée de la mesure en faisant valoir que le certificat du Dr [V] n’est pas suffisamment caractérisé.
MOTIFS DE L’ORDONNANCE:
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
— ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
— son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2 de l’article L. 3211-2-1 ;
Le directeur de l’établissement prononce la décision d’admission :
1° Soit lorsqu’il a été saisi d’une demande présentée par un membre de la famille du malade ou par une personne justifiant de l’existence de relations avec le malade antérieures à la demande de soins et lui donnant qualité pour agir dans l’intérêt de celui-ci, à l’exclusion des personnels soignants exerçant dans l’établissement prenant en charge la personne malade. Lorsqu’il remplit les conditions prévues au présent alinéa, le tuteur ou le curateur d’un majeur protégé peut faire une demande de soins pour celui-ci.
2° Soit lorsqu’il s’avère impossible d’obtenir une demande dans les conditions prévues au 1° du présent II et qu’il existe, à la date d’admission, un péril imminent pour la santé de la personne, dûment constaté par un certificat médical établi dans les conditions prévues au troisième alinéa du même 1° ( certificat dressé par un médecin n’exerçant pas dans l’établissement de soins) .
Dans ce cas, le directeur de l’établissement d’accueil informe, dans un délai de vingt-quatre heures sauf difficultés particulières, la famille de la personne qui fait l’objet de soins et, le cas échéant, la personne chargée de la protection juridique de l’intéressé ou, à défaut, toute personne justifiant de l’existence de relations avec la personne malade antérieures à l’admission en soins et lui donnant qualité pour agir dans l’intérêt de celle-ci.
Lorsque l’admission a été prononcée en application du présent 2°, les certificats médicaux mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l’article L. 3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts ( certificats des 24 h et des 72 h).
Selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge , préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission puis de six mois à compter de la dernière décision du juge. Cette saisine est accompagnée d’un avis motivé du psychiatre.
Mme [X] [L] née le28 avril 1994, a été admise le 9 juin à 13h23 en soins psychiatriques sous la forme de l’hospitalisation complète sur décision du directeur du CESAME en date du 10 juin pour péril imminent, au vu des conclusions d’un seul certificat médical en date du 9 juin à 13h23, émanant du docteur [N] , qui n’appartient pas au CESAME, lequel indiquait que Mme [X] [L] avait appelé les secours ce jour là devant un envahissement anxieux majeur sous tendu par des éléments délirants et des hallucinations dans un contexte d’hospitalisations et de suivi en pédo psychiatrie antérieurement et de consommations régulières de toxiques notamment de cannabis ; le médecin précise que la patiente présentait des troubles du comportement se caractérisant notamment par une agitation psychomotrice importante, un discours diffluent avec rupture des associations logiques, un délire plurithématique avec adhésion totale, des hallucinations auditives et intrapsychiques non critiquées, un syndrome d’influence sans critique ; elle a peur des soins et refuse toute hospitalisation pourtant nécessaire.
Le contenu détaillé de ce certificat médical caractérise bien la nécessité de soins urgents en hospitalisation complète en milieu spécialisé de par la nature et la gravité des troubles constatés entrainant un péril imminent pour la santé de Mme [X] [L], et sous contrainte puisqu’il n’était pas possible d’obtenir son consentement.
La vaine recherche d’un tiers est justifiée au dossier (refus de signer une demande de la part de son père).
L’information légale prévue par l’article L 3211-, 3 portant sur les modalités de cette hospitalisation ainsi que sur les droits des patients a été délivrée à Mme [X] [L] le 10 juin.
Conformément aux dispositions de l’article L 3212-1, son père [E] [X] a été informé de l’hospitalisation de Mme [X] [L] et de son cadre juridique par courrier expédié le 11 juin.
Le seul fait que cet avis ait été adressé au delà du délai de 24 h n’emporte pas la démonstration concrète d’un grief pour Mme [X] [L].
Le juge a été saisi le16 juin, soit avant l’expiration du délai de 8 jours à compter de l’admission intervenue le 9 juin à 13h23, conformément aux dispositions de l’article L 3211-12-1 du Code de la Santé Publique .
Les conditions légales ont donc été respectées.
Le certificat médical des 24 heures a été rédigé par le docteur [V] le 10 juin à 12h52 et le certificat médical des 72 heures a été rédigé par le docteur [T] le 11 juin à 12h11 ; ils comportent les éléments de motivation requis pour justifier en fait et en droit la poursuite de l’hospitalisation complète sous contrainte.
La décision de maintien de l’hospitalisation complète a été prise le 11 juin par le Directeur de l’hôpital et portée le 12 juin à la connaissance de Mme [X] [L].
L’ avis motivé en date du 13 JUIN , dressé par le docteur [V] conclut à la nécessité d’une poursuite des soins en hospitalisation complète sans consentement en relevant notamment que Mme [X] [L] présentait lors de son examen une évolution positive de son état psychique mais avec la présence d’un discours encore prolixe et diffluent notamment autour de l’abandon et la culpabilité, le sentiment d’être menacé, une perte de cohérence dans le discours ; le médecin précise qu’il était difficile d’identifier avec certitude un trouble psychiatrique caractérisé et qu’il apparaissait nécessaire de poursuivre l’évaluation en hospitalisation complète pour proposer la prise en charge la plus adaptée.
Ce certificat caractérise pleinement un état mental qui impose des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
Il résulte de l’ensemble de ces éléments que d’une part, la procédure a été menée régulièrement et que d’autre part Mme [X] [L] présente toujours des troubles rendant impossible son consentement et imposant des soins sous surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
Par conséquent, la mesure d’hospitalisation sous contrainte qui apparaît adaptée, nécessaire et proportionnée, doit être poursuivie.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement par ordonnance contradictoire et en premier ressort,
Autorisons la poursuite de l’hospitalisation complète de Madame [L] [X],
Rappelons qu’appel peut être interjeté de cette décision dans un délai de dix jours de sa notification, par déclaration transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel.
Ainsi rendu le 20 juin 2025.
Le greffier, Le juge du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives ou restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement,
Mentions de notification :
Copie de la présente ordonnance transmise à Mme [L] [X] par l’intermédiaire du directeur de l’hôpital
Copie de la présente ordonnance transmise à M. le directeur de l’hôpital,
Copie de la présente ordonnance transmise à Me Aude POILANE
le 20/06/2025
le greffier
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