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Sur la décision
| Référence : | TJ Caen, 3e ch. civ., 28 janv. 2025, n° 24/02532 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/02532 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CAEN
3ème chambre civile
11 rue Dumont d’Urville
CS 45257 -
14052 CAEN CEDEX 4
☎ :0250101300
N° RG 24/02532 – N° Portalis DBW5-W-B7I-I4R6
Minute : 2024/
Cabinet
JUGEMENT
DU : 28 Janvier 2025
E.P.I.C. [H]
C/
[P] [C] [Y]
Copie exécutoire délivrée le :
à : E.P.I.C. [H]
Copie certifiée conforme délivrée le :
à : E.P.I.C. [H]
M. [P] [C] [Y]
Préfecture du Calvados
JUGEMENT
DEMANDEUR :
E.P.I.C. [H] (RCS Caen 780.705.703)
dont le siège social est sis 7 place Foch, CS 20176 – 14010 CAEN CEDEX
représentée par Madame [T], régulièrement munie d’un pouvoir
ET :
DÉFENDEUR:
Monsieur [P] [C] [Y]
né le 21 Octobre 1985 à CONGO
demeurant 15 Rue du Printemps des Peuples – Apt 38 – 14460 COLOMBELLES
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Pascale VIAUD, Magistrat honoraire, juge des contentieux de la protection
Greffier : Céline LEVIS, Greffière présente à l’audience et lors de la mise à disposition
PROCÉDURE :
Date de la première évocation : 26 Novembre 2024
Date des débats : 26 Novembre 2024
Date de la mise à disposition : 28 Janvier 2025
Suivant acte sous seing privé en date du 7 juillet 2022, [H] a donné à bail à M.[P] [Y] un immeuble à usage d’habitation sis 15 rue du Printemps des Peuples à COLOMBELLES (14460) moyennant un loyer mensuel révisable de 485,53 euros, outre les charges.
Par acte du commissaire de justice en date du 12 février 2024, [H] a fait délivrer à M.[P] [Y] un commandement de payer la somme de 2114,22 euros au titre des loyers et charges impayés à cette date.
Ce commandement visant la clause résolutoire étant resté infructueux, [H] a fait assigner M.[P] [Y] devant le juge des contentieux de la protection de Caen par acte du commissaire de justice en date du 13 juin 2024 afin de voir :
— constater la résiliation du bail à compter du 12 avril 2024,
— ordonner l’expulsion de M.[P] [Y], de ses biens et de tous occupants de son chef, avec si besoin l’assistance de la force publique et d’un serrurier en cas de défaut de libération volontaire des lieux,
— condamner M.[P] [Y] au paiement :
* de la somme de 3643,90 euros correspondant au montant des arriérés de loyers, et des charges à la date du 5 mai 2024, sauf à parfaire ,
* des loyers échus ou à échoir dus jusqu’au jour de la résiliation du bail,
* d’une indemnité d’occupation égale au dernier loyer et charges en cours de la résiliation du bail jusqu’à son départ des lieux,
* d’une indemnité de 250 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile,
* des dépens qui comprendront le coût du commandement de payer.
— ordonner l’exécution provisoire de la décision à intervenir.
L’assignation a été régulièrement notifiée à la Préfecture du Calvados le 14 juin 2024 conformément aux dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989.
A l’audience du 26 novembre 2024 à laquelle l’affaire a été appelée, [H], dûment représentée, sollicite le bénéfice de l’acte introductif d’instance exposant notamment que le défaut de règlement des loyers et des charges dus dans les deux mois suivant le commandement de payer, l’a amené à se prévaloir de la clause résolutoire prévue par le contrat.
[H] a indiqué ne pas s’opposer à l’octroi de délai de paiement et actualisé sa créance à la somme de 3342,51 euros arrêtée au 22 novembre 2024.
M.[P] [Y], assigné à l’étude, n’est ni présent, ni représenté au moment où l’affaire a été appelée.
Arrivé au tribunal tardivement, il a indiqué avoir repris le versement du loyer courant et payer une somme supplémentaire de 120 euros pour apurer la dette.
Il a demandé à rester dans le logement.
MOTIFS DE LA DECISION
L’article 472 du Code de Procédure Civile dispose que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne doit faire droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
1° – Sur la demande de résiliation du bail
L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dispose que, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie ne produit effet que deux mois après la signification d’un commandement de payer demeuré infructueux.
Aux termes de la clause résolutoire insérée dans le contrat de bail et reproduite dans le commandement de payer, faute de paiement à son échéance de tout ou partie du loyer ou des charges et ce, deux mois après un commandement de payer demeuré sans effet, le bail est résilié de plein droit.
En l’espèce, il résulte des éléments versés au débat par [H] que M.[P] [Y] n’a pas réglé les sommes dues dans les deux mois ayant suivi le commandement.
Il convient en conséquence de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire du bail du logement sont réunies à la date du 12 avril 2024.
Aux termes de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, le juge peut, alors même que le locataire ne l’a pas saisi dans le délai de deux mois suivant le commandement de payer, accorder, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, des délais de paiement au locataire à condition qu’il soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date d’audience.
Compte tenu de l’accord du bailleur quant à la demande de délai de la locataire, de la reprise du paiement du loyer avant l’audience justifiée par les pièces versées au débat et de la possibilité d’apurer la dette dans les délais offerts par la loi, il sera accordé à M.[P] [Y] les délais de paiement sollicités, avec clause de déchéance du terme dans l’hypothèse du non respect de l’échéancier.
M.[P] [Y] devra donc régler la somme de 120 euros par mois, en sus du loyer en cours, charges comprises, avant le 10 de chaque mois et pour la première fois le 10 du mois suivant la signification de la présente décision, la dette devant être payée en totalité au terme du 28ème mois.
Pendant le cours des délais ainsi accordés les effets de la clause de résiliation de plein droit sont suspendus.
Si le locataire se libère dans le délai et selon les modalités fixées, la clause résolutoire sera réputée ne pas avoir joué.
En cas de non respect des modalités de paiement ainsi accordées, la clause résolutoire produira tous ses effets, le bail sera résilié, l’expulsion du locataire pourra être mise en oeuvre et une indemnité d’occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus si le bail avait continué à courir, sera due jusqu’à libération effective des lieux et la remise des clefs.
En outre, à défaut d’un seul paiement à son échéance, toutes les sommes restant dues deviendront alors immédiatement exigibles et pourront être recouvrées au moyen de la présente décision.
2° – Sur la demande en paiement.
Aux termes de l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
Au vu des pièces produites, notamment le contrat de bail et le décompte, il apparaît que M.[P] [Y] reste redevable de la somme de 3342,51 euros au titre de l’arriéré de loyer, charges et indemnités d’occupation dû au 22 novembre 2024, somme au paiement de laquelle il convient de le condamner.
3° – Sur l’exécution provisoire.
Il est rappelé enfin qu’en vertu de l’article 514 du code de procédure civile, l’exécution provisoire des jugements est de droit, sauf si le juge décide, d’office ou à la demande des parties et par décision spécialement motivée, de l’écarter totalement ou partiellement, l’estimant incompatible avec la nature de l’affaire ou susceptible d’entraîner des conséquences manifestement excessives.
En l’espèce, il n’y a pas lieu d’écarter l’exécution provisoire de la présente décision.
4° – Sur les dépens et l’application de l’article 700 du code de procédure civile.
Compte tenu des délais accordés, il n’est pas inéquitable de laisser à la charge de [H] les frais exposés à l’occasion de la présente instance et non compris dans les dépens.
Aussi, la demande fondée sur l’article 700 du code de procédure civile sera rejetée.
La charge des dépens sera supportée par M.[P] [Y] conformément aux dispositions de l’article 696 du code de procédure civile et comprendra notamment le coût du commandement de payer délivré le 12 février 2024.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,
Constate la résiliation de plein droit du bail liant [H] à M.[P] [Y] à la date du 12 avril 2024.
Condamne M.[P] [Y] à verser à [H] la somme de 3342,51 euros au titre de l’arriéré impayé de loyers, charges et indemnités d’occupation à la date du 22 novembre 2024 avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Autorise M.[P] [Y] à s’acquitter de sa dette en vingt-sept versements mensuels consécutifs de 120 euros, en plus du loyer courant, charges comprises et d’un vingt-huitième versement qui soldera la dette en principal, frais, intérêts et devant intervenir avant le 10 de chaque mois et pour la première fois le 10 du mois suivant la signification de la présente décision, et jusqu’à extinction de la dette.
Dit qu’à défaut d’un seul paiement à son échéance, toutes les sommes restant dues deviendront alors immédiatement exigibles et pourront être recouvrées au moyen de la présente décision.
Suspend les effets de clause résolutoire pendant l’exécution des délais accordés, sous réserve du respect des conditions fixées.
Dit que si M.[P] [Y] se libère de la dette selon les modalités fixées, la clause résolutoire sera réputée non acquise.
Dit qu’en revanche, faute de paiement d’une mensualité ou d’un seul loyer à la bonne date, la clause résolutoire sera acquise, le bail résilié et M.[P] [Y] tenue de rendre libre de sa personne, de ses biens et tous occupants de son chef les lieux sis 15 rue du Printemps des Peuples à COLOMBELLES (14460).
Dit qu’à défaut pour M.[P] [Y] de libérer spontanément les lieux, [H] sera autorisé à poursuivre son expulsion par tous voies et moyens de droit, y compris avec le concours de la force publique.
Condamne dans cette hypothèse M.[P] [Y] à payer à [H] une indemnité d’occupation des lieux mensuelle égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus si l’exécution du bail s’était poursuivie et ce jusqu’à libération des lieux.
Dit n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire du présent jugement.
Condamne M.[P] [Y] aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer en date du 12 février 2024.
Rejette le surplus des demandes des parties.
Dit qu’une copie de la présente décision sera transmise par le greffe à la Préfecture du Calvados.
Ainsi jugé et prononcé publiquement par mise à disposition de la décision au greffe, les parties en ayant été préalablement avisées conformément à l’alinéa 2 de l’article 450 du code de procédure civile et, après lecture, la minute a été signée par le juge et le greffier présent lors de la mise à disposition.
Le greffier Le juge des contentieux de la protection
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