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Sur la décision
| Référence : | TJ Nancy, jld, 9 oct. 2025, n° 25/00850 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00850 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
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Texte intégral
Cour d’Appel de nancy
Tribunal Judiciaire
de Nancy
Juge
Philippe LAVAL
hospitalisation à la demande
d’un tiers en urgence
Procédure de contrôle ordinaire
d’une hospitalisation complete
(L3211-12-1 C.S.P)
ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d’hospitalisation complète
N° RG 25/00850 – N° Portalis DBZE-W-B7J-JVKI
ORDONNANCE du 9 octobre 2025
REQUÉRANT :
Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 3]
[Adresse 1]
[Adresse 1]
[Adresse 1]
Non Comparante – Non Représentée
PERSONNE HOSPITALISÉE :
Madame [R] [W]
née le 18 Mars 1988 à [Localité 4]
[Adresse 2]
[Adresse 2]
Comparante – Assistée de Me Deborah CARMAGNANI
PARTIE JOINTE :
M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy,
Non Comparant – Non Représenté (réquisitions écrites)
Vu les articles L.3211-12-1 et suivants du Code de la santé publique ;
Vu les articles L.3212-1 et suivants du Code de la santé publique ;
Madame [R] [W] fait l’objet d’une hospitalisation à la demande d’un tiers en urgence au Centre Psychothérapique de [Localité 4] à [Localité 3] depuis le 1er octobre 2025 ;
Par requête en date du 7 octobre 2025, Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 3] a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l’article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l’hospitalisation de Madame [R] [W] ;
Les parties à la procédure : Madame [R] [W], Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 3], Monsieur le Procureur de la République, Me Deborah CARMAGNANI, avocat de la personne hospitalisée, ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l’audience ; a été également avisé Madame [G] [L], tiers demandeur à la mesure d’hospitalisation ;
Vu le procès-verbal d’audience de ce jour duquel il résulte que l’audience s’est tenue publiquement au Centre Psychothérapique de [Localité 4] et que l’affaire a été mise en délibéré à l’après-midi ;
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte.
L’article L3212-1 du code de la santé publique dispose qu’une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° du I de l’article L. 3211-2-1.
En application de l’article L3216-1 du code de la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544).
Sur le fond
Madame [W] a sollicité la mainlevée de la mesure, estimant que celle-ci n’était plus justifiée. Elle souligne qu’elle a été à l’initiative des soins libres initiaux et que sa fille a été placée.
Me CARMAGNANI n’a soulevé aucun moyen quant à la régularité de la procédure et s’est associée à la demande de sa cliente.
En l’espèce, il résulte des certificats médicaux et de l’avis motivé rédigé le 07 octobre 2025 par le docteur [T] que Madame [W] a été admise dans le cadre d’une phlébotomie dans un contexte de troubles bipolaire et d’usage de substances (cocaïne) pour lesquels elle est hospitalisée depuis le 20 septembre 2025 en soins libres suite à une intoxication médicamenteuse volontaire. Ces éléments démontrent l’existence d’un trouble mental au sens du code de la santé publique. Les certificats de la période d’observation relèvent notamment que Ia patiente présente une thymie triste, un ralentissement psychomoteur et un insight assez faible (les gestes suicidaires sont plutôt banalisés ainsi que la symptomatologie). Il est relevé au jour de l’avis motivé que la clinique de la patiente s’est améliorée depuis son arrivée : la thymie se normalise, les idées suicidaires se sont amendées, la patiente se projette dans l’avenir avec un suivi étayé en ambulatoire, le discours est cohérent et adapté, sans décompensation psychotique, sans trouble du comportement ni velléité auto ou hétéro-agressive. Il est toutefois estimé que la patiente présente un profil impulsif avec une intolérance à la frustration rendant nécessaire un maintien à l’abri pour réévaluation médicamenteuse. Ces éléments démontrent que les troubles mentaux affectant Madame [W] rendent impossible son consentement et que son état mental nécessite des soins immédiats assortis d’une surveillance médicale constante ou régulière.
Il résulte des éléments précédemment exposés que les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique sont remplies.
En conséquence, l’hospitalisation sans consentement sera maintenue.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort :
MAINTENONS la mesure d’hospitalisation à la demande d’un tiers en urgence dont fait l’objet Madame [R] [W] au Centre Psychothérapique de [Localité 4] à [Localité 3] ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l’appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d’Appel (référé hospitalisation); qu’elle est susceptible d’appel par les seules parties à l’instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l’appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d’appel de Nancy ;
LAISSONS les dépens à la charge de l’Etat ;
Prononcée le 9 octobre 2025 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement.
Fait à Nancy, le 09 Octobre 2025 Le juge
Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel :
— à Mme LA DIRECTRICE DU CPN [Localité 3] pour le CPN et aux fins de notification à Mme [R] [W] ;
— à Madame [G] [L], tiers demandeur à l’admission ;
— à Me Déborah CARMAGNANI, conseil de la patiente..
Le greffier
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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