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Sur la décision
| Référence : | TJ Nancy, jld, 30 avr. 2026, n° 26/00463 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00463 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 12 mai 2026 |
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Texte intégral
Cour d’Appel de nancy
Tribunal Judiciaire
de Nancy
Juge
Philippe LAVAL
hospitalisation à la demande
du représentant de l’état
Procédure de contrôle ordinaire
d’une hospitalisation complete
(L3211-12-1 C.S.P)
ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d’hospitalisation complète
N° RG 26/00463 – N° Portalis DBZE-W-B7K-J5BP
ORDONNANCE du 30 avril 2026
REQUÉRANT :
M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE
Sous couvert de l’Agence Régionale de Santé – [Localité 1]
[Adresse 1]
[Localité 2]
Non Comparant – Non Représenté
PERSONNE HOSPITALISÉE :
Monsieur [Y] [B]
né le 09 Mai 1990 à [Localité 3] (MEURTHE-ET-MOSELLE)
ADOMA
[Adresse 2]
[Localité 2]
Comparant – Assisté de Me Ermelle VALENCE
PARTIE JOINTE :
M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy,
Non Comparant – Non Représenté (réquisitions écrites)
Vu les articles L.3211-1 et suivants du Code de la santé publique ;
Vu les articles L.3213-1 et suivants de ce même code ;
Monsieur [Y] [B] fait l’objet d’une hospitalisation à la demande du représentant de l’état au Centre Psychothérapique de [Localité 3] à [Localité 4] depuis le 5 juillet 2024 ; qu’il a bénéficié d’un programme de soins le 5 septembre 2025 et a été réhospitalisé en dernier lieu le 22 avril 2026 ;
Par requête en date du 29 avril 2026 , M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l’article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l’hospitalisation de Monsieur [Y] [B] ;
Les parties à la procédure : Monsieur [Y] [B], M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE, Monsieur le Procureur de la République, Me Ermelle VALENCE, avocate de la personne hospitalisée, ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l’audience ;
Vu le procès-verbal d’audience de ce jour duquel il résulte que l’audience s’est tenue publiquement au Centre Psychothérapique de [Localité 3] ;
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte.
L’article L3211-11 du code la santé publique dispose que le psychiatre qui participe à la prise en charge du patient peut proposer à tout moment de modifier la forme de la prise en charge lorsqu’il constate que la prise en charge de la personne décidée sous une autre forme ne permet plus, notamment du fait du comportement de la personne, de dispenser les soins nécessaires à son état.
En application de l’article L3216-1 du code de la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544).
En l’espèce, Monsieur [B] a été pris en charge sous une autre forme que l’hospitalisation complète jusqu’à la date du 21 avril 2026, date de sa réintégration dans un contexte d’idées délirantes de persécution se focalisant sur l’institution psychiatrique, générant un impact émotionnel majeur, associées, d’une part, à des griefs florides à l’égard des effets indésirables des traitements en place et, d’autre part, à une inaccessibilité à la réassurance et à des propositions d’adaptations thérapeutiques visant à le soulager.
Il ressort de l’avis motivé rédigé le 28 avril 2026 par le Docteur [J] que Monsieur [B] n’a pas présenté de trouble du comportement depuis sa réintégration et qu’il présente un discours fluide, cohérent et organisé, avec toutefois quelques idées de persécution. Cependant, la posologie du traitement a été fortement diminuée et Monsieur [B] a subi une perte de poids significative en 2 semaines du fait d’effets indésirables digestifs. Il est souligné que le patient n’est pas en capacité de comprendre les intérêts de l’hospitalisation complète alors que celle-ci est indispensable afin de poursuivre l’observation clinique et l’adaptation thérapeutique, notamment au regard des antécédents du patient (hospitalisation régulière à la suite de ruptures thérapeutiques volontaires et avec antécédents de multiples passages à l’acte hétéro-agressifs).
Ces éléments démontrent que la prise en charge de Monsieur [B] sous une autre forme que l’hospitalisation complète ne permettrait pas de dispenser les soins nécessaires à son état.
Les conditions de l’article L3211-11 du code la santé publique étant remplies, l’hospitalisation complète sans consentement sera maintenue.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, réputé contradictoirement et en premier ressort :
MAINTENONS la mesure d’hospitalisation à la demande du représentant de l’état dont fait l’objet Monsieur [Y] [B] au Centre Psychothérapique de [Localité 3] à [Localité 4] ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l’appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d’Appel (référé hospitalisation); qu’elle est susceptible d’appel par les seules parties à l’instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l’appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d’appel de Nancy ;
LAISSONS les dépens à la charge de l’Etat ;
Prononcée le 30 avril 2026 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement.
Fait à Nancy, le 30 avril 2026 Le juge
Reçu copie intégrale le 30 Avril 2026
Monsieur [Y] [B]
Reçu copie intégrale le 30 Avril 2026
L’avocate
Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l’issue de l’audience :
— à M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE ;
— à Mme la directrice du centre hospitalier.
Le greffier
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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