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Sur la décision
| Référence : | TJ Rodez, juge des libertes, 25 juil. 2025, n° 25/00229 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00229 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 4 août 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE RODEZ
[Adresse 1]
[Adresse 4]
[Localité 3]
MINUTE N°
R.G n° 25/229- Service HSC
Madame le Directeur du Centre Hospitalier de [Localité 7] c / [L] [M]
ORDONNANCE
rendue le 25 juillet 2025
Par Madame Christine PICCININ, Vice-Président, magistrat en charge du contrôle des me sures privatives ou restrictives de libertés prévues par le CSP – Mesures de soins psychia- triques sans consentement au Tribunal Judiciaire RODEZ, assistée de Magali PRADEILLES, adjoint administratif faisant fonction de greffier, siégeant dans la salle dédiée du Centre Hospitalier de SAINTE MARIE
[L] [M]
né le 11 octobre 1997 à [Localité 5]
ayant pour avocat Maître Laurent BALANGER
avocat au barreau de l’AVEYRON
Vu le certificat médical initial établi le 15 juillet 2025 par le Dr [S] [O] établissant l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé ;
Vu le relevé des démarches de recherche et d’information de tiers pour un patient admis en soins psychiatriques en cas de péril imminent ;
Vu la décision du directeur de l’Etablissement de Santé Mentale de [Localité 6] en date du 15 juillet 2025 prononçant l’admission de [L] [M] en hospitalisation complète ;
Vu la notification de cette décision ou l’information de la personne hospitalisée, en date du 15 juillet 2025, la patiente étant dans l’incapacité de signer ;
Vu l’information donnée dans les 24H à la famille, au tuteur ou curateur ou à toute personne ayant qualité à agir pour le patient ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 16 juillet 2025 par le Dr [D] [Z] ;
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le18 juillet 2025 par le Dr [E] [F] ;
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 18 juillet 2025 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [L] [M] ;
Vu la notification de cette décision ou l’information de la personne hospitalisée, en date du 18 juillet 2025 ;
Vu la saisine par le directeur de l’établissement du magistrat en charge du contrôle des mesures privatives ou restrictives de libertés prévues par le CSP – Mesures de soins psychiatriques sans consentement reçue au greffe de la juridiction le 21 juillet 2025 ;
Vu l’avis motivé établi le 21 juillet 2025 par le Dr [E] [F] ;
Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 22 juillet 2025 ;
Vu le débat contradictoire en date du 25 juillet 2025 ;
Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;
MOTIFS DE LA DECISION :
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
Le juge doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller, à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
[L] [M] était hospitalisé à l’Etablissement de Santé Mentale de [Localité 6] sans son consentement dans les conditions rappelées dans l’en-tête de la présente ordonnance.
Le certificat médical établi par le Dr [S] [O] le 15 juillet 2025 décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : « agitation, agressivité (envers lui-même et autrui), propos incohérents, propos paranoïdes, coups envers sa mère chez qui il vit ».
Etait constatée l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé.
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité.
Le certificat médical dit des 24h établi le 16 juillet 2025 par le Dr [D] [Z] indiquait : « patient est calme, de contact superficiel avec une thymie neutre. La tension interne est encore présente mais il se contient. Le discours est non délirant. Il minimise son comportement hétéro-agressif envers sa mère, aucune critique, ni regret, aucun affect: « C’est elle qui a tenu ma main, moi je me suis défendu, je suis en colère contre les flics qui m’ont amené ici, ils ne font pas leur boulot » dit le patient. Il ne présente pas d’idées suicidaires actives ou passives, rapporte des insomnies. Le patient accepte de reprendre le CLOPIXOL qui l’apaise mieux que les autres médicaments. Dans ces conditions, la mesure de soins sans consentement est maintenue en hospitalisation complète. »
Le certificat médical dit des 72h établi le 18 juillet 2025 par le Dr [E] [F] indiquait : « Le patient est calme, orienté, cohérent. Il n’exprime pas spontanément des idées de persécution. Il a une bonne observance du traitement. Il n’a pas d’angoisse, de tristesse, d’idée noire ou suicidaire. Il ne critique pas les troubles psychiques et du comportement qu’il a eus. Il reste fragile et peut facilement devenir dangereux pour lui-même ou pour autrui. Son état mental impose des soins immédiats assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète. Dans ces conditions, la mesure de soins psychiatriques sans consentement est maintenue en hospitalisation complète. »
La prise en charge de [L] [M] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L’avis motivé daté du 21 juillet 2025 par le Dr [E] [F] constatait que : « Le patient présente un discours pauvre. Il exprime toujours des idées de persécution, envers sa mère et l’autorité. Il ne critique ni ses troubles psychiques et du comportement ni ses consommations de drogues et d’alcool. Il n’a pas d’idée noire ou suicidaire. Il reste très fragile et peut facilement se mettre en danger ou mettre en danger autrui. Dans ces conditions, les soins sans consentement en péril imminent sont à maintenir en hospitalisation complète. »
L’avis précisait que l’état de santé de [L] [M] était compatible avec son audition par le magistrat en charge du contrôle des mesures privatives ou restrictives de libertés prévues par le CSP – Mesures de soins psychiatriques sans consentement.
A l’audience, [L] [M] déclarait qu’il s’était retrouvé à [Localité 6] à cause de sa mère qui l’insulte quand elle boit de l’alcool ; qu’il affirmait que pour sa part il ne buvait pas ni ne se droguait mais admettait avoir stoppé son traitement à cause des effets secondaires ; que selon lui la source de tous ses problèmes était sa mère sans qui il n’aurait pas besoin du moindre traitement.
Le conseil de [L] [M] était entendu en ses observations. Il indiquait que la relation mère fils était toxique et que son client admettait qu’il restait nécessaire d’adapter son traitement.
Attendu qu’il résulte de l’ensemble de ces éléments que la procédure relative à l’admission de [L] [M] en hospitalisation complète est régulière ;
Attendu que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée ; que l’état mental de [L] [M] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète ;
Que lors de l’audience la personne qui tient un discours qui fait écho aux certificats médicaux et à l’AMM en termes d’absence de critique et d’anasognosie manifeste sur fond d’alliance thérapeutique fragile, elle-même convient à mi-mot de la nécessaire poursuite de son hospitalisation dans le cadre actuel de surveillance constante en milieu hospitalier dans l’optique de lui permettre de se poser, d’adapter le traitement introduit, d’envisager la mise en place d’un programme de soins adapté à son état de santé et d’envisager à terme une sortie dans un cadre de nature à éviter tout péril imminent pour sa santé ;
PAR CES MOTIFS :
Maintenons la mesure d’hospitalisation complète dont fait l’objet [L] [M] ;
Informons les parties ainsi que leur représentant que le délai d’appel est de dix jours à compter de ce jour et que cet appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’Appel de MONTPELLIER (COUR D’APPEL de MONTPELLIER – [Adresse 2]). Le Ministère Public pouvant demander que son appel soit déclaré suspensif.
LE GREFFIER LE VICE PRESIDENT
La présente ordonnance a été notifiée le 25 juillet 2025 :
à [L] [M] par l’intermédiaire de l’E.S.M [Localité 6] / par remise en main propre à l’issue du délibéré
Reçu copie et notification le
Le patient
à Me Laurent BALANGER par voie électronique avec accusé réception / par remise en main propre à l’issue du délibéré
Reçu copie et notification le
L’avocat
Avis au directeur de l’ESM [Localité 6] par voie électronique avec accusé de réception / Par remise en main propre à l’issue du délibéré
Reçu copie et notification le
P/Le Directeur du CHSP [Localité 6]
La présente ordonnance est communiquée à M. le Procureur de la République de [Localité 5] par voie électronique
Le greffier
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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