Rejet 8 août 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 8 août 2025, n° 2434353 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2434353 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet irrecevabilité manifeste alinéa 4 |
| Date de dernière mise à jour : | 8 septembre 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2024, Mme A B demande au tribunal d’annuler la décision du 24 décembre 2024 par laquelle le préfet de police a classé sans suite sa demande d’acquisition de la nationalité française.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d’une erreur de fait dès lors que si elle n’a pas présenté l’original de son acte de naissance lors de l’entretien d’assimilation, elle a produit un acte de naissance conforme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le code civil ;
— le décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 ;
— le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante algérienne, a présenté une demande de naturalisation auprès de la préfecture de police. Par décision du 24 décembre 2024, le préfet de police a classé sans suite sa demande au motif qu’elle n’avait pas produit l’original de son acte de naissance lors de l’entretien réglementaire. Mme B demande au tribunal d’annuler cette décision.
2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d’appel, () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser () ».
3. D’une part, aux termes de l’article 37-1 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « Le demandeur fournit, selon les mêmes conditions de recevabilité que celles prévues par l’article 9 : () 1° Son acte de naissance () ». L’article 9 du même décret dispose : " Les pièces nécessaires à la preuve de la recevabilité de la déclaration répondent aux exigences suivantes : / 1° Elles sont produites en original ; / 2° Les actes de l’état civil sont produits en copie intégrale ; les copies des actes établis par les autorités françaises datent de moins de trois mois ; les copies des actes étrangers sont accompagnées, le cas échéant, d’une copie de la décision en exécution de laquelle ils ont été dressés, rectifiés ou modifiés ; / 3° Les décisions des autorités judiciaires ou administratives et les actes émanant de ces autorités sont produits sous forme d’expédition et accompagnés, s’il y a lieu, d’un certificat de non recours ; / 4° Les actes publics étrangers sont légalisés sauf apostille, dispense conventionnelle ou prévue par le droit de l’Union européenne ; / 5° Les documents rédigés en langue étrangère sont accompagnés de leur traduction par un traducteur agréé ou habilité à intervenir auprès des autorités judiciaires ou administratives d’un autre Etat membre de l’Union européenne ou d’un Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen ou de la Suisse ; / 6° Le document officiel exigé pour justifier de l’identité d’une personne s’entend de tout document délivré par une administration publique comportant les nom, prénoms, date et lieu de naissance de cette personne, sa photographie et sa signature, ainsi que l’identification de l’autorité qui a délivré le document, la date et le lieu de délivrance. « . L’article 40 du décret du 30 décembre 1993 dispose : » L’autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l’instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d’accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l’examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu’elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. « L’article 41 du même décret dispose : » Le demandeur se présente en personne devant un agent désigné nominativement par l’autorité administrative chargée de recevoir la demande et justifie de son identité par la production de l’original de son document officiel d’identité mentionné au 1° bis de l’article 37-1. Il produit également lors de cet entretien les originaux des pièces nécessaires à l’examen de sa demande. En l’absence de comparution personnelle à l’entretien sans motif légitime, l’autorité compétente peut classer sans suite sa demande sans qu’il soit besoin de fixer une nouvelle date d’entretien. "
4. D’autre part, le classement sans suite d’une demande tendant, comme en l’espèce, à l’acquisition de la nationalité française, à l’appui de laquelle l’intéressé n’a pas accompli la formalité administrative requise qu’est la production, lors de l’entretien prévu par l’article 41 du décret du 30 décembre 1993, de son acte de naissance dans les conditions prévues à l’article 9 précité du même décret, de telle sorte que son dossier doit être regardé comme incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir.
5. Pour classer sans suite la demande d’acquisition de la nationalité française présentée par Mme B, le préfet de police s’est fondé sur la circonstance que l’intéressée n’avait pas produit l’original de son acte de naissance lors de l’entretien prévu par les dispositions de l’article 41 du décret du 30 décembre 1993. Si Mme B soutient avoir présenté un acte de naissance, elle ne conteste pas qu’il n’était pas l’original de l’acte produit sur le service télématique et ayant fait l’objet d’un examen de recevabilité. Dans ces conditions, et alors même que l’acte produit comporte les mêmes mentions, son dossier doit être regardé comme incomplet et la décision classant sans suite sa demande de naturalisation comme une décision insusceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B ne peut qu’être rejetée par application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
7. Il y a toutefois lieu de préciser que la décision attaquée ne fait pas obstacle à ce que Mme B formule, si elle s’y croit fondée, une nouvelle demande d’accès à la nationalité française sur le téléservice Natali.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée pour information au préfet de police.
Fait à Paris, le 8 août 2025.
La présidente de la 6ème section,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
2/6-1
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Convention internationale ·
- Enfant ·
- Stipulation ·
- Justice administrative ·
- Territoire français ·
- Pays ·
- Autorisation provisoire ·
- Délai ·
- Tribunal judiciaire ·
- Destination
- Justice administrative ·
- Allocations familiales ·
- Vienne ·
- Recours administratif ·
- Recours contentieux ·
- Prime ·
- Commissaire de justice ·
- Commission ·
- Réclamation ·
- Activité
- Nitrate ·
- Azote ·
- Programme d'action ·
- Bretagne ·
- Algue ·
- Pollution ·
- Eutrophisation ·
- Objectif ·
- Eau côtière ·
- Région
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Expertise ·
- Rattachement ·
- Ingénierie ·
- Fonction publique ·
- Professionnel ·
- Décret ·
- Justice administrative ·
- Emploi ·
- Département ·
- Pouvoir de nomination
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Prolongation ·
- Urgence ·
- Juge des référés ·
- Soin médical ·
- Droit social ·
- Attestation ·
- Continuité
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Suspension ·
- Territoire français ·
- Juge des référés ·
- Droit d'asile ·
- Légalité ·
- Exécution ·
- Séjour des étrangers ·
- Renouvellement
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Acte ·
- Agence ·
- Recours administratif ·
- Habitat ·
- Désistement d'instance ·
- Ordonnance ·
- Droit commun ·
- Pourvoir
- Protection ·
- Carte de séjour ·
- Droit d'asile ·
- Justice administrative ·
- Séjour des étrangers ·
- Subsidiaire ·
- Liberté fondamentale ·
- Vie privée ·
- Liberté ·
- Convention européenne
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Juridiction administrative ·
- Sécurité sociale ·
- Tribunal judiciaire ·
- La réunion ·
- Assurance maladie ·
- Compétence ·
- Ouverture ·
- Organisation judiciaire
Sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Agrément ·
- Donner acte ·
- Tribunaux administratifs ·
- Rétablissement ·
- Droit commun ·
- Pourvoir ·
- Département
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Juge des référés ·
- Décision administrative préalable ·
- Désistement ·
- Astreinte ·
- Aide juridictionnelle ·
- Aide juridique ·
- Bénéfice ·
- Droit d'asile
- Justice administrative ·
- Environnement ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Énergie ·
- Tribunaux administratifs ·
- Sociétés ·
- Agence ·
- Ordonnance ·
- Redevance
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.