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Sur la décision
| Référence : | T. com. Nanterre, réf., 17 oct. 2025, n° 2025R01032 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal de commerce / TAE de Nanterre |
| Numéro(s) : | 2025R01032 |
| Importance : | Inédit |
| Date de dernière mise à jour : | 6 mai 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL DES ACTIVITES ECONOMIQUES DE NANTERRE
ORDONNANCE DE REFERE
prononcée par mise à disposition au greffe
le 17 Octobre 2025
RG n° : 2025R01032
DEMANDEUR
SA [G] [S] [Adresse 1] comparant par Me Vanessa PORLIER [Adresse 2]
DEFENDEUR
Mme [N] [Z] [Adresse 3] non comparant
Débats à l’audience publique du 9 Octobre 2025, devant M. Dominique FAGUET, président ayant délégation de M. le président du tribunal, assisté de M. Rayane AIT LAHCEN, greffier.
Décision réputée contradictoire et en premier ressort.
Faits
La société anonyme [G] [S] est l’organisme de financement du groupe de télécommunication [G] qui effectue notamment des opérations de crédit-bail et de location financière.
Mme [N] [Z] exerce en nom propre une activité d’agent et courtier en assurances.
Pour les besoins de son activité, Mme [Z] a signé en date du 8 juillet 2022 avec [G] [S] un contrat de location financière n°NH15816 destiné à financer l’installation d’une nouvelle installation téléphonique.
Le contrat a été souscrit pour une durée de 63 mois, dont 3 mois de différé de remboursement, moyennant le paiement de 60 loyers mensuels de 135,32 € HT (soit 162,38 € TTC) du 1 er mai 2023 jusqu’au 1 er janvier 2028.
L’équipement objet du contrat a été livré et installé le 27 janvier 2023 selon procès-verbal de réception signé entre le locataire et le fournisseur du matériel, la société [G].
[G] a facturé l’équipement à [G] [S] pour un montant de 5 123,07 € HT.
Mme [Z] n’a pas payé le loyer de juillet 2024. Par LRAR du 30 août 2024, [G] [S] a mis en demeure Mme [Z] d’avoir à procéder au règlement du loyer échu. Aucune suite n’a été donnée à cette mise en demeure.
Les loyers ayant cessé d’être payés définitivement à compter du 1 er octobre 2024, [G] [S] a notifié la résiliation du contrat à Mme [Z] par LRAR du 3 juin 2025 en application de l’article 3 des conditions générales.
Procédure
C’est dans ces circonstances qu’ [G] [S] a fait assigner Mme [Z] le 17 septembre 2025 en référé devant le président de ce tribunal par acte de commissaire de justice signifié en étude, lui demandant de :
Vu l’article 873 du code de procédure civile, Vu l’article 1103 du code civil,
Recevoir l’intégralité des moyens et prétentions d'[G] [S],
Condamner à titre provisionnel Mme [Z] à payer à [G] [S] la somme de 1 461,62 € TTC au titre des loyers échus majorée d’intérêts de retard calculés prorata temporis par application du taux de l’intérêt légal multiplié par trois sur le montant toutes taxes comprises des sommes dues à compter du premier jour de retard,
Condamner à titre provisionnel Mme [Z] à payer à [G] [S] la somme de 360 € au titre de l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, conformément à l’article L. 441-10 du code de commerce,
Condamner à titre provisionnel Mme [Z] à payer à [G] [S] au titre des loyers restant à échoir HT la somme de 4 330,24 € majorée d’une indemnité de résiliation de 10 % d’un montant de 433,02 € sur les loyers HT,
Condamner Mme [Z] à payer à [G] [S] la somme de 1 200 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile,
Condamner Mme [Z] en tous les dépens.
Seule [G] [S] comparaît à notre audience du 9 octobre 2025, où elle réitère oralement les demandes formées dans son acte introductif d’instance.
Bien que régulièrement convoquées, Mme [Z] ne comparaît pas, ne constitue pas avocat et ne conclut pas.
Discussion et motivation
L’article 472 du code de procédure civile dispose :
« Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée ».
sur la résiliation du contrat
L’article 3 – 'Résiliation du contrat’ des conditions générales du contrat de location financière d'[G] [S] stipule en son paragraphe 3.1 : « [Résiliation] Dans les cas suivants : nonpaiement par le locataire à son échéance d’un terme de loyer ou de tout somme exigible en vertu du présent contrat ».
Par LRAR du 30 août 2024, [G] [S] a mis en demeure Mme [Z] de lui régler l’échéance de juillet 2024 du contrat restée impayée pour un montant de 162,38 € TTC, en vain.
Mme [Z] n’a plus réglé les loyers à compter du 1 er octobre 2024.
Par LRAR du 3 juin 2025, [G] [S] a prononcé la résiliation de plein droit du contrat de location financière. Les conditions de mise en œuvre de la clause résolutoire précitée ont donc été respectées par [G] [S].
Il y a ainsi lieu de constater la résiliation du contrat de location financière par [G] [S].
sur la demande de condamnation au paiement d’une provision
[G] [S] e xpose que Mme [Z] restait à lui devoir au mois de juin 2025 9 loyers impayés au titre du contrat de location financière ; qu’elle a prononcé la résiliation de ce contrat le 3 juin 2025 après une mise en demeure restée sans effet.
Elle nous demande ainsi le paiement des sommes de :
* 1 461,42 € TTC pour les loyers impayés,
* 4 330,24 € pour les loyers à échoir devenus exigibles,
* 433,02 € au titre de l’indemnité de résiliation de 10%
* et une indemnité pour frais de recouvrement de 360 €,
outre intérêts de retard calculés pro rata temporis par application du taux de l’intérêt légal multiplié par trois sur le montant TTC des sommes dues à compter du premier jour de retard.
Mme [Z] n’oppose aucune contestation aux demandes d'[G] [S].
Sur ce, nous motiverons comme suit la présente ordonnance :
L’article 873 alinéa 2 du code de procédure civile dispose : « Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, [le président du tribunal] peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire ».
[G] [S] produit :
* le contrat de location financière du 8 juillet 2022, ainsi que le bon de commande correspondant,
* le procès-verbal de réception de l’installation du 27 janvier 2023,
* les 9 factures de loyers impayés des échéances de juillet 2024 et d’octobre 2024 à mai 2025, dont le total se monte à 1 461,42 €
* la lettre de mise en demeure et la lettre de résiliation.
Elle opère le décompte suivant :
* 9 loyers impayés pour un montant de : 135,32 € x 9 = 1 217,88 € HT / 1 461,42 € TTC,
* 32 loyers à échoir pour un montant de : 135,32 € x 32 = 4 330,24 €,
* indemnité de 10% sur les loyers à échoir = 4 330,24 x 10% = 433,02 €.
Les différentes pièces étant concordantes et n’étant pas contestées, il convient ainsi de condamner Mme [Z] à payer à [G] [S] le montant des loyers impayés, soit 1 461,42 € TTC.
[G] [S] demande l’application de pénalités de retard calculées pro rata temporis par application du taux de l’intérêt légal multiplié par trois sur le montant TTC des sommes dues à compter du premier jour de retard conformément aux dispositions de l’article L. 441-10 II du code de commerce, soit en l’espèce, les loyers étant payables terme à échoir, le 2 juillet 2024, le 2 octobre 2024, le 2 novembre 2024, le 2 décembre 2024, le 2 janvier 2025, le 2 février 2025, le 2 avril 2025 et le 2 mai 2025
Les dispositions de cet article étant d’ordre public, nous les accorderons.
[G] [S] demande également le paiement des loyers à échoir jusqu’au terme du contrat, ainsi qu’une indemnité de résiliation de 10% selon les stipulations du contrat de location financière en son article 3.5 qui stipule :
« le locataire devra dès la résiliation du contrat restituer immédiatement le matériel dans les conditions prévues à l’article 8.1 et verser au bailleur les sommes suivantes :
a. l’ensemble des sommes dues au titre des échéances impayées telles que définies à l’article 2.5,
b. la totalité des loyers TTC restant à échoir postérieurement à la résiliation, jusqu’au terme du contrat,
c. une indemnité de résiliation égale à 10% de la totalité des loyers restant à échoir à la date de résiliation et ce, sans préjudice des éventuelles condamnations susceptibles d’être prononcées à l’encontre du locataire sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. Cette indemnité sera diminuée du prix de la revente par le bailleur du matériel restitué ».
Les deux demandes d'[G] [S] s’analysent chacune comme une clause pénale au sens des dispositions applicables du code civil.
Nous notons que l’ensemble de ces demandes représente un montant de (4 330,24 + 433,02) = 4 768,26 €, qui doit être rapproché de la valeur d’achat du matériel loué par [G] [S] à [Q] de 5 123,07 € HT.
En conséquence, nous condamnerons [Q] à payer une provision de 4 000 € à [G] [S] à valoir au titre des clauses pénales contractuelles et dirons n’y avoir lieu à référé pour le surplus.
L’article L. 441-10 II du code de commerce stipule qu’une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement est due en cas de retard de paiement. S’agissant d’une indemnité, elle n’est pas soumise à la TVA. Il convient donc de condamner [Q] au montant de 9 x 40 € = 360 € à ce titre.
Enfin, il convient de condamner [Q] à payer à [G] [S] une somme de 500 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux dépens, déboutant du surplus.
Par ces motifs
Nous, président,
constatons la résiliation du contrat de location financière n°NH15816 le 3 juin 2025 par la société anonyme [G] [S],
condamnons Mme [N] [Z] à payer à la société anonyme [G] [S] la somme provisionnelle de 1 461,42 € € au titre des factures de loyers impayées, augmentée d’intérêts moratoires égaux au taux de l’intérêt légal multiplié par trois à compter du lendemain de la date d’échéance de chaque facture,
condamnons Mme [N] [Z] à payer à la société anonyme [G] [S] la somme provisionnelle de 4 000 € à valoir au titre des clauses pénales,
condamnons Mme [N] [Z] à payer à la société anonyme [G] [S] la somme de 500 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
condamnons Mme [N] [Z] aux dépens de l’instance,
Rappelons que l’exécution provisoire est de droit.
Liquidons les dépens à recouvrer par le greffe à la somme de 38,65 euros, dont TVA 6,44 euros.
Disons que la présente ordonnance est mise à disposition au greffe de ce tribunal, les parties en ayant été préalablement avisées verbalement lors des débats dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile.
La minute de la présente ordonnance est signée électroniquement par le président par délégation, et par le greffier.
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