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Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, réf. cab. 2, 15 janv. 2025, n° 23/04855 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 23/04855 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | CPAM DES BOUCHES DU RH<unk>NE, La Mutuelle Des Sportifs |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
ORDONNANCE DE REFERE N°25/
Référés Cabinet 2
ORDONNANCE DU : 15 Janvier 2025
Président : Madame PONCET, Juge,
Greffier : Madame DUFOURGNIAUD, Greffier
Débats en audience publique le : 04 Décembre 2024
N° RG 23/04855 – N° Portalis DBW3-W-B7H-364T
PARTIES :
DEMANDEUR
Monsieur [L] [M], né le [Date naissance 3] 1977 à [Localité 13]
demeurant [Adresse 6]
représenté par Me Laura PEREZ, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDERESSES
CPAM DES BOUCHES DU RHÔNE
Dont le siège social est sis [Adresse 8]
pris en la personne de son représentant légal
non comparante
L’Union Sportive [Localité 10] [Localité 9] Catalans
dont le siège social est sis [Adresse 4]
pris en la personne de son représentant légal
représentée par Me Jean-Marc SOCRATE, avocat au barreau de MARSEILLE
ET ENCORE EN LA CAUSE : RG N°24/3851
DEMANDERESSE
L’Union Sportive [Localité 10] [Localité 9] Catalans
dont le siège social est sis [Adresse 4]
pris en la personne de son représentant légal
représenté par Me Jean-Marc SOCRATE, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDERESSE
La Mutuelle Des Sportifs
dont le siège social est sis [Adresse 5]
pris en la personne de son représentant légal
représentée par Me Hélène MARTY, avocat postulant au barreau de MARSEILLE et Me Jacques LANG, avocat plaidant au barreau de Paris
EXPOSE DU LITIGE
Monsieur [L] [M], licencié au sein du club de football de [Localité 11], a été victime d’une blessure au tendon d’Achille le 20 novembre 2021 lors d’un match de championnat Vétérans organisée par l’association Union Sportive [Localité 10] [Localité 9] Catalans, qui a été causé par Monsieur [I] [H], alors licencié auprès de l’association Union Sportive [Localité 10] [Localité 9] Catalans.
Suite à une IRM ayant permis de conclure à la rupture quasi-complète du tendon d’Achille au niveau du tiers inférieur, une intervention chirurgicale a eu lieu le 2 décembre 2021.
Suivant acte de commissaires de justice en date du 4 octobre 2023, Monsieur [L] [M] a assigné la MAIF, l’association Union Sportive [Localité 10] [Localité 9] Catalans et la Caisse primaire d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône (CPAM) en référé aux fins de voir ordonner une expertise et obtenir une provision de 4000€ à valoir sur l’indemnisation définitive de son préjudice.
Cette procédure a été enregistrée sous le numéro RG23/4855.
Suivant acte de commissaires de justice en date du 4 octobre 2023, l’association Union Sportive [Localité 10] [Localité 9] Catalans a assigné la Mutuelle des Sportifs en référé aux fins de voir ordonner la jonction des procédures, condamner la Mutuelle des Sportifs à la relever et garantir de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre, dire l’expertise contradictoire à la Mutuelle des Sportifs.
Cette procédure a été enregistrée sous le numéro RG24/3851.
A l’audience du 4 décembre 2024, Monsieur [L] [M], par l’intermédiaire de son avocat, a maintenu ses demandes, faisant valoir ses moyens tels qu’exprimés dans son assignation à laquelle il convient de se reporter. Il demande au tribunal, d’ordonner une expertise et de condamner l’association Union Sportive Marseille Endoume Catalans au paiement :
— d’une provision de 2 000 euros ;
— de la somme de 1 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
— des dépens.
Il sollicite par ailleurs que soit ordonnée l’exécution de l’ordonnance de référé à intervenir au seul vu de la minute.
En défense, l’association Union Sportive [Localité 10] [Localité 9] Catalans, par l’intermédiaire de son conseil, faisant valoir ses moyens tels qu’exprimés dans son assignation à laquelle il convient de se reporter, demande au juge des référés de :
— déclarer recevable et bien fondée l’appel en cause de la mutuelle des sportifs ;
— ordonner la jonction de la présente affaire avec celle initiée par Monsieur [L] [M] ;
— condamner la Mutuelle des Sportifs à relever et garantir l’association Union Sportive [Localité 10] [Localité 9] Catalans de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre ;
— dire que l’expertise qui sera ordonnée le sera au contradictoire de la mutuelle des sportifs ;
— condamner la mutuelle des sportifs aux dépens.
La Mutuelle des Sportifs, par l’intermédiaire de son conseil, faisant valoir ses moyens tels qu’exprimés dans ses conclusions auxquelles il convient de se reporter, demande au juge des référés de :
— déclarer hors de cause la Mutuelle des Sportifs ;
— débouter toutes parties de toute demande à l’encontre de la Mutuelle des Sportifs ;
— condamner l’association Union Sportive [Localité 10] [Localité 9] Catalans au paiement de la somme de 3000€ sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens.
La Caisse primaire d’assurance maladie des Bouches du Rhône, assignée à personne morale, n’a pas comparu et n’était pas représentée. Toutefois, la Caisse primaire d’assurance maladie des Hautes Alpes a adressé un courrier à la juridiction parvenu au greffe le 29 septembre 2024 dans lequel elle indique s’être vue confiée cette affaire, ne pas souhaiter intervenir dans l’instance à ce stade et ne pas être en mesure de faire connaitre le montant définitif de ses débours.
L’affaire a été mise en délibéré au 15 janvier 2025, date à laquelle la décision a été rendue.
SUR QUOI, NOUS, JUGE DES RÉFÉRÉS,
Sur l’expertise
L’article 145 du code de procédure civile dispose : « S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. »
L’existence de contestations, même sérieuses, ne constitue pas un obstacle à la mise en œuvre des dispositions de l’article précité. Il appartient uniquement au juge des référés de caractériser le motif légitime d’ordonner une mesure d’instruction, sans qu’il soit nécessaire de procéder préalablement à l’examen de la recevabilité d’une éventuelle action, non plus que de ses chances de succès sur le fond.
Il suffit de constater qu’un tel procès est possible, qu’il a un objet et un fondement suffisamment déterminés, que sa solution peut dépendre de la mesure d’instruction sollicitée et que celle-ci ne porte aucune atteinte illégitime aux droits et libertés fondamentaux d’autrui.
En l’état de la situation telle que décrite dans l’exposé du litige, il y a lieu de faire droit à la demande d’expertise qui répond à un motif légitime au sens de l’article 145 du code de procédure civile. Il est démontré que Monsieur [L] [M] a subi une blessure à l’occasion d’un match de football intervenu le 20 novembre 2021.
Cela ressort en effet de la feuille de match, du rapport établi par l’arbitre de la rencontre et des pièces médicales versés aux débats.
En conclusion, l’expertise médicale de Monsieur [L] [M] sera ordonnée.
Sur la demande provisionnelle
Il ressort de l’article 835 du code de procédure civile que le président du tribunal judiciaire peut toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
En l’espèce, il apparait que l’assureur qui a été mis dans la cause par l’association Union Sportive [Localité 10] [Localité 9] Catalans ne soit pas finalement concerné en qualité d’assureur mais qu’il faille mettre dans la cause la compagnie d’assurance ALLIANZ. Par ailleurs la demande de provision se heurte à des contestations sérieuses incontournables ne permettant pas d’y faire droit. Il n’appartient pas au juge des référés, juge de l’évidence, de trancher les questions de responsabilité. Cela suppose une analyse des conditions de responsabilité en jeu, ce qui excède les pouvoirs du juge des référés.
En conclusion, la demande de provision sera rejetée.
Sur les demandes accessoires
Les dépens
Aux termes de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
En l’espèce, Monsieur [L] [M] conservera la charge des dépens de l’instance en référé.
L’article 700 du code de procédure civile
Aux termes de l’article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer 1° à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations.
En l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit à la demande formulée en vertu de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS, JUGEANT PAR ORDONNANCE PRONONCÉE PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE, REPUTEE CONTRADICTOIRE ET EN PREMIER RESSORT,
ORDONNONS une expertise médicale de Monsieur [L] [M];
COMMETTONS pour y procéder :
ZUCK Sophie Anne Maeva
CHU de [Localité 10] Hôpital de la [Adresse 12] [Adresse 7]
[Localité 2]
Tél : [XXXXXXXX01]
Fax : 04.91.32.33.31
Mèl : [Courriel 14]
Expert inscrit auprès de la cour d’appel d’AIX-EN-PROVENCE, avec pour mission de:
— convoquer et entendre les parties, assistées, le cas échéant, de leurs conseils, et recueillir leurs observations à l’occasion de l’exécution des opérations ou de la tenue des réunions d’expertise,
— examiner Monsieur [L] [M], décrire les lésions causées par l’accident après s’être fait communiquer le dossier médical et toutes pièces médicales relatives aux examens, soins et interventions pratiquées et ce par la victime ou tout tiers détenteur, mais dans ce cas avec l’accord de la victime, indiquer les traitements appliqués, l’évolution et l’état actuel des lésions et dire si elles sont en relation directe et certaine avec l’accident,
— en cas d’état antérieur le décrire en ne retenant que les antécédents pouvant avoir une incidence sur les lésions ou séquelles, dire son incidence sur l’état de la victime,
— dire la date à laquelle la consolidation des blessures a été obtenue,
En l’absence de consolidation dire à quelle date il conviendra de revoir la victime, préciser si possible dans une fourchette minima/maxima les dommages prévisibles pour l’évaluation d’une éventuelle provision,
— Pertes de gains professionnels actuels
Indiquer les périodes pendant lesquelles Monsieur [L] [M] a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l’incapacité d’exercer totalement ou partiellement son activité professionnelle, et en cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée, préciser la durée des arrêts de travail retenus par l’organisme social au vu des justificatifs produits (ex : décomptes de l’organisme de sécurité sociale), et dire si ces arrêts de travail sont liés au fait dommageable ;
— Déficit fonctionnel temporaire
Indiquer les périodes pendant lesquelles Monsieur [L] [M] a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire dans l’incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles et en cas d’incapacité partielle, préciser le taux et la durée ;
— Fixer la date de consolidation et, en l’absence de consolidation, dire à quelle date il conviendra de revoir Monsieur [L] [M]; préciser, lorsque cela est possible, les dommages prévisibles pour l’évaluation d’une éventuelle provision ;
— Déficit fonctionnel permanent
Indiquer si, après la consolidation, Monsieur [L] [M] subit un déficit fonctionnel, et en évaluer l’importance et en chiffrer le taux ; dans l’hypothèse d’un état antérieur préciser en quoi l’accident a eu une incidence sur cet état antérieur et décrire les conséquences ;
— Assistance par tierce personne
Indiquer le cas échéant si l’assistance constante ou occasionnelle d’une tierce personne (étrangère ou non à la famille) est ou a été nécessaire pour effectuer les démarches et plus généralement pour accomplir les actes de la vie quotidienne, et préciser la nature de l’aide à prodiguer et sa durée quotidienne ;
— Dépenses de santé futures
Décrire les soins futurs et les aides techniques compensatoires au handicap de Monsieur [L] [M] (prothèses, appareillages spécifiques, véhicule) en précisant la fréquence de leur renouvellement ;
— Frais de logement et/ou de véhicules adaptés
Donner son avis sur d’éventuels aménagements nécessaires pour permettre, le cas échéant, à Monsieur [L] [M] d’adapter son logement et/ou son véhicule à son handicap ;
— Pertes de gains professionnels futurs
Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne l’obligation pour Monsieur [L] [M] de cesser totalement ou partiellement son activité professionnellement ou de changer d’activité professionnelle ;
— Incidence professionnelle
Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne d’autres répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future (obligation de formation pour un reclassement professionnel, pénibilité accrue dans son activité, « dévalorisation » sur le marché du travail, etc.) ;
— Préjudice scolaire, universitaire ou de formation
Si Monsieur [L] [M] est scolarisé ou en cours d’études, dire si en raison des lésions consécutives du fait traumatique, il subit une perte d’année scolaire, universitaire ou de formation, l’obligeant, le cas échéant, à se réorienter ou à renoncer à certaines formations ;
— Souffrances endurées
Décrire les souffrances physiques, psychiques ou morales découlant des blessures subies pendant la maladie traumatique (avant consolidation) et les évaluer distinctement dans une échelle de 1 à 7 ;
— Préjudice esthétique temporaire et/ou définitif
Donner un avis sur l’existence, la nature ou l’importance du préjudice esthétique, en distinguant éventuellement le préjudice temporaire et le préjudice définitif. Evaluer distinctement les préjudices temporaire et définitif sur une échelle de 1 à 7 ;
— Préjudice sexuel
Indiquer s’il existe ou s’il existera un préjudice sexuel (perte ou diminution de la libido, impuissance ou frigidité, perte de fertilité) ;
— Préjudice d’établissement
Dire si Monsieur [L] [M] subit une perte d’espoir ou de chance de normalement réaliser un projet de vie familiale ;
— Préjudice d’agrément
Indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si Monsieur [L] [M] est empêché en tout ou partie de se livrer à ces activités spécifiques de sport ou de loisir ;
— Préjudice permanents exceptionnels
Dire si Monsieur [L] [M] subit des préjudices permanents exceptionnels correspondant à des préjudices atypiques directement liés aux handicaps permanents ;
— Dire si l’état de Monsieur [L] [M] est susceptible de modification en aggravation ;
— Etablir un état récapitulatif de l’ensemble des postes énumérés dans la mission ;
— de manière plus générale, faire toute contestation ou observations propres à éclairer le juge du fond dans la résolution du litige en cause ;
— Provoquer les observations des parties en leur adressant un pré rapport de ses opérations en leur impartissant un délai d’un mois pour présenter leurs dires, y répondre et déposer son rapport dans les huit mois de la consignation de la provision, sauf prorogation de délai ;
Disons que l’expert pourra s’adjoindre tout sapiteur de son choix, d’une spécialité différente de la sienne ;
Disons que l’expert sera mis en œuvre et accomplira sa mission conformément aux dispositions des articles 263 et suivants du code de procédure civile, et qu’en cas d’empêchement il sera remplacé par simple ordonnance sur requête ;
Fixons à la somme de 825 euros HT la provision à consigner par Monsieur [L] [M] à la Régie du Tribunal judiciaire de MARSEILLE dans les trois mois de la présente, à peine de caducité de la décision ordonnant l’expertise ;
Disons que le montant de la TVA devra être directement versé à la Régie du Tribunal par Monsieur [L] [M] dès que l’expert lui aura signifié par écrit son assujettissement à cette taxe,
Dans l’hypothèse où Monsieur [L] [M] bénéficierait de l’Aide juridictionnelle, Monsieur [L] [M] serait dispensé du paiement de la consignation et les frais seront recouvrés comme en matière d’aide juridictionnelle ;
Disons que dans l’hypothèse d’adjonction d’un sapiteur, mais seulement dans une spécialité distincte de la sienne, l’expert en avisera le magistrat chargé du contrôle des expertises aux fins de fixation d’une consignation complémentaire ;
Désignons le magistrat chargé du contrôle des expertises du tribunal judiciaire de MARSEILLE pour surveiller l’expertise ordonnée ;
Disons que les opérations d’expertise pourront être effectuées sous forme dématérialisée par utilisation de la plate-forme OPALEXE ;
DISONS n’y avoir lieu de faire droit à la demande de provision ;
DISONS n’y avoir lieu de faire droit à la demande formulée en application de l’article 700 du Code de procédure civile ;
LAISSONS les dépens de l’instance en référé à la charge de Monsieur [L] [M], sauf décision contraire ultérieure ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est, de plein droit, exécutoire par provision.
LE GREFFIER LE MAGISTRAT
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