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Sur la décision
| Référence : | TJ Nice, ch. des réf., 3 mars 2026, n° 25/02113 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/02113 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 12 mars 2026 |
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Texte intégral
COUR D’APPEL D'[Localité 1]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NICE
JUGEMENT – PROCÉDURE ACCÉLERÉE AU FOND
N° RG 25/02113 – N° Portalis DBWR-W-B7J-Q5CP
Du 03 Mars 2026
Affaire : Syndic. de copro. [Adresse 1]
c/ S.C.I. JUDO
Copie exécutoire délivrée à
le
Président : Madame Céline POLOU, Vice-Présidente, assistée lors des débats par Madame Wendy NICART, Greffier et lors du prononcé par Madame Wendy NICART, Greffier, qui a signé la minute avec le président
Vu l’assignation délivrée par exploit en date du 16 Décembre 2025, déposée par commissaire de justice,
A la requête de :
Syndic. de copro. LES RHODODENDRONS, sis [Adresse 2]
Représenté par son syndic en exercice CITYA BAIE DES ANGES
[Adresse 3]
[Localité 2]
Rep/assistant : Me Jennifer SALLES de la SELARL CABINET D’AVOCATS SALLES & ASSOCIES, avocats au barreau de NICE
DEMANDEUR
Contre :
S.C.I. JUDO
[Adresse 4]
[Localité 3]
Non comparante ni représentée
DEFENDERESSE
Après avoir entendu les parties en leurs explications à l’audience publique du 20 Janvier 2026, au cours de laquelle l’affaire a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 03 Mars 2026.
EXPOSE DU LITIGE
La SCI JUDO est propriétaire du lot n° 23 au sein de la copropriété de l’immeuble situé [Adresse 5].
Faisant valoir que des charges de copropriété demeurent impayées, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble LES RHODODENDRONS a, par acte de commissaire de justice du 16 décembre 2025, fait assigner la SCI JUDO devant le Président du tribunal judiciaire de Nice selon la procédure accélérée au fond, aux fins d’obtenir sa condamnation à lui payer les sommes suivantes :
2361,55 euros au titre des charges et provisions échues au 20 novembre 2025 outre intérêts à compter de la présente assignation ; 300 euros à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi ; 1500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens lesquels comprendront notamment les droits et émoluments des actes d’huissier de justice, le droit de recouvrement dans le cas de la mise en exécution de la décision à intervenir, ou d’encaissement perçus tels que prévus par l’article 10-1de la loi 10 juillet 1965, le tout lié au défaut de paiement.
À l’audience du 20 janvier 2026, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble LES RHODODENDRONS représenté par son conseil, a maintenu ses demandes.
La SCI JUDO, régulièrement assignée par acte déposé en l’étude n’a pas comparu et ne s’est pas fait représenter.
L’affaire a été mise en délibéré au 3 mars 2026.
MOTIFS
Sur la demande en paiement au titre des charges :
L’article 481-1 du code de procédure civile dispose : “À moins qu’il en soit disposé autrement, lorsqu’il est prévu par la loi ou le règlement qu’il est statué selon la procédure accélérée au fond, la demande est formée, instruite et jugée dans les conditions suivantes :
1o La demande est portée par voie d’assignation à une audience tenue aux jour et heure prévus à cet effet ;
2o Le juge est saisi par la remise d’une copie de l’assignation au greffe avant la date fixée pour l’audience, sous peine de caducité de l’assignation constatée d’office par ordonnance du juge, ou, à défaut, à la requête d’une partie ;
3o Le jour de l’audience, le juge s’assure qu’il s’est écoulé un temps suffisant depuis l’assignation pour que la partie assignée ait pu préparer sa défense. La procédure est orale ; (…)
6o Le jugement est exécutoire de droit à titre provisoire dans les conditions prévues aux articles 514-1 à 514-6 ” ;
Selon l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restantes dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1.
Il est de principe que l’approbation des comptes par l’assemblée générale rend certaine, liquide et exigible la créance du syndicat des copropriétaires relative à chaque quote-part de charges.
En l’espèce, la SCI JUDO est propriétaire du lot n° 23 dépendant de l’immeuble LES RHODODENDRONS.
Il versé aux débats un procès-verbal de carence dressé par le conciliateur de justice, saisi par le syndicat des copropriétaires.
Il ressort des procès-verbaux d’assemblée générale des 28 mars 2024 et 13 décembre 2024 que les copropriétaires ont approuvé les comptes pour les exercices du 1er juillet 2023 au 30 juin 2025 et ont adopté les budgets prévisionnels de l’exercice allant du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026.
Le syndicat des copropriétaires verse aux débats les appels de fonds adressés à la SCI JUDO pour la période considérée ainsi que deux mises en demeure des 17 avril et 12 mai 2025 envoyées par lettre recommandée avec avis de réception, portant sur la somme de 677,20 euros et 728.80 euros (avis de réception non réclamé et signé) lui précisant qu’à défaut de paiement dans le délai de trente jours, il sera sollicité sa condamnation au paiement des charges échues et à échoir.
Elle lui a fait signifier une sommation de payer le 19 juin 2025 portant sur la somme de 1300,45 euros.
Il ressort du décompte versé en date du 20 novembre 2025, que la SCI JUDO ne s’est pas acquittée des sommes visées dans les mises en demeure dans le délai imparti et qu’elle est redevable de la somme de 767,50 euros déduction faite des frais de recouvrement qui seront examinés au paragraphe suivant.
Dès lors, force est de considérer que la SCI JUDO qui n’a pas comparu et qui n’a fait valoir aucun moyen contraire, est bien redevable de la somme de 767,50 euros au titre des charges de copropriété échues au 20 novembre 2025.
Elle sera en conséquence condamnée au paiement de la somme de 767,50 euros et ce avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation.
Sur la demande au titre des frais au sens de l’article 10-1 de la loi de 1965 :
L’article 10-1 de la loi dispose que par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 10, sont imputables au seul copropriétaire concerné :
a) Les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur ;
S’agissant des frais nécessaires au sens de l’article 10-1 de la loi, pour que l’imputation des frais de recouvrement au copropriétaire défaillant soit admise, plusieurs conditions doivent être réunies, résultant de la rédaction même du texte :
— une mise en demeure préalable,
— la créance invoquée par le syndicat des copropriétaires doit être justifiée,
— les frais exposés doivent être nécessaires, ce qui est soumis à l’appréciation du tribunal qui doit rechercher parmi les frais et honoraires afférents à la procédure diligentée à son encontre, quels sont ceux qui s’avèrent nécessaires au recouvrement de la créance.
En l’espèce, le syndic a, par lettres recommandées des 17 avril et 12 mai 2025, mis en demeure la SCI JUDO de régler les charges et provisions échues et a adressé une sommation de payer le 19 juin 2025.
Les frais afférents de 192,45 euros sont bien des frais nécessaires au sens du texte susvisé et doivent en conséquence être supportés par ce dernier.
Toutefois, les autres frais de relance n’étant pas justifiés, la demande en paiement formée à ce titre sera rejetée.
En outre, si le contrat de syndic prévoit des honoraires particuliers au titre des frais de relance ou de remise à l’avocat ou commissaire de justice, ces frais ne sauraient davantage être considérés comme procéduralement nécessaires au recouvrement de la créance du syndicat des copropriétaires. En effet, la transmission du dossier à l’avocat ou son suivi constituent des actes élémentaires d’administration de la copropriété et entrent donc dans la mission classique du syndic. Ils peuvent, toutefois, être considérés comme nécessaires selon les circonstances et les démarches exceptionnelles accomplies par le syndic, ce dont il n’est pas justifié en l’espèce. Dès lors, la demande en paiement de la somme de 1200 euros formée à ce titre, sera rejetée.
La SCI JUDO sera donc condamnée à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble la somme de 192,45 euros au titre des frais de recouvrement au sens de l‘article 10-1 de la loi de 1965.
Sur la demande de dommages et intérêts :
Selon l’article 1231-6 du code civil, les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte. Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire.
En sa qualité de copropriétaire, la SCI JUDO est tenue au règlement des charges et provisions afférentes aux lots dont elle est propriétaire.
Toutefois, il n’est pas justifié que le défaut de paiement de ses charges par la défenderesse soit abusif ou traduise une intention de nuire. De même, le syndicat des copropriétaires ne rapporte pas la preuve d’avoir subi un préjudice.
Dès lors, il sera débouté de sa demande à ce titre.
Sur l’article 700 du code de procédure civile et les dépens :
Il sera alloué au syndicat des copropriétaires de l’immeuble LES RHODODENDRONS la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
La SCI JUDO, qui succombe, sera condamnée aux dépens lesquels comprendront notamment les droits et émoluments des actes de commissaire de justice, le droit de recouvrement dans le cas de la mise à exécution de la décision à intervenir, ou d’encaissement perçus tels que prévus par l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, le tout lié au défaut de paiement.
Il convient de rappeler que la présente décision est exécutoire de plein droit à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS
Le juge délégué, statuant selon la procédure accélérée au fond, publiquement par jugement par défaut et en dernier ressort et prononcé par mise à disposition au greffe, avis préalablement donné,
CONDAMNE la SCI JUDO à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble LES RHODODENDRONS, la somme de 767,50 euros au titre des charges et provisions échues au 20 novembre 2025, outre la somme de 192.45 euros au titre des frais nécessaires et ce avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation ;
REJETTE la demande de dommages et intérêts ;
CONDAMNE la SCI JUDO à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble LES RHODODENDRONS la somme de 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE la SCI JUDO aux entiers dépens lesquels comprendront notamment les droits et émoluments des actes de commissaire de justice, le droit de recouvrement dans le cas de la mise à exécution de la décision à intervenir, ou d’encaissement perçus tels que prévus par l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, le tout lié au défaut de paiement ;
DÉBOUTE le syndicat des copropriétaires de l’immeuble LES RHODODENDRONS du surplus de ses demandes ;
RAPPELLE que la présente décision est exécutoire de droit à titre provisoire.
LE GREFFIER LE PRESIDENT
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