Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Nîmes, juge libertes detention, 21 févr. 2026, n° 26/00877 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00877 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de rétention administrative |
| Date de dernière mise à jour : | 3 mars 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
COUR D’APPEL DE NÎMES
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NÎMES
MAGISTRAT DU SIEGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES
Requête: N° RG 26/00877 – N° Portalis DBX2-W-B7K-LNTX
ORDONNANCE DU 21 Février 2026 SUR LA DEMANDE DE SECONDE PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE
Nous, Elodie DUMAS, vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES, assistée de Aurélie ROUBINEAU, Greffier, siégeant publiquement conformément à l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
Vu les articles L. 742-1 à L. 743-25 et les articles R. 743-1 à R. 743-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
En vertu de l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une visio-conférence a été organisée entre le tribunal judiciaire de Nîmes et le centre de rétention de Nîmes pour la tenue de l’audience.
Les avis prévus par les articles R. 743-3 et R . 743-4 du CESEDA ayant été donnés par le greffier ;
Vu la requête reçue au greffe le 20 Février 2026 à 13 heures 18 enregistrée sous le numéro N° RG 26/00877 – N° Portalis DBX2-W-B7K-LNTX présentée par Monsieur PREFET DU VAR concernant
Monsieur [P] [M]
né le 23 Novembre 2002 à [Localité 1] (MAROC)
de nationalité Marocaine ;
Vu l’interdiction de territoire français pour une durée de 5 ans prononcée le 24 septembre 2025 par le tribunal correctionnel de Toulon et notifié le même jour ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 22 janvier 2026 notifiée le 23 janvier 2026 à 09 heures 17 ;
Vu l’ordonnance du 27 janvier 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES autorisant la prolongation de la mesure de rétention pour une durée de 26 jours et confirmée par ordonnance du Premier président de la Cour d’appel de NIMES le 29 janvier 2026 ;
Attendu que Monsieur le Préfet requérant, régulièrement avisé, est représenté par Monsieur [L] [J], fonctionnaire administratif assermenté ;
Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Jean-michel ROSELLO, avocat commis d’office, désigné par Madame le Bâtonnier du Barreau de NÎMES, qui a pris connaissance de la procédure et s’est entretenu librement avec son client ;
Attendu qu’en application de l’article L. 141-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre et savoir lire la langue arabe et a donc été entendue avec l’assistance d’un interprète en cette langue, Monsieur [F], inscrite sur une des listes des experts de la Cour d’Appel
DEROULEMENT DES DEBATS
La personne étrangère déclare : j’ai des preuves en Espagne que j’avais produit lors de la première audience, j’ai entamé des démarches là-bas, j’aurai la possibilité d’en refaire. Je veux sortir de la France pour poursuivre mes démarches en Espagne.
Me [B] [N] ne soulève aucune nullité de procédure ;
***
Sur le fond, le représentant de la Préfecture demande la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [P] [M] : une ITF de 5 ans et une OQTF, il a été reconnu par les autorités marocaines le 16.02.2026, on attend le laissé-passer consulaire, le vol est prévu le 03.03.2026. L’OQTF l’empêche de vivre en Espagne pour une durée d’un an puisque cela concerne toute l’Europe.
***
Sur le fond, Me [B] [N] plaide le non renouvellement de la rétention administrative de son client pour les motifs suivant : dans la requête on indique qu’il est reconnu par les autorités tunisiennes, et ici on vous indique que Monsieur sera renvoyé vers le Maroc. Il y a une contradiction, on doit le renvoyer en Tunisie et non au Maroc. Je vous demande de ne pas faire droit à cette requête, on est tenu par la requête.
La personne étrangère déclare : je reconnais avoir commis une erreur ici en France, on m’a notifié une OQTF mais qu’on me laisse quitter le territoire français. Je n’ai rien de plus à ajouter.
MOTIFS DE LA DECISION
— sur le fond
Attendu que conformément à l’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, un délai de vingt-six jours s’est écoulé depuis l’expiration du délai de 04 jours mentionné au I de l’article L. 741-1 ;
Attendu qu’il est établi, en l’espèce :
1° une urgence absolue ou une menace pour l’ordre public,
2° que l’impossibilité d’exécuter la mesure d’éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l’intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l’obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° que la mesure d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé ou de l’absence de moyens de transport ;
4° que la mesure d’éloignement n’a pu être exécutée en raison d’une délivrance tardive des documents de voyage ;
en ce que Monsieur [P] [M] ne disposait au moment de son interpellation d’aucun document d’identité ni d’aucun document de voyage et n’en a pas davantage communiqué depuis aux autorités administratives, de sorte qu’il est nécessaire de l’identifier formellement avant de pouvoir procéder à son éloignement effectif ; que l’administration justifie avoir accompli les diligences utiles et effectives en saisissant les autorités marocaines d’une demande d’identification, l’étranger déclarant être ressortissant de ce pays ; que l’administration indique qu’une identification est intervenue ; que dans l’attente de la délivrance du laisser-passer consulaire, une demande de réservation aérienne a été réalisée et un vol est d’ores et déjà programmé pour son retour au Maroc le 6 mars 2026 ;
que par ailleurs, le comportement de Monsieur [P] [M] représente une menace pour l’ordre public en ce qu’il a été condamné le 24 septembre 2025 par le tribunal correctionnel de TOULON à une peine de 6 mois d’emprisonnement pour refus d’obtemptérer aggravé, peine qu’il vient d’exécuter en détention ;
La prolongation de la mesure demeure justifiée et nécessaire aux fins qu’il puisse être procédé effectivement à son éloignement.
qu’en conséquence, il sera fait droit à la requête préfectorale ;
PAR CES MOTIFS
DECLARONS la requête recevable
ORDONNONS pour une durée maximale de 30 jours commençant à l’expiration du délai de 26 jours précédemment accordé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire, de Monsieur [P] [M]
né le 23 Novembre 2002 à [Localité 1] (MAROC)
de nationalité Marocaine
et DISONS que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 30 jours à compter du 22 février 2026 ;
RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention de [Localité 2] ;
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d’être frappée d’appel devant le Premier Président de la Cour d’Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d’être prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l’appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d’Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le Préfet demandeur et à Monsieur le Procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Fait à Nîmes, en audience publique, le 21 Février 2026 à
LE GREFFIER LA PRESIDENTE
Reçu notification le 21 Février 2026 à
LE PRÉFET L’INTÉRESSÉ L’AVOCAT L’INTERPRÈTE
Pris connaissance ce jour à heures
☐ de l’ordonnance de maintien en rétention de Monsieur [P] [M]
☐ de l’ordonnance ayant assigné à résidence Monsieur [P] [M]
☐ de l’ordonnance ayant mis fin à la rétention de Monsieur [P] [M]
et déclare :
☐ Faire appel de la présente ordonnance assorti d’une demande d’effet suspensif devant Monsieur le Premier Président
☐ Ne pas faire appel de la présente ordonnance
Le Procureur de la République
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Monsieur PREFET DU VAR
le 21 Février 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée au Centre de Rétention Administrative de [Localité 2];
le 21 Février 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée par le Centre de Rétention Administrative de [Localité 2] au retenu, accompagnée du récépissé de notification ;
le 21 Février 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Me Jean-michel ROSELLO ;
le 21 Février 2026 à par mail Le Greffier
PROCÈS VERBAL DES OPÉRATIONS TECHNIQUES
UTILISATION D’UN MOYEN DE TÉLÉCOMMUNICATION AU COURS D’UNE AUDIENCE TENUE EN MATIERE DE RETENION ADMINISTRATIVE
(art L743-7 du CESEDA)
Visio conférence tenue le 21 Février 2026 entre le Tribunal Judiciaire de NIMES et le Centre de rétention de [Localité 2]
dans la procédure suivie contre :
Monsieur PREFET DU VAR contre Monsieur [P] [M]
Procès verbal établi par Aurélie ROUBINEAU greffier
La communication a été établie à 09h47
Les tests de vérification du caractère correct de la liaison ont été effectués
La communication a été interrompue à 09h53
☐ La liaison n’a pas été perturbée par un incident technique
☐ La liaison a été perturbée par l’incident technique suivant :
Fait à NIMES, le 21 Février 2026
RÉCÉPISSÉ A REMPLIR PAR L’INTERMÉDIAIRE DU CRA DE [Localité 2]
Monsieur [P] [M] reconnaît avoir :
Reçu notification le ………………………… à ……………………………… heures de l’ordonnance de prolongation de la rétention administrative rendue le 21 Février 2026 par Elodie DUMAS, vice-présidente, magistrat du siège de tribunal judiciaire de NIMES
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d’être frappée d’appel devant le Premier Président de la Cour d’Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d’être prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l’appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d’Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le Préfet demandeur et à Monsieur le procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Signature du requérant
Cette ordonnance a été traduite oralement en…………………………………………………….
langue que le requérant comprend ;
le ………………………………………………………… à ……………………… HEURES
Par l’intermédiaire de :
☐………………………………………………………………………, interprète
☐ inscrit sur les listes de la CA ☐ non inscrit sur les listes de la CA
☐ L’ISM, par téléphone
avec …………………………………………….., interprète en langue ……………………………………………………
SIGNATURE (interprète (si présent ) ou personnel du CHU, en précisant la qualité, et l’identité )
MERCI DE FAIRE RETOUR DE CE FORMULAIRE AU GREFFE DU JLD : [Courriel 2] ([XXXXXXXX01])
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Notaire ·
- Tribunal judiciaire ·
- Ordonnance ·
- Changement ·
- Juge ·
- Partage ·
- Associé ·
- Provision ·
- Signature ·
- Mission
- Baux d'habitation ·
- Contrats ·
- Archipel ·
- Habitat ·
- Loyer ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Libération ·
- Établissement ·
- Résiliation du bail ·
- Locataire ·
- Adresses
- Économie mixte ·
- Habitat ·
- Sociétés ·
- Paiement des loyers ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expulsion ·
- Défaut de paiement ·
- Résiliation du bail ·
- Libération ·
- Charges
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Contrats ·
- Mise en état ·
- Tribunal judiciaire ·
- Médiation ·
- Sociétés civiles immobilières ·
- Sursis à statuer ·
- Vice caché ·
- Actes judiciaires ·
- Surseoir ·
- Acte de vente ·
- Juge
- Société générale ·
- Gestion ·
- Tribunal judiciaire ·
- Action ·
- Mise en état ·
- Sursis à statuer ·
- Incident ·
- Prescription ·
- Investissement ·
- Ut singuli
- Tribunal judiciaire ·
- Hospitalisation ·
- Centre hospitalier ·
- Courriel ·
- Consentement ·
- Santé publique ·
- Discours ·
- Trouble mental ·
- Prénom ·
- Personnes
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Adresses ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Mise en demeure ·
- Copropriété ·
- Cabinet ·
- Immeuble ·
- Charges ·
- Lot ·
- Recouvrement ·
- Intérêt
- Message ·
- Tribunal judiciaire ·
- Mise en état ·
- Adresses ·
- Clôture ·
- Juge ·
- Observation ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Syndicat ·
- Gestion
- Droit de la famille ·
- Tribunal judiciaire ·
- Brésil ·
- Divorce ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Mariage ·
- Date ·
- Liquidation amiable ·
- Jugement ·
- Avantages matrimoniaux ·
- Nationalité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Hospitalisation ·
- Santé publique ·
- Établissement ·
- Trouble psychique ·
- Consentement ·
- Urgence ·
- Liberté ·
- Certificat médical ·
- Maintien ·
- Intégrité
- Isolement ·
- Santé publique ·
- Contrôle ·
- Hospitalisation ·
- Idée ·
- Consentement ·
- Juge ·
- Évaluation ·
- Adresses ·
- Hôpitaux
- Internet ·
- Sociétés ·
- Lot ·
- Immeuble ·
- Gérant ·
- Préjudice ·
- In solidum ·
- Faute ·
- Responsabilité ·
- Opérateur
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.