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Sur la décision
| Référence : | TJ Privas, juge des libertes, 29 janv. 2026, n° 26/00314 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00314 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 14 février 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PRIVAS
DOSSIER : N° RG 26/00314 – N° Portalis DBWS-W-B7K-EQWH
AFFAIRE : M. [U] [V]
Exp : M. [U] [V]
Exp : M. P.
Exp : Tiers
Exp : Hôpital Ste [Localité 5]
Exp : Me Laure KACEM-DORNE
ORDONNANCE
DU 29 Janvier 2026 RELATIVE A L’HOSPITALISATION SOUS CONTRAINTE
DEMANDEUR :
HOPITAL [Localité 8] [Adresse 1]
non comparante
PERSONNE HOSPITALISÉE :
Monsieur [U] [V]
né le 20 Juillet 1995 à [Localité 4]
[Adresse 2]
comparant en personne, assisté de Me Laure KACEM-DORNE, avocat au Barreau de l’Ardèche commis d’office,
Nous, Magali ROMERO, magistrat du siège du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de liberté, statuant en application des dispositions des articles L.3211-1 et suivants du Code de la Santé publique, assisté de Tony RUBAGOTTI, Greffier;
Vu le certificat médical initial établi le 21 janvier 2026 par le Dr [I] [K] établissant l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé ;
Vu la décision du directeur du centre hospitalier de [Localité 8] à [Localité 7] en date du 21 janvier 2026 prononçant l’admission de [U] [V] en hospitalisation complète ;
Vu la mention de l’impossibilité d’effectuer l’information donnée dans les 24 heures à la famille, au tuteur ou curateur ou à toute personne ayant qualité à agir pour le patient ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 22 janvier 2026 par le Dr [J];
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 24 janvier 2026 par le Dr [T];
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 24 janvier 2026 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [U] [V] ;
Vu la saisine par le directeur de l’établissement du juge en charge du contrôle des soins contraints reçue au greffe de la juridiction le 26 janvier 2026;
Vu l’avis motivé établi le 26 janvier 2026 par le Dr [J];
Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 26 janvier 2026;
Vu le débat contradictoire en date du 29 janvier 2026;
Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;
MOTIFS DE LA DECISION :
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1°ses troubles rendent impossible son consentement ;
2°son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
L’office du juge judiciaire implique un contrôle relatif à la fois à la régularité de la décision administrative d’admission en soins psychiatriques sans consentement et au bien-fondé de la mesure, en se fondant sur des certificats médicaux.
Il résulte de l’article L. 3216-1 du code de la santé publique que l’irrégularité affectant une décision administrative de soins psychiatriques sans consentement n’entraîne la mainlevée de la mesure que s’il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en fait l’objet. Il appartient donc au juge de rechercher, d’abord, si l’irrégularité affectant la procédure est établie, puis, dans un second temps, si de cette irrégularité résulte une atteinte aux droits de l’intéressé.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
La procédure dite de péril imminent suppose l’existence à la date de l’admission d’un péril imminent pour la santé de la personne constaté dans un certificat médical circonstancié, datant de moins de 15 jours, établi par un médecin extérieur à l’établissement accueillant le malade et qui ne peut être parent ou allié, jusqu’au 4e degré, ni avec le directeur de cet établissement, ni avec la personne malade. Ce certificat constate l’état mental de la personne, les caractéristiques de la maladie ainsi que la nécessité de recevoir des soins et met en évidence le péril imminent pour la santé de la personne. Le péril imminent n’est pas défini par la loi. Pour la Haute autorité de santé, il s’agit d’un danger immédiat pour la santé ou la vie du patient en cas de refus de soins.
[U] [V] était hospitalisé au centre hospitalier de [Localité 8] à [Localité 7] sans son consentement dans les conditions rappelées dans l’en-tête de la présente ordonnance.
Le certificat médical établi le 21 janvier 2026 décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : “patient bipolaire en décompensation, délire non systématisé, hétéroagressivité ”.
Était constatée l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé(e).
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité, notamment qu’il présentait une élévation de l’humeur avec comme facteur précipitant une consommation récente de cannabis, sans notion de rupture thérapeutique. La prise en charge de [U] [V] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L’avis motivé daté du 26 janvier 2026 constatait que le patient avait été hospitalisé pour une décompensation thymique d’allure maniaque, avec des éléments délirants à mécanisme persécutoire, mégalomaniaque et érotomaniaque. Il présentait une instabilité psycho comportementale importante. Le réajustement de son traitement psychotrope avait permis une certaine amélioration de son état. Le contact était meilleur mais l’humeur restait exaltée et une tolérance diminuée à la frustration, avec risque hétéro agressif. L’hospitalisation sous contrainte était jugée nécessaire pour consolider l’alliance thérapeutique et éviter tout risque de passage à l’acte envers autrui.
A l’audience, [U] [V] déclarait que l’hospitalisation se passait bien, puis refusait ensuite de s’exprimer suite à la mention du juge que la procédure n’avait pas été diligentée à la demande de ses parents.
Le représentant de l’établissement de santé, absent à l’audience, ne formulait aucune observation.
Le conseil de [U] [V] était entendu en ses observations. Il indiquait que le patient devait voir le médecin aujourd’hui pour se rendre à [Localité 9] dans un établissement adapté à sa pathologie. Il était sollicité la mainlevée de la mesure d’hospitalisation.
Il résulte de l’ensemble de ces éléments que la procédure relative à l’admission de [U] [V] en hospitalisation complète est régulière, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental de [U] [V] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
PAR CES MOTIFS
Nous, Vice-présidente,
AUTORISONS le maintien de la mesure d’hospitalisation complète sous contrainte de M. [U] [V].
INFORMONS les parties de la possibilité de relever APPEL de cette décision devant le premier président de la Cour d’Appel de [Localité 6] dans le délai de 10 JOURS de la notification de la présente. L’appel est formé auprès de la Cour d’Appel de [Localité 6], [Adresse 3] .
Fait à [Localité 7], le 29 Janvier 2026
Le Greffier, La vice-présidente
Tony RUBAGOTTI Magali ROMERO
Notification à :M. [U] [V] par l’intermédiaire du centre hospitalier
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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