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Sur la décision
| Référence : | TJ Privas, juge des libertes, 9 mars 2026, n° 26/00678 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00678 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 17 mars 2026 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PRIVAS
DOSSIER : N° RG 26/00678 – N° Portalis DBWS-W-B7K-EROM
AFFAIRE : Mme [C] [T]
Exp : Mme [C] [T]
Exp : M. P.
Exp : UDAF 07
Exp : Hôpital Ste [Localité 1]
Exp : Me Emilie GUILLON
ORDONNANCE
DU 09 Mars 2026 RELATIVE A L’HOSPITALISATION SOUS CONTRAINTE
DEMANDEUR :
[Localité 2]
[Adresse 1] [Localité 3] non comparante
PERSONNE HOSPITALISÉE :
Madame [C] [T]
née le 11 Avril 1973 à [Localité 4]
domiciliée : chez Centre hopsitalier Ste [Localité 1] [Adresse 2]
comparante en personne, assistée de Me Emilie GUILLON, avocat au Barreau de l’Ardèche commis d’office,
Nous, Magali ROMERO, magistrat du siège du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de liberté, statuant en application des dispositions des articles L.3211-1 et suivants du Code de la Santé publique, assisté de Tony RUBAGOTTI, Greffier;
Vu la demande d’admission en hospitalisation complète présentée par [O] [S] le 27 février 2026 en qualité de tutrice de la patiente ;
Vu le certificat médical initial établi le vendredi 27 février 2026 par le Dr [Q] établissant un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade ;
Vu la décision du directeur du centre hospitalier de [Localité 5] à [Localité 3] en date du 27 février 2026 prononçant l’admission de [C] [T] en hospitalisation complète ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 28 février 2026 par le Dr [V] ;
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 2 mars 2026 par le Dr [J] ;
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 2 mars 2026 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [C] [T] ;
Vu la saisine du juge par le directeur de l’établissement en charge du contrôle des soins contraints reçue au greffe de la juridiction le 3 mars 2026 ;
Vu l’avis motivé établi le 3 mars 2026 par le Dr [Q] ;
Vu les réquisitions écrites du ministère public
Vu le débat contradictoire en date du 9 mars 2026;
Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;
MOTIFS DE LA DECISION :
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
L’office du juge judiciaire implique un contrôle relatif à la fois à la régularité de la décision administrative d’admission en soins psychiatriques sans consentement et au bien-fondé de la mesure, en se fondant sur des certificats médicaux.
Il résulte de l’article L. 3216-1 du code de la santé publique que l’irrégularité affectant une décision administrative de soins psychiatriques sans consentement n’entraîne la mainlevée de la mesure que s’il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en fait l’objet. Il appartient donc au juge de rechercher, d’abord, si l’irrégularité affectant la procédure est établie, puis, dans un second temps, si de cette irrégularité résulte une atteinte aux droits de l’intéressé.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
En cas d’urgence, lorsqu’il existe un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade, l’article L. 3212-3 du code de la santé publique permet au directeur de l’établissement de santé, à titre exceptionnel, de prononcer à la demande d’un tiers, l’admission en soins psychiatriques d’une personne sur le fondement d’un seul certificat pouvant émaner d’un médecin exerçant dans l’établissement.
[C] [T] était hospitalisée au centre hospitalier de [Localité 5] à [Localité 3] sans son consentement le 27 février 2026 dans les conditions rappelées dans l’en-tête de la présente ordonnance.
Le certificat médical initial établi le 27 février 2026 par le Dr [Q] décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : « la patiente a fait un passage à l’acte hétéro-agressif, elle est instable sur le plan psychomoteur avec des décharges motrices clastiques, insultes et injures. Nous avons tenté une désescalade mais l’état de la patiente s’est empiré. Elle a commencé à se taper la tête contre les murs jusqu’au saignement. La patiente n’a oas conscience de ses troubles, son état impose des soins sous contrainte ». Était constaté le risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade.
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité, notamment qu’elle restait instable et imprévisible avec critique partielle de son geste. Elle avait dû être hospitalisée à l’hôpital général en raison de son état somatique. La prise en charge de [C] [T] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L’avis motivé daté du 3 mars 2026 constatait que la patiente était instable sur le plan moteur et agressive avec les soignants. Elle refusait de prendre son traitement. Elle avait à nouveau fait une crise avec des décharges émotionnelles.
A l’audience, [C] [T] déclarait qu’elle souhaitait être libre et qu’elle voulait s’occuper des animaux.
Le tuteur et tiers demandeur à la mesure, absent à l’audience, ne formulait aucune observation.
Le représentant de l’établissement de santé, absent à l’audience, ne formulait aucune observation.
Le conseil de [C] [T] était entendu en ses observations et ne relevait aucune irrégularité tout en soulignant que l’avis motivé était ancien.
Or, l’avis motivé a été effectué dans les délais prévus par la loi, de sorte que la procédure est régulière.
Il résulte de l’ensemble de ces éléments que la procédure relative à l’admission de [C] [T] en hospitalisation complète est régulière, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental de [C] [T] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
PAR CES MOTIFS
Nous, Vice-présidente,
AUTORISONS le maintien de la mesure d’hospitalisation complète sous contrainte de Mme [C] [T].
INFORMONS les parties de la possibilité de relever APPEL de cette décision devant le premier président de la Cour d’Appel de [Localité 6] dans le délai de 10 JOURS de la notification de la présente. L’appel est formé auprès de la Cour d’Appel de [Localité 6], [Adresse 3] .
Fait à [Localité 3], le 09 Mars 2026
Le Greffier, La vice-présidente
Tony RUBAGOTTI Magali ROMERO
Notification à :Mme [C] [T] par l’intermédiaire du centre hospitalier
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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