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Sur la décision
| Référence : | TJ Vannes, 1re ch., 27 mai 2025, n° 25/00322 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00322 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 25 septembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
22 Place de la République
CS 42503
56019 – VANNES CEDEX
MINUTE N°
N° RG 25/00322 – N° Portalis DBZI-W-B7J-EZGJ
JLD CIVIL
EPSM DU MORBIHAN
[C] [H]
SDTU
ORDONNANCE
rendue le 27 Mai 2025,
Par Madame Véronique CAMPAS, juge en charge du contrôle des soins psychiatriques sans consentement au tribunal judiciaire de VANNES, assistée de Madame Vanessa BARGUES, Greffière,
M. [C] [H]
né le 16 Juillet 1999 à STRASBOURG (BAS RHIN)
représenté par Me Justine BRETON, avocat au barreau de VANNES
Vu la demande d’admission en hospitalisation complète de M. [C] [H] présentée par Mme [V] [K] le 16/05/2025 en qualité de mère du patient ;
Vu le certificat médical initial établi le 16/05/2025 par le Dr [S] établissant un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade ;
Vu la décision du directeur de l’Etablissement Public de Santé Mentale du Morbihan, 22 rue de l’Hôpital à SAINT – AVE en date du 16/05/2025 prononçant l’admission de M. [C] [H] en hospitalisation complète ;
Vu la notification de cette décision ou l’information de la personne hospitalisée, en date du 17/05/2025 ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 17/05/2025 par le Dr [B] ;
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 19/05/2025 par le Dr [O] ;
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 19/05/2025 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de M. [C] [H] ;
Vu la notification de cette décision ou l’information de la personne hospitalisée, en date du 19/05/2025 ;
Vu la saisine par le directeur de l’établissement du juge reçue au greffe de la juridiction le 19/05/2025 ;
Vu l’avis motivé établi le 22/05/2025 par le Dr [Y] ;
Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 26/05/2025 ;
Vu le débat contradictoire en date du 27/05/2025 ;
Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;
MOTIFS DE LA DÉCISION
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
Le juge doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis. Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
M. [C] [H] était hospitalisé à l’Etablissement Public de Santé Mentale du Morbihan sans son consentement le 16/05/2025 dans les conditions rappelées dans l’en-tête de la présente ordonnance.
Le certificat médical initial établi le 16/05/2025 par le Dr [S] décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : “ persécution avec insécurité. Défaut d’insight avec revendication de la prise en charge actuelle. Menaces voilées d’un éventuel passage à l’acte auto ou hétérogaressif. L’alliance thérapeutique est faible voire inexistante. Un passage en unité fermée est nécessaire à ce jour ” chez un patient initialement hospitalisé en soins libres dans un contexte de décompensation de sa schizophrénie suite à une rupture de traitement depuis six mois.
Etait constaté le risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade.
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité notamment une opposition aux soins, une humeur basse, une imprévisibilité en lien avec les éléments délirants, une adhésion fragile aux soins et que la prise en charge de M. [C] [H] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L’avis motivé du docteur [Y] daté du 22/05/2025 constatait que le patient critiquait les troubles, qu’il avait demandé une injection retard pour une situation anxiogène à savoir la fouille de sa voiture par les gendarmes, que le traitement était en cours d’ajustement. Le patient était muté en clinique afin de consolider son état. Une surveillance restait nécessaire alors que le patient s’impatinetait de sortir.
L’avis précisait que l’état de santé de M. [C] [H] était compatible avec son audition par le juge.
A l’audience de ce jour, M. [C] [H] déclarait se sentir mieux avec les injections qui évitaient également la rupture de traitement.Il était d’accord avec la poursuite de l’observation rappelant qu’il bénéficiait d’une permission de sortie pour les deux jours à venir à son domicile en présence de sa mère. Il espérait ensuite pouvoir sortir rapidement avec un programme de soins.
Le représentant de l’établissement de santé sollicitait la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète.
Le conseil de M. [C] [H] était entendu en ses observations.
Il résulte de l’ensemble de ces éléments que la procédure relative à l’admission de M. [C] [H] en hospitalisation complète est régulière, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental de M. [C] [H] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
PAR CES MOTIFS
Maintenons la mesure d’hospitalisation complète dont fait l’objet M. [C] [H] ;
Informons les parties ainsi que leur représentant que le délai d’appel est de dix jours à compter de ce jour et que cet appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’Appel de RENNES (COUR D’APPEL de RENNES – Place du Parlement de Bretagne – CS 66423 – 35064 RENNES CEDEX – MAIL : retention.ca-rennes@justice.fr).
LE GREFFIER LE JUGE
La présente ordonnance a été notifiée le 27/05/2025 :
à M. le Directeur – E.P.S.M – SAINT AVÉ par voie électronique avec accusé de réception à M. [C] [H] par l’intermédiaire de l’E.P.S.M.à Me Justine BRETON, avocat, par voie électronique avec accusé de réception Avis à Mme [V] [K] par voie électronique avec accusé de réception
La présente ordonnance est communiquée à M. le Procureur de la République de VANNES
Le greffier
NOTIFICATION
[C] [H]
N° RG 25/00322 – N° Portalis DBZI-W-B7J-EZGJ
JCIVIL ordonnance du 27 Mai 2025
Le ……………………………………………..
M. [C] [H] reconnaît avoir reçu notification de l’ordonnance rendue le 27 Mai 2025 par le juge en charge du contrôle des soins psychiatriques sans consentement.
Nous indiquons que le délai d’appel est de dix jours à compter de la notification et que cet appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’Appel de RENNES (COUR D’APPEL de RENNES – Place du Parlement de Bretagne – CS 66423 – 35064 RENNES CEDEX – MAIL : retention.ca-rennes@justice.fr)
Signature de la personne :
Le ……………………………………………
M. …………………………………………………………………………………………
Qualité …………………………………………………………………………………..
Le directeur de l’établissement :
❒ déclare que la personne hospitalisée a refusé de signer l’accusé de réception mais que la copie de l’ordonnance et la notification des voies de recours lui ont été remises ;
❒ déclare n’avoir pas pu effectuer la notification à l’intéressée pour les raisons suivantes :
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..
Signature :
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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