Entrée en vigueur le 28 janvier 2024
Est codifié par : Loi n° 92-683 du 22 juillet 1992
Modifié par : LOI n°2024-42 du 26 janvier 2024 - art. 35
La peine d'interdiction du territoire français peut être prononcée, à titre définitif ou pour une durée de dix ans au plus, à l'encontre de tout étranger coupable d'un crime, d'un délit puni d'une peine d'emprisonnement d'une durée supérieure ou égale à trois ans ou d'un délit pour lequel la peine d'interdiction du territoire français est prévue par la loi. Sans préjudice de l'article 131-30-2, la juridiction tient compte de la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français ainsi que de la nature, de l'ancienneté et de l'intensité de ses liens avec la France pour décider de prononcer l'interdiction du territoire français.
L'interdiction du territoire entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière, le cas échéant, à l'expiration de sa peine d'emprisonnement ou de réclusion.
Lorsque l'interdiction du territoire accompagne une peine privative de liberté sans sursis, son application est suspendue pendant le délai d'exécution de la peine. Elle reprend à compter du jour où la privation de liberté a pris fin.
La peine d'interdiction du territoire français cesse ses effets à l'expiration de la durée fixée par la décision de condamnation. Cette durée court à compter de la date à laquelle le condamné a quitté le territoire français, constatée selon des modalités déterminées par décret en Conseil d'Etat.
L'interdiction du territoire français prononcée en même temps qu'une peine d'emprisonnement ne fait pas obstacle à ce que cette peine fasse l'objet, aux fins de préparation d'une demande en relèvement, de mesures de semi-liberté, de placement à l'extérieur, de détention à domicile sous surveillance électronique ou de permissions de sortir.
L'arrêt rendu par la cour administrative d'appel statuant sur appel d'un jugement du tribunal administratif de Strasbourg du 28 novembre 2024 illustre l'articulation entre la protection du parent d'enfant français et la réserve d'ordre public en matière d'éloignement. Un ressortissant tunisien, né en 2001, déclare être entré irrégulièrement en France en janvier 2020. Un premier refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire lui a été opposé par arrêté du 2 juin 2022, confirmé par le tribunal administratif de Strasbourg le 15 novembre 2022. Une seconde obligation de …
Lire la suite…Le 5 mai 2026, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi visant notamment à allonger la rétention administrative de certains étrangers sous OQTF considérés comme dangereux. Cette actualité a remis au premier plan une question pratique : que se passe-t-il lorsqu'une condamnation pénale, une interdiction du territoire français, une OQTF et un placement en rétention se superposent ? Pour la personne condamnée et pour sa famille, la difficulté vient souvent de la confusion entre plusieurs décisions. L'interdiction du territoire français est une peine prononcée …
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Une condamnation pénale peut avoir une conséquence plus lourde que la peine de prison ou l'amende : l'interdiction du territoire français. L'actualité judiciaire de mai 2026 l'a rappelé, avec des décisions de cour criminelle assorties d'une interdiction définitive du territoire français. Pour une personne étrangère installée en France, cette peine peut signifier une expulsion après la détention, une rupture familiale, la perte d'un emploi, l'impossibilité de revenir en France et un risque de nouvelle poursuite en cas de retour irrégulier. La question posée au cabinet est rarement …
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