Rejet 11 mai 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Montreuil, 11 mai 2026, n° 2519422 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Montreuil |
| Numéro : | 2519422 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 16 mai 2026 |
Sur les parties
| Parties : | préfet de la Seine-Saint-Denis |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 octobre 2025, M. B… A…, doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à un rendez-vous afin de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’en l’absence de document provisoire de séjour, il se trouve dans une situation de grande précarité administrative ;
- la mesure demandée présente un caractère utile et ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Toutain, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
M. B… A…, ressortissant indien né le 10 mai 1992 et séjournant régulièrement en France sous couvert d’une carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant » et valable jusqu’au 20 novembre 2024, a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour, tout à la fois, auprès de la préfecture de police, qui lui en a délivré récépissé le 24 mars 2025, et sur la plateforme de l’administration numérique des étrangers en France (ANEF), le 16 juin 2025. Il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à un rendez-vous afin d’obtenir un récépissé l’autorisant à travailler.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai (…) de quatre-vingt-dix jours lorsque l’étranger sollicite la délivrance d’un titre de séjour mentionné aux articles (…) R. 422-5 (…) », à savoir la carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant ».
Il résulte de l’instruction, ainsi qu’il a été rappelé au point 1, que la demande de renouvellement de titre de séjour « étudiant » de M. A… a été déposée auprès de la préfecture de police, le 24 mars 2025, puis sur la plateforme de l’ANEF, le 16 juin 2025. En application des dispositions citées au point précédent, une décision implicite de rejet était née, à la date d’introduction de sa requête, du silence gardé par l’administration pendant quatre-vingt-dix jours à compter du dépôt de ces deux demandes. Par suite, la mesure sollicitée par le requérant aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de cette décision implicite de rejet. Ne pouvant, par ailleurs, être regardée comme permettant de prévenir un péril grave, cette mesure ne saurait ainsi être prononcée par le juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A… doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A… est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B… A…, au ministre de l’intérieur et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 11 mai 2026.
Le juge des référés,
E. Toutain
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Urgence ·
- Commissaire de justice ·
- Décision administrative préalable ·
- Demande ·
- Vie privée ·
- Carte de séjour ·
- Traitement ·
- Irrecevabilité
- Île-de-france ·
- Intérêt ·
- Enfant ·
- L'etat ·
- Famille ·
- Département ·
- Responsabilité ·
- Information erronée ·
- Taux légal ·
- Préjudice
- Maladie ·
- Justice administrative ·
- Directeur général ·
- Service ·
- Recherche scientifique ·
- Congé ·
- Erreur ·
- Harcèlement ·
- Fonctionnaire ·
- Ressources humaines
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Décret ·
- Logement ·
- Propriété des personnes ·
- Police nationale ·
- Personne publique ·
- Service ·
- Concession ·
- Fonctionnaire ·
- Militaire ·
- Précaire
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Maladie ·
- Ville ·
- Juge des référés ·
- Suspension ·
- Traitement ·
- Consolidation ·
- Commissaire de justice ·
- Ressort
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Disposition réglementaire ·
- Acte ·
- Permis de conduire ·
- Formation ·
- Droit commun ·
- Pourvoir ·
- Retrait
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Injonction ·
- Astreinte ·
- Habitation ·
- Construction ·
- Médiation ·
- Logement opposable ·
- Urgence ·
- Droit au logement ·
- Commission ·
- Capacité
- Justice administrative ·
- Carte de séjour ·
- Injonction ·
- Commissaire de justice ·
- Statuer ·
- Sous astreinte ·
- Annulation ·
- Lieu ·
- Pin ·
- L'etat
- Justice administrative ·
- Décision implicite ·
- Recours gracieux ·
- Administration ·
- Solidarité ·
- Rejet ·
- Famille ·
- Agent public ·
- Santé ·
- Commissaire de justice
Sur les mêmes thèmes • 3
- Aide financière ·
- Justice administrative ·
- Département ·
- Commissaire de justice ·
- Règlement intérieur ·
- Légalité externe ·
- Solidarité familiale ·
- Inopérant ·
- Règlement ·
- Tribunaux administratifs
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Mise en demeure ·
- Département ·
- Délai ·
- Logement ·
- Légalité ·
- Voie de fait ·
- L'etat ·
- Épouse
- Justice administrative ·
- Renouvellement ·
- Commissaire de justice ·
- Juge des référés ·
- Décision administrative préalable ·
- Urgence ·
- Demande ·
- Statuer ·
- L'etat ·
- Étudiant
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.