Rejet 22 mai 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Montreuil, 22 mai 2026, n° 2602390 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Montreuil |
| Numéro : | 2602390 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 28 mai 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 février 2026, Mme B… A… demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation d’instruction ou tout autre document provisoire équivalent valant jusqu’à ce qu’il soit statué sur sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que son contrat de travail risque d’être suspendu ;
- la mesure sollicitée présente un caractère utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Toutain, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
Mme B… A…, ressortissante marocaine née le 19 mai 2000 et séjournant régulièrement en France sous couvert d’une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » et valable jusqu’au 30 décembre 2025, a déposé sur le site de l’administration numérique pour les étrangers en France (ANEF), le 7 octobre 2025, une demande de renouvellement de son titre de séjour et s’est vu, à cette occasion, délivrer une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 26 janvier 2026. Elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation d’instruction ou tout autre document provisoire équivalent valant jusqu’à ce qu’il soit statué sur sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Le premier alinéa de l’article R. 432-2 du même code précise : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois (…) ».
Il résulte de l’instruction que la demande de titre de séjour de Mme A… a été déposée le 7 octobre 2025. En application des dispositions citées au point précédent, une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l’administration pendant quatre mois à compter de ce dépôt. Par suite, la mesure sollicitée par la requérante aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de cette décision et est donc insusceptible d’être prescrite par le juge des référés saisi sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A… doit être rejetée. Ce rejet ne fait toutefois pas obstacle à ce que l’intéressée, si elle s’y croit fondée, conteste la décision implicite de rejet mentionnée au point 4 par la voie du recours pour excès de pouvoir et, le cas échéant, du référé tendant à la suspension de l’exécution de cette même décision.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A… est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B… A…, au ministre de l’intérieur et au Préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 22 mai 2026.
Le juge des référés,
E. Toutain
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement ·
- Décentralisation ·
- Aménagement du territoire ·
- Recours administratif ·
- Décision implicite ·
- Acte ·
- Tribunaux administratifs ·
- Droit commun
- Ville ·
- Garde des sceaux ·
- Politique ·
- Décret ·
- Fonctionnaire ·
- Décision implicite ·
- Jeunesse ·
- Commissaire de justice ·
- Ministère ·
- Service
- Justice administrative ·
- Décision implicite ·
- Commissaire de justice ·
- Rejet ·
- Carte de séjour ·
- Titre ·
- Excès de pouvoir ·
- Désistement d'instance ·
- Acte ·
- Droit commun
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Abus de pouvoir ·
- Commissaire de justice ·
- Légalité externe ·
- Contravention ·
- Défaillance ·
- Inopérant ·
- Administration ·
- Tribunaux administratifs ·
- Permis de conduire
- Mayotte ·
- Justice administrative ·
- Éloignement ·
- Enfant ·
- Territoire français ·
- Juge des référés ·
- Interdiction ·
- Autorisation provisoire ·
- Stipulation ·
- Convention internationale
- Territoire français ·
- Interdiction ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Système d'information ·
- Vie privée ·
- Illégalité ·
- Gouvernement ·
- Erreur ·
- Durée
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Commune ·
- Désistement ·
- Commissaire de justice ·
- Sociétés ·
- Permis de construire ·
- Maire ·
- Logement collectif ·
- Acte ·
- Astreinte
- Justice administrative ·
- Désistement ·
- Commissaire de justice ·
- Décision implicite ·
- Rejet ·
- Déclaration préalable ·
- Commune ·
- Défense ·
- Acte ·
- Tribunaux administratifs
- Maire ·
- Conseil municipal ·
- Election ·
- Commune ·
- Tableau ·
- Collectivités territoriales ·
- Secret ·
- Vote ·
- Scrutin ·
- Annulation
Sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Hébergement ·
- Expulsion ·
- Droit d'asile ·
- Urgence ·
- Logement ·
- Séjour des étrangers ·
- Centre d'accueil ·
- Juge des référés ·
- Immigration
- Maire ·
- Mesure disciplinaire ·
- Commune ·
- Justice administrative ·
- Discrimination ·
- Service ·
- Absence ·
- Tiré ·
- Engagement ·
- Délégation
- Évaluation environnementale ·
- Assainissement ·
- Eau usée ·
- Ouvrage ·
- Étude d'impact ·
- Récepteur ·
- Justice administrative ·
- Système ·
- Modification ·
- Autorisation
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.