Rejet 18 juillet 2025
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Sur la décision
| Référence : | TA Nîmes, 3e ch., 18 juil. 2025, n° 2301983 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Nîmes |
| Numéro : | 2301983 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 22 juillet 2025 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juin 2023, Mme A B conteste la décision de la directrice générale de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre du 14 avril 2023, en tant qu’elle lui attribue une aide financière dont le montant est limité à la somme de 1 440 euros.
Elle soutient que :
— le montant de l’aide accordée est insuffisant et sa situation financière a évolué depuis le dépôt de sa demande, son époux ne travaillant plus ;
— elle est née et a grandi dans le camp de Saint-Maurice-l’Ardoise jusqu’à sa fermeture et ses parents n’ont bénéficié d’aucune reconnaissance de leurs préjudices avant leur décès ;
— elle sollicite le réexamen de sa demande.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2023, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
— la requête est irrecevable dès lors qu’elle ne comporte l’exposé d’aucun moyen, en méconnaissance de l’article R. 411-1 du code de justice administrative ;
— à titre subsidiaire, la décision litigieuse est fondée légalement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— le décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 ;
— le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
— le rapport de M. Mouret,
— et les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a sollicité, le 30 décembre 2022, le bénéfice de l’aide de solidarité prévue par le décret du 28 décembre 2018 visé ci-dessus. Par une décision du 14 avril 2023, la directrice générale de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre lui a attribué une aide financière d’un montant de 1 440 euros. Mme B conteste cette décision en tant que le montant de l’aide financière ainsi accordée a été limité à la somme de 1 440 euros.
2. Aux termes de l’article 1er du décret du 28 décembre 2018 instituant un dispositif d’aide à destination des enfants d’anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés : « Les enfants d’anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés, qui ont séjourné pendant au moins quatre-vingt-dix jours dans l’une des structures dont la liste est fixée en annexe au décret n° 2022-394 du 18 mars 2022 relatif à la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, les autres personnes rapatriées d’Algérie anciennement de statut civil de droit local et les membres de leurs familles, à la suite du rapatriement de leur famille sur le territoire national, et qui résident en France de manière stable et effective, peuvent demander, jusqu’au 31 décembre 2022, une aide de solidarité lorsque leurs ressources ne leur permettent pas de s’acquitter de dépenses ayant un caractère essentiel dans les domaines de la santé, du logement ou de la formation et de l’insertion professionnelle. / Nul ne peut bénéficier de plus d’une aide au titre de chacun des trois domaines mentionnés au premier alinéa. Le montant de chaque aide, qui fait l’objet d’un seul versement, ne peut être révisé ». Selon le second alinéa de l’article 2 de ce décret : « Une instruction du directeur général de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre précise les renseignements et documents devant être joints à la demande ». L’article 3 du même décret dispose que : « La décision d’attribution de l’aide est prise, dans la limite des crédits prévus à ce titre au budget de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, par le directeur général de l’Office, après instruction du service départemental ou territorial compétent. / Pour attribuer l’aide et en déterminer le montant, le directeur général de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre prend en compte, d’une part, la durée de séjour du demandeur dans l’une ou plusieurs des structures mentionnées au premier alinéa de l’article 1er et les conditions de scolarisation qu’il y a connues, d’autre part, l’ensemble des éléments de sa situation personnelle en ce qui concerne la composition de son foyer, le niveau de ses revenus et de ses charges, ainsi que la nature et le montant des dépenses mentionnées au premier alinéa de l’article 1er demeurant à sa charge après prise en compte, le cas échéant, des dispositifs de droit commun existants susceptibles de les couvrir ».
3. Par une instruction n° 2020-01/ONACVG du 19 mai 2020, publiée au Bulletin officiel des armées, la directrice générale de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre a défini les modalités de traitement des demandes d’aide présentées au titre du dispositif institué par le décret du 28 décembre 2018. Son annexe 3, intitulée « Fiche d’aide à la décision », précise notamment que le demandeur relevant de la « priorité 4 » – laquelle correspond à une fourchette indicative comprise entre 10 et 30 points – peut se voir attribuer une aide dont le montant correspond à un taux de prise en charge compris entre 0 et 50 % et indique que, pour assurer une homogénéité dans le traitement des demandes, les montants d’aide peuvent varier dans les limites indicatives de 500 euros à 10 000 euros.
4. La directrice générale de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre a, par sa décision du 14 avril 2023, attribué à Mme B une aide d’un montant de 1 440 euros au titre des domaines de la santé et du logement. L’Office national des anciens combattants et victimes de guerre fait valoir que cette décision a été prise en tenant compte de la durée du séjour de Mme B dans les camps, à savoir 3 430 jours, des conditions de scolarité dérogatoires auxquelles elle a été soumise ainsi que de son revenu « réel disponible », lequel s’élève à la somme de 993 euros. D’une part, la requérante ne conteste pas les éléments ainsi pris en compte par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre. D’autre part, si Mme B soutient que le montant de l’aide accordée est insuffisant et se prévaut en particulier de la circonstance que son époux est demandeur d’emploi depuis le mois de janvier 2023, elle ne produit toutefois aucun élément de nature à remettre en cause l’appréciation de la directrice de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, laquelle a estimé qu’elle relevait, compte tenu des 30 points obtenus, de la « priorité 4 ». Dans ces conditions, il n’apparaît pas que la directrice générale de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre aurait commis une erreur manifeste d’appréciation en accordant à Mme B une aide d’un montant de 1 440 euros sur le fondement du décret du 28 décembre 2018.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner la fin de non-recevoir opposée par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d’injonction.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre.
Délibéré après l’audience du 4 juillet 2025, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2025.
Le rapporteur,
R. MOURETLe président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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Textes cités dans la décision
- Décret n°2018-1320 du 28 décembre 2018
- Décret n°2022-394 du 18 mars 2022
- Code de justice administrative
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