Rejet 18 mars 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Orléans, urgences -juge unique, 18 mars 2026, n° 2501882 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif d'Orléans |
| Numéro : | 2501882 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 23 mars 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 avril 2025, Mme B… A… demande au tribunal d’annuler la décision du 1er avril 2025 par laquelle le président du conseil départemental d’Indre-et-Loire a rejeté son recours dirigé contre la décision du 25 septembre 2024 rejetant sa demande de délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ».
Elle soutient qu’elle souffre de polyarthrite rhumatoïde, de gonarthrose au genou gauche et d’une discopathie arthrosique lombaire ce qui l’empêche de faire des déplacements à pied.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2025, le département d’Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le périmètre de marche de la requérante n’est pas inférieur à 200 mètres et qu’elle peut se déplacer à l’extérieur avec difficulté mais sans aide humaine.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux critères d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévus aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l’audience publique.
Les parties n’étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. –La carte « mobilité inclusion » destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / (…) / 3° La mention « stationnement pour personnes handicapées » est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / (…) / La mention « stationnement pour personnes handicapées » permet à son titulaire ou à la tierce personne l’accompagnant d’utiliser, à titre gratuit et sans limitation de la durée de stationnement, toutes les places de stationnement ouvertes au public. / (…) / V bis. – (…) Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l’objet d’un recours devant le juge administratif lorsque la demande concerne la mention « stationnement » de la carte. (…). ».
2. Aux termes de l’article R. 241-12-1 du code de l’action sociale et des familles : « (…) IV. – Pour l’attribution de la mention « stationnement pour personnes handicapées », un arrêté (…) définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur. ». Aux termes de l’annexe de l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). Ce critère est rempli dans les situations suivantes : – la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou- la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : – une aide humaine ; – une prothèse de membre inférieur ; – une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; – un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou – la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ; 2. Critère relatif à l’accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d’une altération d’une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu’elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. (…) ».
3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte de mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociales, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une ou l’autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
4. La requérante soutient qu’elle souffre de polyarthrite rhumatoïde, de gonarthrose au genou gauche et d’une discopathie arthrosique lombaire ce qui l’empêche de faire des déplacements à pied. Toutefois, il ressort du certificat médical à joindre à une demande à la maison départementale des personnes handicapées établi le 20 octobre 2020 par un médecin généraliste que le périmètre de marche de l’intéressée est de 1 000 mètres et qu’elle peut se déplacer à l’extérieur avec difficulté mais sans aide humaine. Par ailleurs, le même certificat médical établi le 16 septembre 2024 par un médecin généraliste mentionne que l’état de santé de la requérante n’a pas évolué. La requérante ne produit aucun document médical de nature à remettre en cause ces éléments et précisant que son état de santé entraîne une réduction importante de sa capacité et de son autonomie de déplacement à pied ou impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. Par suite, il ne résulte pas de l’instruction que la requérante remplit les critères fixés par les dispositions précitées au point 2 permettant la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ».
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A… doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A… est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B… A… et au département d’Indre-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2026.
Le magistrat désigné,
Le greffier,
Jean-Michel DELANDRE
Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au préfet d’Indre-et-Loire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Juge des référés ·
- Ordonnance ·
- Astreinte ·
- Carte de séjour ·
- Droit commun ·
- Pourvoir ·
- Inexecution ·
- Exécution
- Jugement ·
- Astreinte ·
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Exécution ·
- Notification ·
- Tribunaux administratifs ·
- Délai ·
- Demande ·
- Aide juridique
- Maire ·
- Concession ·
- Commune ·
- Justice administrative ·
- Cimetière ·
- Autorisation ·
- Préjudice ·
- Illégalité ·
- Funérailles ·
- Famille
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Enfant ·
- Enseignement ·
- Avantage ·
- Titre exécutoire ·
- Parents ·
- Education ·
- Charges ·
- Rémunération ·
- Personne publique ·
- Étranger
- Territoire français ·
- Illégalité ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Départ volontaire ·
- Obligation ·
- Interdiction ·
- Erreur ·
- Justice administrative ·
- Tiré
- Service de renseignements ·
- Justice administrative ·
- Manifestation sportive ·
- Urgence ·
- Stade ·
- Référé-liberté ·
- Video ·
- Juge des référés ·
- Légalité ·
- Interdiction
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Titre ·
- Renouvellement ·
- Enfant ·
- Préjudice ·
- Étudiant ·
- L'etat ·
- Étranger ·
- Illégalité ·
- Demande ·
- Impossibilité
- Logement ·
- Médiation ·
- Capacité ·
- Astreinte ·
- Commission ·
- Urgence ·
- Habitation ·
- Construction ·
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice
- Justice administrative ·
- Urgence ·
- Police ·
- Juge des référés ·
- Territoire français ·
- Suspension ·
- Pays ·
- Commissaire de justice ·
- Destination ·
- Légalité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Suspension ·
- Juge des référés ·
- Décision implicite ·
- Annulation ·
- Copie ·
- Droit commun ·
- Pourvoir ·
- Exécution
- Tribunaux administratifs ·
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Logement opposable ·
- Urgence ·
- Droit au logement ·
- Registre ·
- Sous astreinte ·
- Jugement ·
- Astreinte
- Règlement (ue) ·
- Aide juridictionnelle ·
- Police ·
- Asile ·
- Justice administrative ·
- Liberté fondamentale ·
- Convention européenne ·
- Sauvegarde ·
- Pays ·
- Famille
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.