Rejet 22 décembre 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Paris, 4e sect. - 2e ch. - r.222-13, 22 déc. 2025, n° 2507791 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Paris |
| Numéro : | 2507791 |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Satisfaction partielle |
| Date de dernière mise à jour : | 8 janvier 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mars 2025, M. C… A… B…, représenté par Me Cousin, demande au tribunal :
1°) de condamner l’État à lui verser une somme de 5 000 euros, en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
2°) de mettre à la charge de l’État le versement à son conseil d’une somme de 1 296 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l’Etat allouée au titre de l’aide juridictionnelle, ou, si sa demande d’aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de l’État est engagée sur le fondement de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation dès lors qu’il n’a reçu aucune offre de relogement alors qu’il a été reconnu prioritaire par une décision de la commission de médiation ;
- il subit des troubles dans ses conditions d’existence du fait de la carence fautive de l’État à le reloger.
La requête a été communiquée au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris, qui n’a pas produit d’observations.
M. A… B… a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 13 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Stoltz-Valette en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Stoltz-Valette a été entendu au cours de l’audience publique.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la responsabilité :
Aux termes de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le droit à un logement décent et indépendant (…) est garanti par l’Etat à toute personne qui (…) n’est pas en mesure d’y accéder par ses propres moyens ou de s’y maintenir. (…) ».
Lorsqu’une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d’urgence par une décision d’une commission de médiation en application des dispositions de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, la carence fautive de l’État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l’égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d’existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l’intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l’État prévu par l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l’État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l’État, qui court à compter de l’expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l’article R. 441-16-1 du code de la construction et de l’habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement.
M. A… B…, qui a présenté une demande de logement social sur le fondement de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence par une décision du 28 novembre 2019 de la commission de médiation du département de Paris au motif qu’il était dépourvu de logement. Or, le préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris, n’a pas proposé à M. A… B… un relogement dans le délai de six mois, imparti par le code de la construction et de l’habitation à compter de l’édiction de la décision de la commission de médiation. Cette carence est constitutive d’une faute de nature à engager la responsabilité de l’État à l’égard de M. A… B… à compter du 28 mai 2020.
Par un jugement n°2209563/3-3 du 19 juillet 2023, le tribunal de céans a condamné l’État à réparer les préjudices subis par M. A… B… pour la période allant du 28 mai 2020 au 19 juillet 2023 du fait de la carence fautive de l’Etat à le reloger. Par suite, le préjudice réparé par le présent jugement court à compter du 20 juillet 2023.
Sur le préjudice :
Il résulte de l’instruction que la situation de M. A… B… n’a pas changé depuis la décision de la commission de médiation, ce dernier étant toujours dépourvu de logement. Il justifie à ce titre d’une attestation d’élection de domicile en date du 4 janvier 2025, délivrée par l’association « Un toit pour toi » valide jusqu’au 4 janvier 2026. Compte tenu de ces conditions de logement, qui perdurent du fait de la carence de l’État et de la durée de cette carence, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature subis par le requérant dans ses conditions d’existence en lui allouant une somme de 1 800 euros.
Sur les frais liés au litige :
En l’espèce, M. A… B… n’établissant pas avoir exposé d’autres frais que ceux pris en charge par l’État au titre de l’aide juridictionnelle totale qui lui a été accordée par une décision du 13 janvier 2025, sa demande tendant à ce que l’État lui verse une somme de 1 296 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : L’État est condamné à verser à M. A… B… une somme de 1 800 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A… B…, au ministre de la ville et du logement et à Me Cousin.
Copie en sera adressée au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2025.
La magistrate désignée,
A. Stoltz-ValetteLa greffière,
J. Bordat
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Champagne-ardenne ·
- Université ·
- Juge des référés ·
- Commissaire de justice ·
- Suspension ·
- Annulation ·
- Urgence ·
- Effets ·
- Demande
- Infraction ·
- Retrait ·
- Permis de conduire ·
- Route ·
- Amende ·
- Composition pénale ·
- Justice administrative ·
- Information ·
- Contravention ·
- Solde
- Justice administrative ·
- Solidarité ·
- Santé ·
- Région ·
- Désistement ·
- Famille ·
- Formation ·
- Travail ·
- Étudiant ·
- Acte
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Décision implicite ·
- Annulation ·
- Disposition législative ·
- Tribunaux administratifs ·
- Statuer ·
- Juridiction ·
- Demande ·
- Voies de recours
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Commissaire de justice ·
- Armée ·
- Suspension ·
- Annulation ·
- Urgence ·
- Exécution ·
- Juridiction administrative ·
- Légalité
- Justice administrative ·
- Expulsion ·
- Légalité ·
- Sérieux ·
- Pays ·
- Tiré ·
- En l'état ·
- Erreur de droit ·
- Juge des référés ·
- Or
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Territoire français ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Interdiction ·
- Départ volontaire ·
- Usurpation d’identité ·
- Justice administrative ·
- Liberté fondamentale ·
- Usurpation ·
- Terme
- Immigration ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Justice administrative ·
- Langue ·
- Condition ·
- Aide juridictionnelle ·
- Bénéfice ·
- Refus ·
- Tiré
- Justice administrative ·
- Immigration ·
- Juge des référés ·
- Urgence ·
- Regroupement familial ·
- Exécution immédiate ·
- Commissaire de justice ·
- Astreinte ·
- Délivrance ·
- Décision administrative préalable
Sur les mêmes thèmes • 3
- Mayotte ·
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Désistement d'instance ·
- Droit commun ·
- Territoire français ·
- Pourvoir ·
- Donner acte ·
- Ordonnance ·
- République
- Justice administrative ·
- Territoire français ·
- Pays ·
- Commissaire de justice ·
- Délai ·
- Erreur de droit ·
- Destination ·
- Compétence ·
- Conclusion ·
- Maintien
- Justice administrative ·
- Commune ·
- Permis de construire ·
- Maire ·
- Urbanisme ·
- Pain ·
- Commissaire de justice ·
- Four ·
- Statuer ·
- Annulation
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.