Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Angers, controle hsc ic, 3 oct. 2025, n° 25/00901 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00901 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
COUR D’APPEL D’ANGERS
TRIBUNAL JUDICIAIRE
D’ [Localité 1]
Dossier : N° RG 25/00901 -
N° Portalis DBY2-W-B7J-IC2M
Minute : 25/00901
ORDONNANCE EN PROCEDURE
D’HOSPITALISATION SOUS CONTRAINTE
DEMANDEUR :
Monsieur LE DIRECTEUR DU CESAME
Non comparant, ayant fait ses observations par écrit
DÉFENDEUR :
Monsieur [F] [X] [V]
Comparant assisté de M.[E] [G] [T], interprète en langue arabe, et assisté de Me Juliette RATTIER, avocat au barreau d’ANGERS
Nous, Jean-Yves EGAL, Premier Vice-Président au Tribunal Judiciaire d’ANGERS, assisté de Murielle LECHAT-MARIN, faisant fonction de greffier,
Vu l’article L3212-1 du code de la santé publique,
Vu la décision d’admission en soins psychiatriques contraints prise par le directeur de l’hôpital de [Localité 4] le 23 septembre 2025, concernant :
M. [F] [X] [V]
né le 05 Janvier 2005 à [Localité 2] ([Localité 3])
Vu la saisine en date du 30 septembre 2025 du directeur de l’hôpital et les pièces jointes à la saisine, tendant à la poursuite de l’hospitalisation sans consentement de M. [F] [X] [V],
Vu l’avis de monsieur le Procureur de la République en date du 01 octobre 2025 porté à la connaissance des parties à l’audience,
Vu les débats tenus en audience publique le 3 octobre 2025.
M. [X] [V] [F] a comparu assisté d’un interprète en langue arabe et indiqué qu’il comprend les raisons de son hospitalisation mais il souhaite sortir pour reprendre sa formation.
Maitre RATTIER Juliette a indiqué ne pas avoir d’observation sur la régularité de la procédure.
MOTIFS DE L’ORDONNANCE:
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
— ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
— son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2 de l’article L. 3211-2-1 ;
Le directeur de l’établissement prononce la décision d’admission :
1° Soit lorsqu’il a été saisi d’une demande présentée par un membre de la famille du malade ou par une personne justifiant de l’existence de relations avec le malade antérieures à la demande de soins et lui donnant qualité pour agir dans l’intérêt de celui-ci, à l’exclusion des personnels soignants exerçant dans l’établissement prenant en charge la personne malade. Lorsqu’il remplit les conditions prévues au présent alinéa, le tuteur ou le curateur d’un majeur protégé peut faire une demande de soins pour celui-ci.
2° Soit lorsqu’il s’avère impossible d’obtenir une demande dans les conditions prévues au 1° du présent II et qu’il existe, à la date d’admission, un péril imminent pour la santé de la personne, dûment constaté par un certificat médical établi dans les conditions prévues au troisième alinéa du même 1° ( certificat dressé par un médecin n’exerçant pas dans l’établissement de soins) .
Dans ce cas, le directeur de l’établissement d’accueil informe, dans un délai de vingt-quatre heures sauf difficultés particulières, la famille de la personne qui fait l’objet de soins et, le cas échéant, la personne chargée de la protection juridique de l’intéressé ou, à défaut, toute personne justifiant de l’existence de relations avec la personne malade antérieures à l’admission en soins et lui donnant qualité pour agir dans l’intérêt de celle-ci.
Lorsque l’admission a été prononcée en application du présent 2°, les certificats médicaux mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l’article L. 3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts ( certificats des 24 h et des 72 h).
Selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge , préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission puis de six mois à compter de la dernière décision du juge. Cette saisine est accompagnée d’un avis motivé du psychiatre.
M. [X] [V] [F] né le 5 janvier 2005, a été admis le 23 septembre à 17h13 en soins psychiatriques sous la forme de l’hospitalisation complète sur décision du directeur du CESAME en date du 24 septembre pour péril imminent , au vu des conclusions d’un seul certificat médical en date du 23 septembre à 17h13, émanant du docteur [U], qui n’appartient pas au CESAME, lequel indiquait que M. [X] [V] [F] avait été admis aux urgences dans un contexte de passage à l’acte suicidaire et qu’il présentait des troubles du comportement se caractérisant notamment par des idées suicidaires persistantes scénarisées, avec passage à l’acte aux urgences ayant rendu nécessaire une contention physique et chimique, que ces passages à l’acte étaient mis en lien avec des reviviscences traumatiques, que le potentiel suicidaire était élevé et que ces éléments constituaient des symptômes alarmants relevant de soins hospitaliers spécialisés mais que l’état psychique du patient l’empêchait de comprendre l’intérêts de ces soins.
Le contenu détaillé de ce certificat médical caractérise bien la nécessité de soins urgents en hospitalisation complète en milieu spécialisé de par la nature et la gravité des troubles constatés entrainant un péril imminent pour la santé de M. [X] [V] [F], et sous contrainte puisqu’il n’était pas possible d’obtenir son consentement.
La vaine recherche d’un tiers est justifiée au dossier ( pas de tiers connu).
L’information légale prévue par l’article L 3211-, 3 portant sur les modalités de cette hospitalisation ainsi que sur les droits des patients a été délivrée à M. [X] [V] [F] le 25 septembre.
La famille du patient isolé n’a pas pu être informée de l’hospitalisation de M. [X] [V] [F] et de son cadre juridique, conformément aux dispositions de l’article L 3212-1 car M. [X] [V] [F] n’a pas été en mesure de transmettre les coordonnées d’une personne à prévenir, ce qui constitue la “ difficulté particulière” prévue par ce texte.
Le juge a été saisi le 30 septembre, soit avant l’expiration du délai de 8 jours à compter de l’admission intervenue le 23 septembre à 17h13, conformément aux dispositions de l’article L 3211-12-1 du Code de la Santé Publique.
Les conditions légales ont donc été respectées.
Le certificat médical des 24 heures a été rédigé par le docteur [C] le 24 septembre à 12h04 et le certificat médical des 72 heures a été rédigé par le docteur [D] le 26 septembre à 16h22 ; ils comportent les éléments de motivation requis pour justifier en fait et en droit la poursuite de l’hospitalisation complète sous contrainte.
La décision de maintien de l’hospitalisation complète a été prise le 26 septembre par le Directeur de l’hôpital et portée le 26 septembre à la connaissance de M. [X] [V] [F].
L’ avis motivé en date du 30 septembre, dressé par le docteur [D] conclut à la nécessité d’une poursuite des soins en hospitalisation complète sans consentement en relevant notamment que M. [X] [V] [F] exprimait un mieux être et demandait à retourner à son domicile pour reprendre ses cours, qu’il présentait lors de son examen une banalisation des passages à l’acte auto agressif, que l’équipe de la structure qui l’accueille avait pu exprimer des difficultés face à une symptomatologie très bruyante non constatée en hospitalisation, que le traitement médicamenteux était en cours d’adaptation et nécessitait une surveillance rapprochée en milieu hospitalier, que le patient ne semblait pas en capacité de percevoir cette nécessité d’un maintien en milieu hospitalier.
Il résulte de l’ensemble de ces éléments que d’une part, la procédure a été menée régulièrement et que d’autre part M. [X] [V] [F] présente toujours des troubles rendant impossible son consentement et imposant des soins sous surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
Par conséquent, la mesure d’hospitalisation sous contrainte qui apparaît adaptée, nécessaire et proportionnée, doit être poursuivie.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement par ordonnance contradictoire et en premier ressort,
Autorisons la poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [F] [X] [V],
Rappelons qu’appel peut être interjeté de cette décision dans un délai de dix jours de sa notification, par déclaration transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel.
Ainsi rendu le 03 octobre 2025.
Le greffier, Le juge du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives ou restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement,
Mentions de notification :
Copie de la présente ordonnance transmise à M. [F] [X] [V] par l’intermédiaire du directeur de l’hôpital
Copie de la présente ordonnance transmise à M. le directeur de l’hôpital,
Copie de la présente ordonnance transmise à Me Juliette RATTIER
le 03/10/2025
le greffier
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Adresses ·
- Mandataire ad hoc ·
- Sociétés ·
- Tribunal judiciaire ·
- Gérant ·
- Date ·
- Part sociale ·
- Désignation ·
- Veuve ·
- Pierre
- Instituteur ·
- Mutuelle ·
- Assurances ·
- Commissaire de justice ·
- État ·
- Réfrigérateur ·
- Dégradations ·
- Loyer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Logement
- Forclusion ·
- Tribunal judiciaire ·
- Crédit ·
- Déchéance du terme ·
- Banque ·
- Paiement ·
- Contentieux ·
- Protection ·
- Dépassement ·
- Action
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Villa ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Assureur ·
- Mesure d'instruction ·
- Expertise ·
- Siège social ·
- Référé ·
- Tribunal judiciaire ·
- Sociétés ·
- Partie
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Garde à vue ·
- Police ·
- Interprète ·
- Prolongation ·
- Avis ·
- Personnes ·
- Langue ·
- Garde
- Préjudice ·
- Syndic de copropriété ·
- Tribunal judiciaire ·
- Dommage ·
- Demande ·
- Sinistre ·
- Emprunt ·
- Déclaration préalable ·
- République ·
- Assurance décès
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Prêt ·
- Garantie ·
- Caisse d'épargne ·
- Épouse ·
- Débiteur ·
- Règlement ·
- Intérêt ·
- Cautionnement ·
- Recours ·
- Principal
- Commissaire de justice ·
- Loyer ·
- Référé ·
- Divorce ·
- Résiliation du bail ·
- Clause resolutoire ·
- Commandement de payer ·
- Tribunal judiciaire ·
- Dette ·
- Expulsion
- Partage ·
- Successions ·
- Consorts ·
- Mise en état ·
- Adresses ·
- Tribunal judiciaire ·
- Statuer ·
- Veuve ·
- Médiation ·
- Validité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Logement ·
- Demande ·
- Bail ·
- Adresses ·
- Contentieux ·
- Titre ·
- Jonction ·
- Protection
- Recours ·
- Accident de travail ·
- Médecin ·
- Sécurité sociale ·
- Incapacité ·
- Consultant ·
- Accident du travail ·
- Barème ·
- Qualification professionnelle ·
- Licenciement
- Relations du travail et protection sociale ·
- Risques professionnels ·
- Eures ·
- Tribunal judiciaire ·
- Incapacité ·
- Comparution ·
- Contentieux ·
- Avant dire droit ·
- Sociétés ·
- Courrier ·
- Partie ·
- Expédition
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.