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Sur la décision
| Référence : | TJ Bobigny, j l d hsc, 11 févr. 2025, n° 25/01189 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01189 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 5 juillet 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 4]
ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE
—
DÉLAI DE 12 JOURS
ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N° RG 25/01189 – N° Portalis DB3S-W-B7J-2UIY
MINUTE: 25/292
Nous, Raphaëlle AGENIE-FECAMP, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Lucie BEAUROY-EUSTACHE, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Monsieur [G] [H]
né le 11 Août 2003 à
[Adresse 1]
[Localité 3]
Etablissement d’hospitalisation: LE CENTRE ROBERT BALLANGER, sis [Adresse 5]
présent assisté de Me Ferroudja BETTACHE, avocat commis d’office
PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE
Madame la directrice DU CENTRE ROBERT BALLANGER
Absente
MINISTÈRE PUBLIC
Absent
A fait parvenir ses observations par écrit le 10 février 2025
Le 3 février 2025, la directrice du CENTRE ROBERT BALLANGER a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Monsieur [G] [H].
Depuis cette date, Monsieur [G] [H] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein du CENTRE ROBERT BALLANGER.
Le 07 Février 2025, la directrice de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [G] [H].
Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 10 février 2025
A l’audience du 11 Février 2025, Me Ferroudja BETTACHE, conseil de Monsieur [G] [H], a été entendu en ses observations.
L’affaire a été mise en délibéré à ce jour.
MOTIFS
Vu le certificat médical initial établi le 03 02 2025 par le Dr [L] établissant l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e) ;
Vu le relevé des démarches de recherche et d’information de tiers pour un patient admis en soins psychiatriques en cas de péril imminent ;
Vu la décision du directeur du Centre Hospitalier Robert Ballanger en date du 03 02 2025 prononçant l’admission de [G] [H] en hospitalisation complète ;
Vu l’information donnée dans les 24H à la famille, au tuteur ou curateur ou à toute personne ayant qualité à agir pour le patient ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 04 02 2025 par le Dr [I];
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 06 02 2025 par le Dr [C];
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 06 02 2025 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [G] [H];
Vu la saisine par le directeur de l’établissement du juge des libertés et de la détention reçue au greffe de la juridiction le 07 02 2025;
Vu l’avis motivé établi le 07 02 2025 par le Dr [E];
Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 10 02 2025;
Vu le débat contradictoire en date du 11 02 2025;
Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
Le juge des libertés et de la détention doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller, à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis.
Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
[G] [H] était hospitalisé (e) à l’Etablissement Public de Santé sans son consentement dans les conditions rappelées ci-dessus.
Le certificat médical établi par le Dr [L] le 03 02 2025 décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : éléments délirants à thème de persécution, risque hétéroagressif, absence d’alliance thérapeutique.
Etait constatée l’existence d’un péril imminent pour la santé de l’intéressé (e).
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité, notamment une activité délirante avec un thématique de persécution, avec adhésion totale et risque de mise en danger, une humeur neutre, un déni des troubles et concluaient que la prise en charge de [G] [H] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L’avis motivé daté du 07 02 2025 constatait que le patient exprimait un vécu persécutif intense, ne reconnaissait pas le caractère pathologique de ses troubles et ne percevait pas l’intérêt de la prise en charge thérapeutique.
L’avis précisait que l’état de santé de [G] [H] était compatible avec son audition par le juge des libertés et de la détention.
A l’audience, [G] [H] déclarait que ça se passe bien, qu’il a été hospitalisé car de l’huile a été jetée sur son voisin et qu’il a été mis en garde à vue. Il a demandé à voir son avocat or c’était un psychologue et il s’est énervé. Il s’agit de sa 1ère hospitalisation en psychiatrie et il ignore à quoi sert le traitement qu’il prend actuellement. Il ne pense pas avoir besoin de rester à l’hôpital car il a besoin d’avancer dans sa vie, alors que là il est en train de perdre du temps. Il n’est pas violent et n’a pas besoin d’être soigné sauf peut-être quelques médicaments. Il vit avec son père avec qui ça se passe très bien et est à la recherche d’un emploi.
Le conseil de [G] [H] était entendu en ses observations.
Il résulte de l’ensemble des éléments joints à la requête et contradictoirement débattus à l’audience, que la procédure relative à l’admission de [G] [H] en hospitalisation complète est régulière, et nonobstant les déclarations du patient et observations de son conseil, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental de [G] [H] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
PAR CES MOTIFS
Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de Ville-Evrard, au centre Henri Duchêne situé [Adresse 2], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel,
Maintenons la mesure d’hospitalisation complète dont fait l’objet Monsieur [G] [H]
Laisse les dépens à la charge de l=Etat.
Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire,
Fait et jugé à [Localité 4], le 11 Février 2025
Le Greffier
Lucie BEAUROY-EUSTACHE
Le premier vice-président
Juge des libertés et de la détention
Raphaëlle AGENIE-FECAMP
Ordonnance notifiée au parquet le à
le greffier
Vu et ne s=oppose :
Déclare faire appel :
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- Code de la santé publique
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