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Sur la décision
| Référence : | TJ Le Mans, ch. 9, 9 janv. 2026, n° 25/00564 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00564 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Ordonne de faire ou de ne pas faire quelque chose avec ou sans astreinte |
| Date de dernière mise à jour : | 8 février 2026 |
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Texte intégral
Minute n°25/
JUGEMENT DU : 09 janvier 2026
DOSSIER N° : N° RG 25/00564 – N° Portalis DB2N-W-B7J-IV2Y
AFFAIRE : Syndic. de copro. [Adresse 5]
c/ [X] [W]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DU MANS
Chambre 9 CIVILE
JUGEMENT DU 09 janvier 2026
PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE AU FOND
DEMANDERESSE
Syndic. de copro. SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE LA RÉSIDENCE LE BE LVEDERE, dont le siège social est sis [Adresse 2]
représentée par Maître Jean-philippe PELTIER de la SCP PELTIER & CALDERERO, avocats au barreau du MANS
DEFENDERESSE
Madame [X] [W], demeurant [Adresse 1]
Présente
COMPOSITION DU TRIBUNAL
PRÉSIDENT : Marie-Pierre ROLLAND
GREFFIER : Judith MABIRE
DÉBATS
À l’audience publique du 09 janvier 2026,
À l’issue de celle-ci le Président a fait savoir aux parties que la décision serait rendue le 09 janvier 2026 par sa mise à disposition au greffe de la juridiction.
FAITS, PROCÉDURE ET MOYENS DES PARTIES
Madame [X] [W] est propriétaire d’un appartement avec cave, garage, parking dans l’ immeuble situé au sein de la résidence [Adresse 4] et soumis au régime de la copropriété.
L’ensemble immobilier, organisé en copropriété, est géré par la SARL CITYA IMMOBILIER LE SYNDIC, en sa qualité de syndic de la résidence. En cette qualité, la SARL CITYA IMMOBILIER LE SYNDIC procède aux appels de charges de copropriété permettant l’entretien des parties communes.
Madame [W] ne s’est pas acquittée des charges régulièrement appelées et n’a pas répondu aux mises en demeure du syndic.
Aussi, par jugement du 21 avril 2023, le président du tribunal judiciaire du Mans l’a condamnée au paiement des sommes suivantes : 3.450,93 € au titre des charges échues au 22 décembre 2022, 1.773,93 € au titre des charges non-échues, et 800 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Un commandement de payer a de nouveau été délivré à madame [W], le 25 septembre 2025, par le syndic, qui l’a mise en demeure de régler la somme principale de 1.117,10 € et le coût du commandement de payer d’un montant de 90 €.
En l’absence de régularisation du commandement de payer, par acte du 4 novembre 2025, le syndic de la résidence [Adresse 3] a fait assigner madame [W] devant le président de ce tribunal auquel il demande de la condamner au paiement des sommes suivantes :
— 1.994,85 € au titre des charges échues,
— 3.500 € au titre de la résistance abusive,
— 1.000 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens de l’instance, comprenant le coût du commandement de payer.
À l’audience du 12 décembre 2025, le syndic de la résidence [Adresse 3] maintient ses demandes.
Madame [W] comparaît à l’audience et remet au syndic de la résidence un chèque d’un montant de 1.994,85 € au titre des charges échues. Elle explique avoir oublié le paiement des charges, en raison de problèmes de santé. Elle souhaite mettre en place un prélèvement automatique de ses charges pour éviter un nouvel impayé.
MOTIFS
Sur la demande de paiement des charges :
Il résulte de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965 que les copropriétaires sont tenus de participer aux charges de copropriété.
Il résulte de l’article 14 de la même loi que pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement, et d’administration des parties communes et d’équipement commun de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote chaque année un budget prévisionnel.
Il résulte de l’article 18 de la même loi que l’administration de l’immeuble est à la charge du syndicat, ce qui comprend le recouvrement des charges de copropriété.
Il résulte de l’article 10-1 de la même loi que “sont imputables au seul copropriétaire concerné les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur”. De plus, les dispositions du contrat de syndic, signées par les parties, prévoient le montant de ces frais.
Il résulte des dispositions de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 que :
« À défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1 ou du I de l’article 14-2, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application des mêmes articles 14-1 ou 14-2 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles. Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2 ».
Les frais de poursuites que le syndic fait contractuellement supporter à la copropriété doivent, en principe, être mis à la charge des seuls copropriétaires défaillants en application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis.
Il est justifié du vote du budget prévisionnel par l’assemblée générale.
Il est constant que le défendeur n’a pas versé les provisions dues à leurs dates d’exigibilité.
Les formalités de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 ont été respectées, notamment celles relatives aux mises en demeure.
Il résulte des décomptes fournis que madame [W] est bien redevable de la somme de 1.994,85 € au titre des charges échues au 30 octobre 2025, somme que ne conteste pas madame [W] puisqu’elle a remis au syndic de la résidence lors de l’audience un chèque pour le paiement des charges échues.
En conséquence, il convient de faire droit à la demande en paiement, qui sera prononcée en deniers ou quittances, un chèque d’un montant de 1.994,85 € ayant été remis au conseil du syndic de la résidence lors de l’audience, le tout sous réserve des sommes déjà recouvertes et pour lesquelles madame [W] a déjà été condamnée, par jugement du 21 avril 2023.
Sur la demande de dommages-intérêts pour résistance abusive :
L’article 1231-6 du code civil dispose que les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire.
En l’espèce, le syndic de la résidence [Adresse 3] ne justifie pas de la mauvaise foi de madame [W], ni de l’existence d’un préjudice qui ne serait pas réparé par les intérêts moratoires.
En effet, madame [W] a expliqué avoir eu des problèmes de santé à l’origine du non-paiement de ses charges et vouloir mettre en place un prélèvement automatique pour éviter tout nouvel impayé.
Dès lors, il n’y a pas lieu de faire droit à la demande.
Sur les autres demandes :
Madame [W] succombe et sera donc condamnée aux dépens, comprenant le coût du commandement de payer.
Par suite, elle est redevable envers le syndicat des copropriétaires d’une somme au titre de l’article 700 du code de procédure civile qui sera fixée à 600 €.
PAR CES MOTIFS
Le président du tribunal judiciaire, statuant publiquement, par décision contradictoire, et en premier ressort ;
CONDAMNE madame [W] à payer au syndicat des copropriétaires de la résidence [Adresse 3] géré par la SARL CITYA IMMOBILIER LE SYNDIC, la somme de MILLE NEUF CENT QUATRE-VINGT-QUATORZE EUROS ET QUATRE-VINGT-CINQ CENTIMES (1.994,85 €) au titre des charges échues au 30 octobre 2025, avec intérêts à compter du commandement de payer, le tout sous réserve des sommes déjà recouvertes et pour lesquelles madame [W] a déjà été condamnée, par jugement du 21 avril 2023 ;
DIT QUE ces condamnations en paiement sont prononcées en deniers ou quittances ;
REJETTE les autres demandes formulées par le syndicat des copropriétaires ;
CONDAMNE madame [W] à payer au syndicat des copropriétaires la somme de SIX CENTS EUROS (600 €) sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE madame [W] aux dépens, comprenant le coût du commandement de payer.
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
Judith MABIRE Marie-Pierre ROLLAND
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