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Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, réf. cab. 2, 18 déc. 2025, n° 25/03813 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03813 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autres mesures ordonnées en référé |
| Date de dernière mise à jour : | 29 décembre 2025 |
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
JUGEMENT
PROCEDURE ACCÉLÉRÉE AU FOND
Référés Cabinet 2
JUGEMENT DU : 18 Décembre 2025
Président : Monsieur BERTERO, Vice-président placé
Greffier : Madame DUFOURGNIAUD, Greffier
Débats en audience publique le : 12 Novembre 2025
N° RG 25/03813 – N° Portalis DBW3-W-B7J-6YM6
PARTIES :
DEMANDERESSE
Le Syndicat des copropriétaires de l’immeuble [Adresse 7] sis [Adresse 1]
pris en la personne de son syndic en exercice la société LAMY dont le siège social est sis [Adresse 4]
pris en la personne de son représentant légal en son Agence Nexity [Localité 8] Prado Vélodrome, dont le siège social est sis [Adresse 5]
représenté par Me Romain CHAREUN, avocat au barreau D’AIX-EN-PROVENCE
DEFENDEUR
Monsieur [N] [R], né le 14 Décembre 1986
demeurant [Adresse 2][Adresse 6]
non comparant
FAITS, PROCÉDURE ET PRÉTENTIONS :
Monsieur [N] [R] est propriétaire du lot n°35 de l’immeuble « [Adresse 7] » situé [Adresse 3].
Par assignation du 29 août 2025, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble « [Adresse 7] », représenté par son syndic en exercice, la société LAMY, a fait citer Monsieur [N] [R] en demandant au magistrat délégué par le Président, statuant selon la procédure accélérée au fond, de condamner Monsieur [N] [R] au paiement de :
4 380,22 euros au titre des charges de copropriété échues au 12 août 2025 avec intérêt au taux légal à compter du 30 juin 2025, date de la mise en demeure,285,37 euros au titre des charges prévisionnelles pour la période du 01 octobre au 31 décembre 2025,1 446,41 euros au titre des charges pour l’exercice de 2026, 1 000 euros au titre des dommages et intérêts,2 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux dépens.
A l’audience du 12 novembre 2025, par l’intermédiaire de son conseil, faisant valoir ses moyens tels qu’exprimés dans son assignation à laquelle il convient de se reporter, le syndicat des copropriétaires a maintenu ses demandes dans les mêmes termes.
Valablement assigné à l’étude du commissaire de justice, Monsieur [N] [R] n’a pas comparu.
L’affaire a été mise en délibéré au 18 décembre 2025.
SUR CE :
L’article 481-1 du code de procédure civile dispose : « A moins qu’il en soit disposé autrement, lorsqu’il est prévu par la loi ou le règlement qu’il est statué selon la procédure accélérée au fond, la demande est formée, instruite et jugée dans les conditions suivantes :
1° La demande est portée par voie d’assignation à une audience tenue aux jour et heure prévus à cet effet ;
2° Le juge est saisi par la remise d’une copie de l’assignation au greffe avant la date fixée pour l’audience, sous peine de caducité de l’assignation constatée d’office par ordonnance du juge, ou, à défaut, à la requête d’une partie ;
3° Le jour de l’audience, le juge s’assure qu’il s’est écoulé un temps suffisant depuis l’assignation pour que la partie assignée ait pu préparer sa défense. La procédure est orale ;
4° Le juge a la faculté de renvoyer l’affaire devant la formation collégiale, à une audience dont il fixe la date, qui statuera selon la procédure accélérée au fond ;
5° A titre exceptionnel, en cas d’urgence manifeste à raison notamment d’un délai imposé par la loi ou le règlement, le président du tribunal, statuant sur requête, peut autoriser à assigner à une heure qu’il indique, même les jours fériés ou chômés ;
6° Le jugement est exécutoire de droit à titre provisoire dans les conditions prévues aux articles 514-1 à 514-6 ;
7° La décision du juge peut être frappée d’appel à moins qu’elle n’émane du premier président de la cour d’appel ou qu’elle n’ait été rendue en dernier ressort en raison du montant ou de l’objet de la demande.
Le délai d’appel ou d’opposition est de quinze jours. »
Sur la demande principale en paiement
Aux termes de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété, à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1, ou du I de l’article 14-2, et après une mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application des mêmes articles 14-1 ou 14-2 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles. Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
A l’appui de sa demande, le syndicat des copropriétaires produit notamment :
— les procès-verbaux des assemblées générales ordinaires des copropriétaires de l’immeuble des 23 juin 2022, 29 juin 2023, 27 juin 2024 et 26 juin 2025, comportant approbation des comptes des exercices de 2021, 2022, 2023, 2024, vote du budget prévisionnel et vote des travaux des exercices de 2023, 2024, 2025, 2026, non contestés dans le délai de l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965,
— les décomptes de charges et appels de fonds concernant Monsieur [N] [R] pour la période réclamée,
— la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, en date du 30 juin 2025, rappelant la possibilité pour le syndicat des copropriétaires d’exiger les provisions dues jusqu’à la fin de l’exercice à défaut de paiement dans les 30 jours,
— le relevé de compte arrêté au 01 juillet 2025 à la somme de 4.380,22 euros, dus au titre des charges, travaux et des frais de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965,
— le contrat de syndic.
Au vu de ces pièces, Monsieur [N] [R] sera condamné à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 3 624,21 euros au titre des charges et travaux échus arrêtés à la date du 01 juillet 2025.
En effet, les sommes demandées au titre des frais de recouvrement sont à écarter de ce calcul.
Conformément aux dispositions de l’article 1344-1 du Code civil, cette produira intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 30 juin 2025.
Faute de paiement dans les 30 jours suivant la mise en demeure, les provisions non encore échues pour l’exercice en cours sont devenues immédiatement exigibles. Il convient donc de condamner Monsieur [N] [R] au paiement de la somme de 285,37 euros correspondant à la provision trimestrielle du 01 octobre 2025 au 31 décembre 2025.
La demande de provisions non encore échues, pour l’année 2026, seront rejetées.
Sur les dommages et intérêts
L’article 1231-6 du code civil dispose que « les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure.
Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte.
Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages-intérêts distincts des intérêts moratoires».
En l’espèce, il résulte des pièces produites aux débats que Monsieur [N] [R] a déjà été condamné pour non paiement des charges de copropriété par jugement du 22 septembre 2022 et que, de surcroît, il n’a pas comparu à l’audience, ne justifiant ainsi d’aucune situation financière difficile pouvant expliquer des retards dans le paiement des charges de son bien immobilier.
Dès lors, l’attitude de Monsieur [N] [R] et notamment sa réticence depuis plusieurs années à s’acquitter des sommes dues au titre des charges de copropriété, génère immanquablement un préjudice à l’encontre des autres copropriétaires, contraints de consentir des avances de trésorerie majorés pour pallier sa défaillance.
Il convient en conséquence de condamner Monsieur [N] [R] à verser au syndicat des copropriétaires, une somme de 300 euros à titre de réparation du préjudice causé.
Sur les demandes accessoires
Il serait inéquitable de laisser à la charge du syndicat l’intégralité de ses frais de procédure non compris dans les dépens. A ce titre, Monsieur [N] [R] sera condamné à lui payer la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Monsieur [N] [R], qui succombe, sera condamné aux entiers dépens.
Il convient de rappeler que le présent jugement est, de plein droit, exécutoire par provision.
PAR CES MOTIFS, CONFORMEMENT A LA PROCEDURE ACCELEREE AU FOND, PAR JUGEMENT PRONONCÉ PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE, REPUTE CONTRADICTOIRE ET EN PREMIER RESSORT,
CONDAMNE Monsieur [N] [R] à payer au syndicat des copropriétaires de l’immeuble « LES MARRONNIERS » situé [Adresse 3], représenté par son syndic en exercice la société LAMY, les sommes suivantes :
— 3 624,21 euros au titre des charges de copropriété exigibles au 01 juillet 2025, qui produira intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 30 juin 2025,
— 285,37 euros au titre des charges à échoir pour l’exercice en cours, devenues immédiatement exigibles, comprenant la provision trimestrielle du 01 octobre au 31 décembre 2025,
— 52 euros au titre des frais nécessaires au recouvrement de la créance,
— 300 euros à titre de dommages et intérêts,
— 1 000 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;
DEBOUTE le syndicat des copropriétaires de l’immeuble « [Adresse 7] » situé [Adresse 3], de toute autre demande ;
CONDAMNE Monsieur [N] [R] aux entiers dépens de l’instance ;
RAPPELLE que ce présent jugement est exécutoire, de plein droit, par provision.
LE GREFFIER LE MAGISTRAT
Grosse délivrée le 18/12/2025
À
— Me Romain CHAREUN, avocat au barreau D’AIX-EN-PROVENCE-
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