Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Meaux, juge libertes detention, 19 déc. 2024, n° 24/01904 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/01904 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
— N° RG 24/01904 – N° Portalis DB2Y-W-B7I-CDYY5
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MEAUX
──────────
[Adresse 7]
ORDONNANCE
statuant sur la poursuite d’une mesure de soins psychiatriques
en hospitalisation complète
Dossier N° RG 24/01904 – N° Portalis DB2Y-W-B7I-CDYY5 – M. [B] [U] [L]
Ordonnance du 19 décembre 2024
Minute n° 24/720
AUTEUR DE LA SAISINE :
Le DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER de [Localité 5],
agissant par M. [G] [Z] , directeur du grand hôpital de l’est francilien
élisant domicile en cette qualité au centre hospitalier de [Localité 5] : [Adresse 9],
non comparant, ni représenté.
PERSONNE FAISANT L’OBJET DES SOINS :
M. [B] [U] [L]
né le 25 Août 2001 à [Localité 8]
demeurant [Adresse 2]
en hospitalisation complète depuis le 9 décembre 2024 au centre hospitalier de [Localité 5], sans son consentement, pour des soins psychiatriques décidés par le directeur de l’établissement à la demande d’un tiers en urgence.
non comparant, représenté par Me Pierre Jean TOTY, avocat au barreau de Meaux, commis d’office par le bâtonnier,
TIERS À L’ORIGINE DE L’ADMISSION :
Monsieur [U] [S]
[Adresse 1]
[Localité 4]
demandeur des soins psychiatriques en sa qualité d’ex famille d’accueil de la personne hospitalisée.
non comparant ;
PARTIE JOINTE :
Monsieur le PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE
près le tribunal judiciaire de MEAUX,
ayant domicile élu au palais de justice de Meaux :
[Adresse 3]
absent à l’audience
Nous, Virginie BARRAUD, magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux, assistée de Béatrice BOEUF, greffier, avons rendu la présente ordonnance.
FAITS ET PROCÉDURE :
Le 9 décembre 2024, le directeur du centre hospitalier de [Localité 5] a prononcé l’admission en soins psychiatriques de M. [B] [U] [L], à la demande de l’ ex famille d’accueil de la personne hospitalisée, en relevant l’existence de troubles du comportement l’exposant à un risque grave d’atteinte à son intégrité.
Par courriel reçu au greffe le 13 décembre 2024, le directeur général de l’établissement de santé a saisi le magistrat du siège de ce tribunal aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète dont M. [B] [U] [L] fait l’objet sans interruption depuis son admission.
Conformément aux dispositions de l’article R. 3211-11 du code de la santé publique, copie de la saisine a été adressée à la personne qui fait l’objet des soins et au ministère public, lesquels, ainsi que le directeur du centre hospitalier et le tiers à l’origine de l’admission, ont tous été régulièrement avisés de la date, de l’heure, du lieu et des modalités de l’audience fixée le 19 décembre 2024.
Au vu d’un certificat médical en date du 19 décembre 2024, émanant d’un psychiatre participant à la prise en charge du patient au sein du centre hospitalier de [Localité 5] et indiquant que l’état psychique du patient ne permettait pas son audition par le juge des libertés et de la détention, M. [B] [U] [L] n’a pas pu être entendu et a été représenté par son avocat.
L’audience a été tenue à la date et à l’heure prévues dans la salle spécialement aménagée sur l’emprise du centre hospitalier de [Localité 6].
Me Pierre Jean TOTY, avocat de la personne hospitalisée, a été entendue en ses observations.
Aucune des parties n’a déposé d’observations écrites.
La présente ordonnance a été :
— prononcée publiquement le 19 décembre 2024, par mise à disposition de la décision au greffe du tribunal, avis en ayant été donné à l’issue des débats aux personnes présentes ou représentées
— signée par le juge ayant présidé aux débats et par le greffier auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
MOTIFS DE LA DÉCISION :
L’article L. 3212-1 du code de la santé publique prévoit qu’une personne atteinte de troubles mentaux peut faire l’objet de soins psychiatriques sans son consentement, par décision du directeur d’un établissement de santé autorisé en psychiatrie, lorsque, cumulativement, ses troubles mentaux rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins psychiatriques immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’autres modalités contraintes de prise en charge thérapeutique détaillées dans un programme de soins.
L’article L. 3211-12-1 du même code énonce que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission en soins psychiatriques prononcée à la demande d’un tiers.
Il résulte des pièces et certificats médicaux joints à la requête que M. [B] [U] [L] a été hospitalisé le 9 décembre 2024 à la suite d’une tentative de suicide par phlébotomie et par immolation dans un contexte de rupture sentimentale. Il ne présentait pas de critique de son geste d’autolyse, un épisode dépressif sévère avec idéations suicidaires, un risque auto et hétéroagressif important, un déni des troubles et une opposition aux soins et à l’hospitalisaton. L’avis motivé émanant d’un psychiatre de l’établissement d’accueil, en date du 13 décembre 2024, faisant suite aux certificats de 24 heures et 72 heures ayant noté un état stationnaire avec une hostilité et une ambivalence aux soins, une absence de réelle critique de son geste suicidaire par auto-mutilation, le discours reste peu clair et évasif, il a évoqué un état de souffrance psychique en rapport avec sa vie personnelle et familiale, une évolution sur fond d’un trouble de la personnalité de type Boderline avec une impulsivité, une irritabilité, une sensitivité et des conduites à risque, a préconisé la poursuite de l’hospitalisation complète de ce patient en raison de la persistance de la symptomatologie et de la nécessité d’observer une surveillance du patient et de consolider son traitement;
Dès lors, la mainlevée d’une surveillance médicale constante serait prématurée avant que l’état psychique soit stabilisé et qu’il soit acquis que M. [B] [U] [L] adhère durablement à un protocole de soins. Cette précaution est un préalable nécessaire à l’élaboration d’un programme de soins organisant la prise en charge du patient selon des modalités autres que l’hospitalisation complète. Une rupture intempestive du protocole thérapeutique initié ferait inévitablement ressurgir des troubles majeurs susceptibles de mettre la personne hospitalisée et son environnement en danger.
En conséquence, la poursuite de soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète s’impose actuellement.
Conformément aux dispositions des articles R. 93 et R. 93-2 du code de procédure pénale, les dépens de la présente instance resteront à la charge de l’Etat.
PAR CES MOTIFS,
Statuant par ordonnance susceptible d’appel, prononcée publiquement par sa mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024,
ORDONNONS la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète pour soins psychiatriques dont M. [B] [U] [L] fait l’objet sans son consentement au centre hospitalier de [Localité 5] (Seine-et-Marne) ;
LAISSONS les dépens à la charge de l’Etat.
Le greffier Le juge
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Caisse d'épargne ·
- Commandement ·
- Créance ·
- Caution ·
- Exécution ·
- Retrait ·
- Finances ·
- Cession ·
- Juge ·
- Grâce
- Interprète ·
- Atlantique ·
- Tribunal judiciaire ·
- Garde à vue ·
- Impossibilité ·
- Télécommunication ·
- Irrégularité ·
- Procédure ·
- Langue ·
- République
- Autres demandes en matière de baux commerciaux ·
- Poids lourd ·
- Sociétés ·
- Facture ·
- Bailleur ·
- Preneur ·
- État ·
- Titre ·
- Dépôt ·
- Parking ·
- Réparation
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Mission ·
- Pin ·
- Extensions ·
- Commissaire de justice ·
- Expert ·
- Hôtel ·
- Référé ·
- Technicien ·
- Technique ·
- Siège social
- Bail ·
- Résiliation ·
- Commandement de payer ·
- Adresses ·
- Expulsion ·
- Paiement des loyers ·
- Protection ·
- Logement ·
- Assignation ·
- Dette
- Restriction ·
- Handicapé ·
- Adulte ·
- Accès ·
- Emploi ·
- Tribunal judiciaire ·
- Incapacité ·
- Allocation ·
- Action sociale ·
- Personnes
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Saisie immobilière ·
- Londres ·
- Mise en demeure ·
- Banque ·
- Vente forcée ·
- Créanciers ·
- Commandement de payer ·
- Hypothèque légale ·
- Saisie ·
- Crédit agricole
- Logement ·
- Action ·
- Résiliation du bail ·
- Bailleur ·
- Loyer ·
- Expulsion ·
- Clause resolutoire ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Commandement de payer ·
- Service
- Sport ·
- Loisir ·
- Préjudice ·
- Titre ·
- In solidum ·
- Rente ·
- Consolidation ·
- Tierce personne ·
- Indemnisation ·
- Victime
Sur les mêmes thèmes • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Maroc ·
- Défense au fond ·
- Désistement d'instance ·
- Adresses ·
- Fins de non-recevoir ·
- Siège social ·
- Audience ·
- Défense ·
- Conforme
- Expertise ·
- Adresses ·
- Assureur ·
- Siège social ·
- Tribunal judiciaire ·
- Réserve ·
- Hors de cause ·
- Énergie ·
- Demande ·
- Jonction
- Enfant ·
- Contribution ·
- Partage ·
- Education ·
- Divorce ·
- Autorité parentale ·
- Vacances ·
- Débiteur ·
- Prestation familiale ·
- Etat civil
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.