Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Nîmes, juge libertes detention, 24 avr. 2026, n° 26/02100 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/02100 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de rétention administrative |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
COUR D’APPEL DE NÎMES
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NÎMES
MAGISTRAT DU SIEGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES
Requête: N° RG 26/02100 – N° Portalis DBX2-W-B7K-LQSU
ORDONNANCE DU 24 Avril 2026 SUR LA DEMANDE DE SECONDE PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE
Nous, Laure CAVAIGNAC, vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES, assistée de Julie EZQUERRA, Greffier, siégeant publiquement conformément à l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
Vu les articles L. 742-1 à L. 743-25 et les articles R. 743-1 à R. 743-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
En vertu de l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une visio-conférence a été organisée entre le tribunal judiciaire de Nîmes et le centre de rétention de Nîmes pour la tenue de l’audience.
Les avis prévus par les articles R. 743-3 et R . 743-4 du CESEDA ayant été donnés par le greffier ;
Vu la requête reçue au greffe le 23 Avril 2026 à 14 heures 48 enregistrée sous le numéro N° RG 26/02100 – N° Portalis DBX2-W-B7K-LQSU présentée par Monsieur LE PREFET DU [N] concernant
Monsieur [T] [G]
né le 10 Juillet 1994 à [Localité 1] (MAROC)
de nationalité Marocaine ;
Vu l’arrêté préfectoral d’expulsion en date du 08 décembre 2025 et notifié le 10 décembre 2025 ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 25 mars 2026 notifiée le même jour à 08 heures 26
Attendu que Monsieur le Préfet requérant, régulièrement avisé, est représenté par Monsieur [U], fonctionnaire administratif assermenté ;
Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Laurence AGUILAR, avocat commis d’office, désigné par Madame le Bâtonnier du Barreau de NÎMES, qui a pris connaissance de la procédure et s’est entretenu librement avec son client ;
Attendu qu’en application de l’article L.141-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre et savoir lire la langue française et a donc été entendue en cette langue ;
DEROULEMENT DES DEBATS
Me [F] [W] ne soulève aucune nullité de procédure ;
La personne étrangère déclare: L’original de mon passeport, ça fait au moins 16 ans que je suis pas allé au Maroc. Je ne sais pas où il est mon passeport, il est perdu.Je suis en france depuis mes 6 ans, je n’ai aucune attaches au Maroc, même la langue je n’arrive pas à la parler. Je n’arrive même pas à comprendre, on est que deux à parler Français. Je sais même pas ce que je fous au centre de rétention, vous auriez du me mettre en assignation à résidence, j’ai des enfants. Si j’avais mon passeport je le donnerai de suite. J’ai pas été condamné pour violence, j’ai jamais violencé des mineurs Madame. Des violences sur conjoints oui, pas sur des mineurs Madame. Je n’ai tué personne, il y en a ils ont tué ils ont pas eu comme moi. c’est un film là, je sais pas ce qu’il m’arrive Madame la Juge. Je vais dire la vérité, je suis là un matin je serai plus ici. J’ai des envies de suicide. J’ai rien à faire ici alors que le Maroc veut pas donner de laissez-passer.
Le représentant de la Préfecture : Arrêté préfectoral d’expulsion, référé suspension rejeté par le TA de [Localité 2] en mars 2026. 10 condamnations sur son casier, constitue unemenace à l’ordre public. Consulat saisi en février 2026 et relancé en avril 2026. Copie du passeport fourni.
Sur le fond, le représentant de la Préfecture demande la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [T] [G].
Sur le fond, Me [F] [W] plaide le non renouvellement de la rétention administrative de son client pour les motifs suivant :
pas de décision prise sur le fond du référé suspension. Il n’a pas d’attaches au Maroc, ne parle pas la langue. Copie du passeport fournie, il est père d’enfants français.
La personne étrangère déclare : Je n’ai rien à ajouter.
MOTIFS DE LA DECISION
— sur le fond
Attendu que conformément à l’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, un délai de vingt-six jours s’est écoulé depuis l’expiration du délai de 04 jours mentionné au I de l’article L. 741-1 ;
Attendu qu’il est établi, en l’espèce :
1° une urgence absolue ou une menace pour l’ordre public,
2° que l’impossibilité d’exécuter la mesure d’éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l’intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l’obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° que la mesure d’éloignement n’a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé ou de l’absence de moyens de transport ;
4° que la mesure d’éloignement n’a pu être exécutée en raison d’une délivrance tardive des documents de voyage ;
Attendu que Monsieur [T] [G] n’a pas remis l’original d’un passeport en cours de validité et ne remplit dès lors pas les conditions légales fixées par l’article L743-13 du CESEDA pour être assigné à résidence dans l’attente de la mise à exécution de sa mesure d’éloignement ; que les autorités marocaines ont été saisies le 18 février 2026 puis les 3,12 et 23 mars 2026 ; qu’une relance a été adressée à ces dernières le 7 avril dernier ; qu’il est ainsi justifié de l’accomplissement des diligences nécessaires à la mise à exécution de la mesure d’éloignement ; qu’il convient de rappeler que le casier judiciaire de l’intéressé porte trace de 10 condamnations ; qu’il a notamment été condamné pour des faits de violences volontaires sur mineur par ascendant et des faits de violences sur conjoint en présence de mineur ; qu’il peut ainsi être considéré que sa présence sur le territoire est constitutive d’une menace pour l’ordre public ; qu’il y a lieu d’autoriser la prolongation de la mesure de rétention dont il fait l’objet ;
PAR CES MOTIFS
DECLARONS la requête recevable ;
ORDONNONS pour une durée maximale de 30 jours commençant à l’expiration du délai de 26 jours précédemment accordé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire, de Monsieur [T] [G]
né le 10 Juillet 1994 à [Localité 1] (MAROC)
de nationalité Marocaine
et DISONS que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 30 jours à compter du 25 avril 2026 ;
RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention de [Localité 2] ;
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d’être frappée d’appel devant le Premier Président de la Cour d’Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d’être prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l’appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d’Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [Etablissement 1] demandeur et à Monsieur le Procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Fait à [Localité 2], en audience publique, le 24 Avril 2026 à
LE GREFFIER LA PRESIDENTE
Reçu notification le 24 Avril 2026 à
[B] L’INTÉRESSÉ L’AVOCAT L’INTERPRÈTE
Pris connaissance ce jour à heures
☐ de l’ordonnance de maintien en rétention de Monsieur [T] [G]
et déclare :
☐ Faire appel de la présente ordonnance assorti d’une demande d’effet suspensif devant Monsieur le Premier Président
☐ Ne pas faire appel de la présente ordonnance
Le Procureur de la République
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Monsieur [Q]
le 24 Avril 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée au Centre de Rétention Administrative de [Localité 2];
le 24 Avril 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée par le Centre de Rétention Administrative de [Localité 2] au retenu, accompagnée du récépissé de notification ;
le 24 Avril 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Me Laurence AGUILAR ;
le 24 Avril 2026 à par mail Le Greffier
PROCÈS VERBAL DES OPÉRATIONS TECHNIQUES
UTILISATION D’UN MOYEN DE TÉLÉCOMMUNICATION AU [Localité 3] D’UNE AUDIENCE TENUE EN MATIERE DE RETENION ADMINISTRATIVE
(art L743-7 du CESEDA)
Visio conférence tenue le 24 Avril 2026 entre le Tribunal Judiciaire de NIMES et le Centre de rétention de NIMES
dans la procédure suivie contre :
Monsieur [B] [A] contre Monsieur [T] [G]
Procès verbal établi par Julie EZQUERRA greffier
La communication a été établie à 10h03
Les tests de vérification du caractère correct de la liaison ont été effectués
La communication a été interrompue à 10h10
x La liaison n’a pas été perturbée par un incident technique
☐ La liaison a été perturbée par l’incident technique suivant :
Fait à [Localité 2], le 24 Avril 2026
RÉCÉPISSÉ A REMPLIR PAR L’INTERMÉDIAIRE DU CRA DE [Localité 2]
Monsieur [T] [G] reconnaît avoir :
Reçu notification le ………………………… à ……………………………… heures de l’ordonnance de prolongation de la rétention administrative rendue le 24 Avril 2026 par Laure CAVAIGNAC, vice-présidente, magistrat du siège de tribunal judiciaire de NIMES
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d’être frappée d’appel devant le Premier Président de la Cour d’Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d’être prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l’appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d’Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [Etablissement 1] demandeur et à Monsieur le procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Signature du requérant
Cette ordonnance a été traduite oralement en…………………………………………………….
langue que le requérant comprend ;
le ………………………………………………………… à ……………………… [L]
Par l’intermédiaire de :
☐………………………………………………………………………, interprète
☐ inscrit sur les listes de la CA ☐ non inscrit sur les listes de la CA
☐ L’ISM, par téléphone
avec …………………………………………….., interprète en langue ……………………………………………………
SIGNATURE (interprète (si présent ) ou personnel du CHU, en précisant la qualité, et l’identité )
MERCI DE FAIRE RETOUR DE CE FORMULAIRE AU GREFFE DU JLD : [Courriel 2] (04.66.76.48.76)
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Hospitalisation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Trouble ·
- Certificat médical ·
- Hôpitaux ·
- Consentement ·
- Tiers ·
- Cliniques ·
- Santé publique ·
- Contrainte
- Notaire ·
- Len ·
- Successions ·
- Recel successoral ·
- Juge ·
- Partage amiable ·
- Partie ·
- Dire ·
- Immeuble ·
- Compte
- Tribunal judiciaire ·
- Désistement ·
- Adresses ·
- Instance ·
- Vices ·
- Fins ·
- Site ·
- Siège social ·
- Sociétés ·
- Conforme
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Désistement d'instance ·
- Canada ·
- Action ·
- Assistant ·
- République tchèque ·
- Sociétés ·
- Adresses ·
- Dessaisissement ·
- Jugement
- Isolement ·
- Renouvellement ·
- Santé publique ·
- Tribunal judiciaire ·
- Centre hospitalier ·
- Évaluation ·
- Information ·
- Saisine ·
- Mainlevée ·
- Courriel
- Clôture ·
- Révocation ·
- Mise en état ·
- Responsive ·
- Ordonnance ·
- Veuve ·
- Plaidoirie ·
- Tribunal judiciaire ·
- Conclusion ·
- Messages électronique
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Brie ·
- Picardie ·
- Consommation ·
- Crédit ·
- Capital ·
- Commissaire de justice ·
- Intérêt ·
- Déchéance du terme ·
- Contrat de prêt ·
- Sociétés coopératives
- Dommages causés par des véhicules ·
- Responsabilité et quasi-contrats ·
- Déficit fonctionnel temporaire ·
- Préjudice ·
- Sociétés ·
- Consolidation ·
- Révocation ·
- Clôture ·
- Indemnisation ·
- Souffrances endurées ·
- Débours ·
- Déficit fonctionnel permanent
- Gueldre ·
- Commissaire de justice ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Clause resolutoire ·
- Bail commercial ·
- Commandement de payer ·
- Expulsion ·
- Force publique ·
- Résiliation ·
- Enseigne
Sur les mêmes thèmes • 3
- Clause resolutoire ·
- Loyer ·
- Commandement de payer ·
- Bailleur ·
- Veuve ·
- Locataire ·
- Commissaire de justice ·
- Référé ·
- Résiliation ·
- Tribunal judiciaire
- Tribunal judiciaire ·
- Mise en état ·
- Charges de copropriété ·
- Clôture ·
- Carolines ·
- Papier ·
- Syndic ·
- Pièces ·
- Juge ·
- Délais
- Finances ·
- Déchéance du terme ·
- Intérêt ·
- Mise en demeure ·
- Paiement ·
- Défaillance ·
- Consommation ·
- Retard ·
- Prêt ·
- Créanciers
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.