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Sur la décision
| Référence : | TJ Toulon, pole jcp, 27 mai 2025, n° 25/00187 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00187 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "conditionnelle" ordonnée en référé avec suspension des effets de la clause résolutoire |
| Date de dernière mise à jour : | 25 septembre 2025 |
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Texte intégral
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TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULON
PÔLE JCP – RÉFÉRÉ
Minute n° 25 /
N° RG 25/00187 – N° Portalis DB3E-W-B7I-NEGG
AFFAIRE :
TOULON HABITAT MEDITERRANEE – OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT
C/
[G]
Grosse exécutoire : THM + dossier de plaidoirie
Copie : Mme [X] [G]
délivrées le
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
DU 27 MAI 2025
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
Dans l’affaire opposant :
DEMANDEUR :
TOULON HABITAT MEDITERRANEE – OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT
Avenue Franklin Roosevelt
Immeuble Le Saint Matthieu – BP 1309
83076 TOULON CEDEX
représentée par Mme [M] [U], munie d’un pouvoir
à
DÉFENDEUR :
Madame [X] [G]
07 rue Docteur Vaillant
Le Kennedy – étage 2. appart. 0203
83500 LA SEYNE-SUR-MER
comparante en personne
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Magistrat à titre temporaire : Gilles COMBREDET
Greffier : Karine PASCAL
PROCÉDURE :
Date de la première évocation : 25 Mars 2025
Date des débats : 25 Mars 2025
Date du délibéré : 27 Mai 2025
ORDONNANCE :
Rendue en premier ressort, prononcée par mise à disposition au greffe le 27 MAI 2025 par Gilles COMBREDET, magistrat à titre temporaire, assisté de Karine PASCAL, Greffier.
EXPOSE DU LITIGE
Vu l’assignation en référé du 18 décembre 2024 délivrée à la demande de TOULON HABITAT MEDITERRANEE office public de l’habitat de Toulon, ci-après désigné le bailleur, à l’encontre de [G] [X], ci-après désignée la locataire, à laquelle il convient de se référer pour un plus ample exposé des moyens et prétentions.
A l’audience du 25 mars 2025, le demandeur, non présent mais représenté par madame [M] [U] munie d’un pouvoir a indiqué qu’il maintenait ses demandes en constatation de la résiliation de plein droit du bail, en expulsion de la locataire, des personnes et des biens, la condamnation de la locataire à payer par provision 4.629,62 euros, somme arrêtée au 21 mars 2025, au titre des impayés locatifs et charges, outre une indemnité d’occupation égale au montant du dernier loyer augmenté des charges jusqu’à complète libération des lieux, 400,00 euros au titre des frais irrépétibles et les entiers dépens. Il ajoute que la locataire n’a pas fait de paiement depuis mai 2024, qu’il y a un suivi social mais que la locataire n’a pas coopéré, que le loyer est de 582,98 euros sans APL.
La locataire [G] [X] est présente. Elle déclare qu’elle a eu deux décès dans sa famille en quelques mois et qu’elle est tombée en dépression, qu’elle a fait « l’autruche », qu’elle n’a pas ouvert sa BAL, qu’elle a été licenciée pour faute grave, qu’elle a été privée d’ARE, que d’octobre 21 à janvier 25 elle a payé ses dettes, qu’elle a retrouvé un emploi, qu’elle perçoit 1.300/1.400,00 euros par mois, qu’elle a payé le dernier mois, qu’elle travaille à Carrefour Market.
La décision a été mise en délibéré au 27 mai 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
Il résulte des pièces versées aux débats que les parties sont liées par un bail du 1er juillet 2019 avec avenant du 29 mai 2024 contenant une clause résolutoire pour un logement sis 7 rue du Docteur Vaillant, Le Kennedy, 2ème étage, appart. 0203, 83500 LA SEYNE SUR MER.
La procédure diligentée est régulière pour avoir respecté toutes les exigences de la loi notamment quant à la forme du commandement de payer du 14 octobre 2024, à la notification de la présente assignation au représentant de l’Etat deux mois avant l’audience pour lui permettre de saisir les organismes sociaux et les services compétents.
Il résulte des pièces et de l’audience que le retard pris par la locataire dans le paiement des loyers et charges est de 4.629,62 euros au titre des impayés locatifs selon décompte arrêté au 21 mars 2025.
Il s’ensuit que la locataire sera condamnée au paiement de la somme provisionnelle de 4.629,62 euros.
Attendu que les dispositions de la loi n°462-89 du 6 juillet 1989 en son article 24 V : « Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que la locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative ».
Selon décompte joint par le bailleur, les appels de loyers sont effectués en fin de mois, le mois de mars 2025 n’a pas encore été appelé.
A la barre, la locataire nous informe qu’elle a payé le dernier mois.
En conséquence, il sera accordé un délai de paiement de 36 échéances de 128,00 euros, la dernière échéance soldant la dette, payables chaque mois en même temps que le loyer et les charges, le tout en sus du loyer et des charges en cours.
Concernant le diagnostic social et financier du locataire, les services sociaux du département du Var nous ont transmis le 18 février 2025 un rapport confirmant les dires de la locataire qui s’est isolée alors qu’elle traversait une période de difficultés personnelles. L’entretien démontre que la locataire s’est reprise en mains, qu’elle s’engage à reprendre ses loyers, demande un échéancier.
Malgré le rappel de façon claire et légale de la clause résolutoire prévue au bail faisant la loi des parties et de ses conséquences graves par le commandement lequel imposait de régler l’arriéré de loyer dans le délai de deux mois, la locataire n’a pas apuré l’intégralité de la dette dans le délai.
Force est de constater que par l’acquisition de la clause résolutoire du contrat, le bail s’est trouvé résilié de plein droit le 14 décembre 2024 à minuit pour non apurement de la dette dans le délai imparti, qu’à cette date la locataire est devenue occupante sans droit ni titre du logement sis 7 rue du Docteur Vaillant, Le Kennedy, 2ème étage, appart. 0203, 83500 LA SEYNE SUR MER.
L’expulsion de la locataire, de ses biens et de tous occupants de son chef sera prévue en cas de défaut de paiement. Le sort des meubles sera régi par les dispositions du code des procédures civiles d’exécution.
L’indemnité d’occupation, dont la nature mixte, compensatoire et indemnitaire, constitue la contrepartie de l’occupation du bien après résiliation du bail et de son indisponibilité pour le bailleur. Il convient de n’accorder en référé qu’une provision au titre de l’indemnité d’occupation, dans sa partie non contestable, soit un loyer égal au dernier loyer augmenté des charges, que la locataire aurait payé si le bail s’était poursuivi. En l’espèce, le bail se trouve résilié depuis le 14 décembre 2024 à minuit, la locataire est occupante sans droit ni titre depuis cette date. Le dernier loyer appelé selon décompte du 21 mars 2025 est de 582,98 euros. La fraction d’ores et déjà échue des indemnités d’occupation au 21 mars 2025 est incluse dans la condamnation prononcée au titre de l’arriéré. La locataire reste redevable, à défaut de libération des lieux, de cette indemnité à compter du 21 mars 2025.
En conséquence, il convient de condamner la locataire au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle égale au dernier loyer augmenté des charges, soit la somme de 582,98 euros à compter du 21 mars 2025, non indexable et sans intérêt s’agissant d’une indemnité non contractuelle, jusqu’à la libération effective des lieux avec remise des clés.
En outre, la locataire bénéficiant d’un échéancier, l’indemnité d’occupation prendra effet à compter de la déchéance du terme par le bailleur. En ce cas, l’indemnité d’occupation sera réactualisée au montant du dernier loyer échu, charges incluses.
La locataire sera tenue aux entiers dépens et à payer la somme de 150,00 euros au bailleur au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Vu l’urgence,
Statuant par ordonnance contradictoire, mise à disposition au greffe, en premier ressort,
Au principal renvoyons les parties à mieux se pourvoir mais, d’ores et déjà :
Constatons que TOULON HABITAT MEDITERRANEE est en droit d’invoquer la résiliation du bail le 14 décembre 2024 à minuit par le jeu de l’acquisition de la clause résolutoire de plein droit contenu dans ledit bail consenti à [G] [X] sur les locaux sis 7 rue du Docteur Vaillant, Le Kennedy, 2ème étage, appart. 0203, 83500 LA SEYNE SUR MER.
Condamnons [G] [X], occupante sans droit ni titre du logement depuis l’acquisition de la clause résolutoire du bail, à payer par provision à TOULON HABITAT MEDITERRANEE à compter du 21 mars 2025 une indemnité d’occupation égale au montant mensuel du loyer et des charges, soit la somme de 582,98 euros, non indexable et sans intérêt s’agissant d’une indemnité non contractuelle, jusqu’à complète libération des lieux et remise des clés.
Condamnons [G] [X] à payer par provision à TOULON HABITAT MEDITERRANEE la somme de 4.629,62 euros correspondant aux loyers, charges et indemnités dus, arrêtée au 21 mars 2025.
Autorisons [G] [X] à s’acquitter de cette somme par 36 versements mensuels successifs de 128,00 euros chacun, le 36ème versement soldant la dette, le tout en sus du loyer et des charges mensuels,
Disons que le premier paiement doit intervenir avant le 10 du mois suivant la signification de l’ordonnance et les règlements ultérieurs avant le 10ème jour de chaque mois.
Disons que, pendant les délais ainsi accordés, les effets de la clause de résiliation de plein droit sont suspendus.
Disons que, si la locataire se libère du montant selon les modalités sus-indiquées, la clause de résiliation de plein droit sera réputée ne pas avoir joué.
Disons que, dans le cas contraire, la clause résolutoire reprendra son effet et le bailleur, sans qu’une nouvelle décision judiciaire soit prise, sera en droit d’invoquer la résiliation de plein droit du bail à compter de la date de la déchéance du terme pour non-respect de l’échéancier, la locataire étant alors considérée comme occupante sans droit ni titre.
Et, en ce cas, sans qu’une nouvelle décision de justice soit nécessaire, PRONONCONS la déchéance du terme ; ORDONNONS, l’expulsion de la locataire et des biens ainsi que tous occupants de son chef au besoin avec l’assistance de la force publique ; le sort des meubles sera régi par les dispositions du code des procédures civiles d’exécution ; CONDAMNONS [G] [X] à payer par provision au bailleur, jusqu’au départ effectif, une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du dernier loyer échu, augmenté des charges.
Disons que, dans le cas d’une telle défaillance TOULON HABITAT MEDITERRANEE pourra exiger immédiatement l’intégralité de la somme restante due.
Condamnons [G] [X] aux entiers dépens.
Condamnons [G] [X] à payer la somme de 150,00 euros à TOULON HABITAT MEDITERRANEE au titre des frais irrépétibles.
Le greffier Le président
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