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Sur la décision
| Référence : | TJ Valenciennes, jld, 17 mars 2026, n° 26/00125 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00125 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Maintien de la mesure de soins psychiatriques |
| Date de dernière mise à jour : | 1 avril 2026 |
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Texte intégral
Cour d’Appel de Douai
Tribunal Judiciaire de Valenciennes
Magistrat du siège chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement
N° RG 26/00125 – N° Portalis DBZT-W-B7K-G6EV
Audience du 17 Mars 2026
Minute N°
ORDONNANCE SUR CONTRÔLE SYSTÉMATIQUE
DES HOSPITALISATIONS PSYCHIATRIQUES CONTRAINTES
(art. L 3211-12-1 du code de la santé publique)
Demandeur : CENTRE HOSPITALIER DE VALENCIENNES, dont le siège social est sis Avenue Désandrouin – BP 479 – 59322 VALENCIENNES
concernant : M., [K], [N]
né le 15 Novembre 1998 à DECHY (59187), demeurant 91 Rue de St Waast – Résidence des champs fleuris masny – 59410 ANZIN
assujetti(e) à des soins psychiatriques contraints sous le régime d’hospitalisation complète depuis le 8 mars 2026 au CENTRE HOSPITALIER DE VALENCIENNES dans le cadre d’une hospitalisation sous contrainte à la demande d’un tiers.
assisté(e) de Me Frédéric NADER, avocat au barreau de Valenciennes, avocat commis d’office ou au titre de l’aide juridictionnelle selon le décret du 15 août 2014 en application de la loi du 28 septembre 2013.
Magistrat du siège chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement : Hannelore DELY JARINSKIGreffier : Corinne MASSON
EN L’ABSENCE DE :
Monsieur le procureur de la République ayant déposé des réquisitions écrites ;
Monsieur le directeur du centre hospitalier d’accueil, non représenté ;,
[F], [Q], tiers intervenu lors de la décision d’hospitalisation, agissant en qualité de oncle;
DÉBATS : à l’audience publique du Mardi 17 Mars 2026 à 09 H 45
DÉCISION prononcée ce jour, copie de la décision sera notifiée aux parties à l’instance, avec précision des modalités de la voie de recours.
SITUATION ET PROCÉDURE
,
[K], [N] a fait l’objet de soins psychiatriques contraints impliquant son hospitalisation complète sous la responsabilité du CENTRE HOSPITALIER DE VALENCIENNES, depuis le 8 mars 2026, à la demande d’un tiers (art.L 3212-1-II 1°) dans une situation d’urgence exposant l’intégrité du malade à un risque grave (art. L 3212-3).
Le
magistrat du siège chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement a été saisi le 13 Mars 2026 par le directeur du CENTRE HOSPITALIER DE VALENCIENNES de l’éventualité d’avoir à prolonger le régime d’hospitalisation complète au delà de 12 jours continus.
À cette saisine ont été transmis par le directeur du CENTRE HOSPITALIER DE VALENCIENNES les documents administratifs et médicaux relatifs à la mesure imposant les soins psychiatriques à, [K], [N].
Vu la demande d’admission en hospitalisation complète de, [K], [N] présentée par, [K], [N] le 8 mars 2026 en qualité de oncle de l’intéressé(e) ;
Vu le certificat médical initial établi le 8 mars 2026 par le Docteur, [H], [W] établissant un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade ;
Vu la décision du directeur du CENTRE HOSPITALIER DE VALENCIENNES en date du 9 mars 2026 prononçant l’admission de, [K], [N] en hospitalisation complète ;
Vu la notification de cette décision ou l’information de la personne hospitalisée, en date du 9 mars 2026;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 9 mars 2026 par le Docteur, [H], [W];
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 11 mars 2026 par le Docteur, [M], [V];
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 11 mars 2026 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de, [K], [N] ;
Vu la notification de cette décision ou l’information de la personne hospitalisée, en date du 12 mars 2026;
Vu la saisine par le directeur de l’établissement du magistrat du siège chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement reçue au greffe de la juridiction le 13 Mars 2026;
Vu l’avis motivé établi le 13 mars 2026 par le Docteur, [U], [W];
Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 16 mars 2026 ;
Vu le débat en date du 17 Mars 2026;
Me, [L], [B] a été commis d’office par le bâtonnier de l’ordre du barreau de Valenciennes, pour assister, [K], [N].
Les parties intéressées ont été avisées de l’audience du 17 Mars 2026 à 09 H 45.
Après avoir donné connaissance aux parties présentes des documents administratifs et médicaux figurant au dossier, qu’en outre ils ont pu consulter au greffe, ou par le patient, dans l’établissement d’accueil. Le débat s’est déroulé comme suit : à l’audience, il a été procédé à l’audition de, [K], [N] et de son conseil. Le ministère public a conclu le 16 mars 2026 à la prolongation de l’hospitalisation.
MOTIFS DE LA DÉCISION
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
Le
magistrat chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis. Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
,
[K], [N] était hospitalisé(e) au CENTRE HOSPITALIER DE VALENCIENNES sans son consentement le 8 mars 2026 dans les conditions rappelées dans l’en-tête de la présente ordonnance.
Le certificat médical initial établi le 8 mars 2026 par le Docteur Docteur, [H], [W] décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : Mr, [N] souffre d’hétéroagressivité ,d’idées délirantes , de persécution et d’hallucinations auditives ambivalente par rapport aux soins ; ses troubles mentaux rendent impossible son consentement..
Etait alors constaté le risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade.
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité , notamment en ce que le patient présentait une décompensation aigüe de sa schizophrénie si bien que la prise en charge de, [K], [N] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L’avis motivé est daté du 13 mars 2026. Il résulte des éléments médicaux joints à la requête que Mr, [N] est hospitalisé pour une nouvelle décompensation aigue de sa schizophrénie ; il présente toujours un syndrome de désorganisation et une tension interne. il ne critique pas son passage à l’acte hétéroagressif. On retrouve toujours des idées délirantes de persécution et son discernement est altéré. Il n’est pas en mesure de donner son consentement aux soins.
A l’audience,, [K], [N] ne reconnaît pas souffrir d’une pathologie psychiatrique et indique vouloir sortir se sentant mieux.
Le conseil de, [K], [N] était entendu en ses observations. Il ne critiquait pas la procédure et soutenait la demande de sortie du patient.
Pourtant, il résulte de l’ensemble de ces éléments que la procédure relative à l’admission de, [K], [N] en hospitalisation complète est régulière, que l’état mental de, [K], [N] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète le temps qu’il soit stabilisé suite à sa décompensation aigüe de sa schizophrénie.
La présente décision étant rendue dans l’intérêt de l’ordre public sanitaire, les dépens seront mis à la charge du Trésor public.
PAR CES MOTIFS
NOUS, Hannelore DELY JARINSKI,
magistrat du siège chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement, statuant par décision réputée contradictoire et en premier ressort ;
VU les dispositions des articles L 3211-1 et suivants et R 3211-7 et suivants du code de la santé publique ;
AUTORISONS la poursuite des soins psychiatriques imposés à, [K], [N] sous le régime de l’hospitalisation complète au delà du 12e jour de son admission d’hospitalisation continue ;
INFORMONS les parties ainsi que leur représentant que le délai d’appel est de dix jours à compter de ce jour et que cet appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’Appel de Douai ;
DISONS que la présente décision sera notifiée aux parties, à M. le directeur du centre hospitalier et au tiers intervenu pour l’hospitalisation et qu’elle est communiquée au ministère public.
LAISSONS les dépens à la charge du Trésor public.
Ainsi jugé et prononcé publiquement les an, mois et jour susdits.
Le Greffier, Le
magistrat chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement,
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Textes cités dans la décision
- Constitution du 4 octobre 1958
- DÉCRET n°2014-897 du 15 août 2014
- Code de la santé publique
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