Confirmation 25 septembre 2025
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CA Lyon, retentions, 25 sept. 2025, n° 25/07643 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Lyon |
| Numéro(s) : | 25/07643 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 5 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
N° RG 25/07643 – N° Portalis DBVX-V-B7J-QRY7
Nom du ressortissant :
[D] [C] [R]
[R]
C/
LA PREFETE DU RHÔNE
COUR D’APPEL DE LYON
JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT
ORDONNANCE DU 25 SEPTEMBRE 2025
statuant en matière de Rétentions Administratives des Etrangers
Nous, Isabelle OUDOT, conseillère à la cour d’appel de Lyon, déléguée par ordonnance de madame la première présidente de ladite Cour en date du 1er septembre 2025 pour statuer sur les procédures ouvertes en application des articles L.342-7, L. 342-12, L. 743-11 et L. 743-21 du code d’entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d’asile,
Assistée de Carole NOIRARD, greffier placé,
En l’absence du ministère public,
Statuant en notre cabinet dans la procédure suivie entre :
APPELANT :
M. [D] [C] [R]
né le 20 Janvier 1991 à [Localité 3] (NIGERIA)
Actuellement retenu au Centre de rétention administrative de [Localité 4] [Localité 5] 1
Ayant pour conseil Maître Nathalie CARON, avocat au barreau de LYON, commis d’office
ET
INTIMEE :
Mme LA PREFETE DU RHÔNE
[Adresse 1]
[Localité 2]
Ayant pour conseil Maître IRIRIRA NGANGA Dan, avocat au barreau de LYON substituant Me Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON
Avons mis l’affaire en délibéré au à 15h15 et à cette date et heure prononcé l’ordonnance dont la teneur suit :
FAITS ET PROCÉDURE
Le 17 octobre 2023, une décision portant refus de délivrance de titre de séjour à [D] [C] [R] et lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour pendant 24 mois a été notifiée à [D] [C] [R] par le préfet du Rhône.
Par jugement du 27 mars 2025 le tribunal administratif de Lyon a rejeté les recours formés par [D] [C] [R].
Par jugement du 19 mars 2025, le tribunal correctionnel de Lyon a condamné [D] [C] [R] à la peine de 8 mois d’emprisonnement pour les faits de rébellion et violence sur un militaire de la gendarmerie nationale sans incapacité, le tribunal prononçant également à son encontre une interdiction du territoire national d’une durée de 5 ans.
Le 26 août 2025, un arrêté fixant le pays de destination pour permettre l’exécution de la mesure d’interdiction du territoire a été notifié à l’intéressé par le préfet du Rhône.
Par décision en date du 26 août 2025, l’autorité administrative a ordonné le placement de [D] [C] [R] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire afin de permettre l’exécution de la mesure d’interdiction du territoire.
Par ordonnance du 29 août 2025, confirmée en appel le 31 août 2025, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a prolongé la rétention administrative de [D] [C] [R] pour une durée de vingt-six jours.
Suivant requête du 23 septembre 2025, reçue le jour même à 14 heures 15, le préfet du Rhône a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner une nouvelle prolongation de la rétention pour une durée de trente jours.
Dans son ordonnance du 24 septembre 2025 à 12 heures le juge du tribunal judiciaire de Lyon a fait droit à cette requête.
Par déclaration au greffe le 24 septembre 2025 à 15 heures 09, [D] [C] [R] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l’infirmation outre sa mise en liberté au visa de l’article L 741-3 du CESEDA, [D] [C] [R] et motive sa requête d’appel comme suit : « J’estime que M. le Préfet du Rhône n’a pas effectue les diligences nécessaires afin d’organiser mon départ pendant le premier mois de ma rétention. »
Par courriel adressé le 24 septembre 2025 à 15 heures 35 les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l’article L. 743-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, le 25 septembre 2025 à 9 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l’absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l’absence d’éléments fournis à l’appui de la requête d’appel permettant de justifier qu’il soit mis fin à la rétention.
Vu les observations de l’avocat de la préfecture reçues par courriel le 24 septembre 2025 à 17 heures 32 tendant à la confirmation de la décision entreprise compte tenu des diligences déjà accomplies et justifiées.
Vu les observations de Maître Caron, avocat de la personne retenue, reçues par courriel le 24 septembre 2025 à 15 heures 49 par lesquelles elle indique ne pas avoir d’observations à formuler.
MOTIVATION
Attendu que l’appel de [D] [C] [R] relevé dans les formes et délais légaux est recevable ;
Attendu que l’article L. 741-3 du CESEDA rappelle qu’un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que le temps strictement nécessaire à son départ et que l’administration doit exercer toute diligence à cet effet ;
Attendu que l’article L. 742-4 du même code dispose que «Le juge peut, dans les mêmes conditions qu’à l’article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants :
1° En cas d’urgence absolue ou de menace pour l’ordre public ;
2° Lorsque l’impossibilité d’exécuter la décision d’éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l’intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l’obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° Lorsque la décision d’éloignement n’a pu être exécutée en raison :
a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l’exécution de la décision d’éloignement ;
b) de l’absence de moyens de transport.
L’étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l’article L. 742-2.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l’expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d’une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n’excède alors pas soixante jours.»;
Attendu qu’aux termes de l’alinéa 2 de l’article L. 743-23 du CESEDA, le premier président ou son délégué peut, lorsqu’il est saisi d’un appel contre une décision rendue par le juge dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, rejeter la déclaration d’appel sans avoir préalablement convoqué les parties s’il apparaît qu’aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n’est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l’appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu’il soit mis fin à la rétention ;
Attendu qu’en l’espèce devant le premier juge [D] [C] [R] n’a fait valoir aucun moyen relatif à une carence de l’autorité administrative dans les diligences faites pour organiser son éloignement pendant le premier mois de sa rétention ; Que ce moyen est soutenu pour la première fois en appel pour solliciter sa mise en liberté ;
Attendu que l’obligation de diligences qui incombe à l’autorité préfectorale en application des dispositions de l’article L. 741-3 du CESEDA est une obligation de moyen et non une obligation de résultat, étant précisé que la préfecture ne dispose d’aucun pouvoir de coercition ou de contrainte à l’égard des autorités consulaires ;
Attendu que dans sa requête en prolongation de la rétention de [D] [C] [R], l’autorité préfectorale fait valoir notamment que :
— elle a saisi dès le 25 août 2025 les autorités consulaires du Niger afin d’obtenir la délivrance d’un laissez-passer pour [D] [C] [R] qui circulait sans document d’identité ou de voyage en cours de validité ;
— le 26 août 2025 l’unité centrale d’identification (UCI) a été saisie pour soutenir la demande de laissez-passer,
— une audition consulaire par visio-conférence a été prévue le 11 septembre 2025 mais [D] [C] [R] a refusé de s’y rendre,
— une nouvelle audition consulaire par visio conférence est programmée le 30 septembre 2025 ;
Que la réalité de ces diligences, justifiées par les pièces de la procédure, notamment par le procès-verbal du 11 septembre 2025 par lequel les policiers en fonction au centre de rétention ont relevé le refus de [D] [C] [R] de se présenter au rendez-vous consulaire, n’est pas contestée ; Que par son attitude [D] [C] [R] contribue à la longueur de sa rétention ; Que de surcroît il ne précise pas d’autres diligences utiles susceptibles d’être engagées par l’autorité administrative ; Qu’il est caractérisé que la préfecture du Rhône a accompli les diligences nécessaires et suffisantes pour permettre l’exécution de la mesure d’éloignement ;
Qu’il en résulte que le moyen tiré de l’absence de diligences ainsi que la prétention qui lui est associée tendent uniquement à solliciter une mise en liberté et à obtenir de manière claire la mainlevée de la rétention administrative ce qui relève manifestement des prévisions de l’article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA ;
Qu’il y a lieu de considérer que les éléments invoqués par [D] [C] [R] ne permettent pas de justifier qu’il soit mis à sa rétention administrative tandis qu’il n’invoque ni ne justifie d’aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention ;
Attendu que son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l’ordonnance querellée est confirmée ;
PAR CES MOTIFS
Déclarons recevable l’appel formé par [D] [C] [R],
Confirmons l’ordonnance déférée.
Le greffier, La conseillère déléguée,
Carole NOIRARD Isabelle OUDOT
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Médias ·
- Monde ·
- Désistement ·
- Dessaisissement ·
- Adresses ·
- Mise en état ·
- Acceptation ·
- Électronique ·
- Instance ·
- Maroc
- Insuffisance d’actif ·
- Faute de gestion ·
- Cessation des paiements ·
- Comptabilité ·
- Liquidateur ·
- Sociétés ·
- Commerce ·
- Paiement ·
- Négligence ·
- Tribunaux de commerce
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Reclassement ·
- Médecin du travail ·
- Poste ·
- Indemnité ·
- Licenciement ·
- Salariée ·
- Sociétés ·
- Comités ·
- Restriction ·
- Courriel
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Contrats ·
- Incident ·
- Mise en état ·
- Désistement ·
- Audit ·
- Siège ·
- Date ·
- Dessaisissement ·
- Charges ·
- Avocat ·
- Acceptation
- Relations du travail et protection sociale ·
- Demande d'indemnités ou de salaires ·
- Relations individuelles de travail ·
- Retraite ·
- Cotisations ·
- Prescription ·
- Salaire ·
- Salarié ·
- Action ·
- Congés payés ·
- Demande ·
- Conclusion ·
- Congé
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Travail ·
- Salarié ·
- Maladie professionnelle ·
- Employeur ·
- Contingent ·
- Licenciement ·
- Indemnité ·
- Repos compensateur ·
- Obligations de sécurité ·
- Échelon
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Associations ·
- Licenciement ·
- Employeur ·
- Travail ·
- Salarié ·
- Formation ·
- Sociétés ·
- Demande ·
- Collaborateur ·
- Titre
- Relations du travail et protection sociale ·
- Demande d'indemnités ou de salaires ·
- Relations individuelles de travail ·
- Ags ·
- Caducité ·
- Île-de-france ·
- Liquidateur ·
- Déclaration ·
- Mise en état ·
- Commissaire de justice ·
- Appel ·
- Délai ·
- Associations
- Salarié ·
- Travail ·
- Licenciement ·
- Employeur ·
- Fait ·
- Heures supplémentaires ·
- Entretien préalable ·
- Harcèlement moral ·
- Sécurité ·
- Obligations de sécurité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Relations du travail et protection sociale ·
- Relations individuelles de travail ·
- Pièces ·
- Licenciement ·
- École ·
- Employeur ·
- Salariée ·
- Propos ·
- Travail ·
- Enquête ·
- Horaire ·
- Test
- Droits attachés à la personne ·
- Droit des personnes ·
- Tribunal judiciaire ·
- Algérie ·
- Prolongation ·
- Étranger ·
- Décision d’éloignement ·
- Suisse ·
- Asile ·
- Consulat ·
- Liberté ·
- Vol
- Relations avec les personnes publiques ·
- Décès ·
- Héritier ·
- Courriel ·
- Honoraires ·
- Adresses ·
- Ordonnance de taxe ·
- Ordre des avocats ·
- Bâtonnier ·
- Copie ·
- Interruption
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.