Confirmation 18 février 2025
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Sur la décision
| Référence : | CA Paris, pôle 1 ch. 12, 18 févr. 2025, n° 25/00068 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Paris |
| Numéro(s) : | 25/00068 |
| Importance : | Inédit |
| Décision précédente : | Tribunal de grande instance de Paris, 9 janvier 2025, N° 25/00260 |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 15 avril 2025 |
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Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
COUR D’APPEL DE PARIS
Pôle 1 – Chambre 12
SOINS PSYCHIATRIQUES SANS CONSENTEMENT
ORDONNANCE DU 18 FEVRIER 2025
(n°68, 4 pages)
N° du répertoire général : N° RG 25/00068 – N° Portalis 35L7-V-B7J-CKYHZ
Décision déférée à la Cour : Ordonnance du 09 Janvier 2025 -Tribunal Judiciaire de PARIS (Magistrat du siège) – RG n° 25/00260
L’audience a été prise au siège de la juridiction, en audience publique, le 13 Février 2025
Décision réputée contradictoire
COMPOSITION
Stéphanie GARGOULLAUD, présidente de chambre à la cour d’appel, agissant sur délégation du Premier Président de la cour d’appel de Paris,
assisté de Roxane AUBIN, greffier lors des débats et de la mise à disposition de la décision
APPELANTE
Madame [C] [V] (Personne faisant l’objet de soins)
née le 04/05/1970 à [Localité 6]
demeurant [Adresse 1]
Actuellement hospitalisée au GHU [Localité 5] psychiatrie et neurosciences site Bichat
comparante en personne, assistée de Me Hélène HAULET, avocat commis d’office au barreau de Paris,
INTIMÉ
M. LE DIRECTEUR DU GHU [Localité 5] PSYCHIATRIE ET NEUROSCIENCES SITE BICHAT
demeurant [Adresse 2]
non comparant, non représenté,
TIERS
Madame [Z] [V]
demeurant [Adresse 4]
non comparante, non représentée,
MINISTÈRE PUBLIC
Représenté par Madame Chantal BERGER, avocate générale,
Comparante,
DÉCISION
RAPPEL DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE,
Mme [C] [V] a été admise en soins psychiatriques sans consentement par décision du directeur d’établissement du 21 janvier 2025 prise à la demande d’un tiers (sa mère) au visa de certificats médicaux du même jour évoquant des idées délirantes à thématique persécutive centrées sur sa mère avec un arrêt de traitement depuis 2022, elle indique n’avoir pas été hospitalisée mais séquestrée aux Seychelles, et a fait l’objet d’une contention physique en raison de son agitation (certificat du 20 janvier 2025 à 20h05). L’ensemble de ces éléments étaient retenus comme des troubles rendant impossible son consentement et justifiant son hospitalisation en psychiatrie sans consentement.
Le 24 janvier 2025, le directeur d’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention dans le cadre du contrôle obligatoire de la mesure prévu à l’article L. 3211-12-1 du code de la santé publique.
Par ordonnance du 29 janvier 2025, le magistrat du siège du tribunal judiciaire a ordonné la poursuite de la mesure.
Mme [V] a présenté un appel contre cette ordonnance par une lettre postée le 5 février et reçue le 7 février 2025.
Le certificat médical de situation du 11 février 2025 conclut à la nécessité d’une poursuite de la mesure.
Les parties ont été convoquées à l’audience du 13 février 2025, qui s’est tenue au siège de la juridiction.
Par des conclusions exposées oralement à l’audience, le conseil de Mme [V] a relevé une incertitude sur la situation de Mme [V] depuis le 17 janvier, date à laquelle elle soutient que les pompiers sont intervenus à son domicile. Ensuite, elle est allée à l’hôpital de [3] avant d’être hospitalisée à Bichat. Madame [V] a des projets, notamment des projets d’insertion professionnelle et de ventes de tee-shirts, elle est apte à prendre en charge son traitement.
Le ministère public relève l’absence d’irrégularité de procédure, il n’est pas établi que l’intéressée a été privée de liberté avant le 20 janvier et la décision est suffisamment motivée. Il est demandé la confirmation de la décision de première instance au regard du dernier certificat médical qui conclut à la nécessité de maintenir les soins en la forme.
MOTIVATION
L’office du juge judiciaire implique un contrôle relatif à la fois à la régularité de la décision administrative d’admission en soins psychiatriques sans consentement et au bien-fondé de la mesure, en se fondant sur des certificats médicaux.
Il résulte de l’article L. 3216-1 du code de la santé publique que l’irrégularité affectant une décision administrative de soins psychiatriques sans consentement n’entraîne la mainlevée de la mesure que s’il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en fait l’objet. Il appartient donc au juge de rechercher, d’abord, si l’irrégularité affectant la procédure est établie, puis, dans un second temps, si de cette irrégularité résulte une atteinte aux droits de l’intéressé.
1. Sur le moyen pris de la justification de la mesure au regard des circonstances du début de l’hospitalisation
Dans l’exercice de son office, le juge ne saurait se substituer au médecin dans l’appréciation de l’état mental du patient et de son consentement aux soins (1re Civ., 27 septembre 2017, pourvoi n°16-22.544).
Selon l’article L. 3212-1 du code précité, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;
2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° du I de l’article L. 3211-2-1.
Par ailleurs, selon l’article L. 3211-3 du même code, le patient est informé du projet de décision du directeur d’établissement puis, le plus rapidement possible, d’une manière appropriée à son état, de la décision d’admission et de chacune des décisions de maintien des soins, ainsi que des raisons qui les motivent.
Il se déduit de ces textes que la décision du directeur d’établissement devrait précéder tant l’admission effective du patient que la modification de la « forme de la prise en charge » et ne peut donc pas avoir d’effet rétroactif.
Toutefois, un délai étant susceptible de s’écouler entre l’admission, la rédaction des certificats médicaux et la décision du directeur d’établissement, celle-ci peut être retardée le temps strictement nécessaire à l’élaboration de l’acte, qui ne saurait excéder quelques heures. Au-delà de ce bref délai, la décision est irrégulière.
En l’espèce, la nécessité d’une hospitalisation sans consentement résulte, d’une part, des cartificats médicaux du 20 janvier 2025 (Lariboisière) et 21 janvier 2025 (GHU Bichat), d’autre part de la demande de la mèe de l’intéressée du 20 janvier. Aucun élément du dossier ne suggère une privation de liberté antérieure au 20 janvier et la formalisation de la décision du directeur le 21 janvier répond aux critères de célérité admis pour permettre l’information des parties et l’élaboration de l’acte. La procédure est donc régulière à cet égard.
2. Sur la poursuite de la mesure
Le dernier certificat médical sur la situation de Mme [V] indique que la patiente a été hospitalisée 'antécédents d’un trouble psychique chronique sans suivi ni traitement auparavant est hospitalisée pour la rupture avec l’état antérieur avec le repli sur soi dans un contexte de recrudescence anxio- délirante. Un traitement à visée thermorégulatrice a été introduit depuis son arrivé à une posologie progressivement croissante. Ce jour en entretien on note une amélioration au niveau de logorrhée et une meilleure organisation du discours. Persistance de relâchement des associations. Une thymie est neutre avec un détachement affectif de son vécu persécutif vis à vis des situations difficiles dans sa vie privée. Bonne tolérance du traitement Projet de soins pour cette semaine : VAD jeudi 13/02, EF le 14/02 Patiente demeure toujours anosognosique et adhésion aux soins reste fragile La mesure de contrainte est toujours justifiée à ce jour afin de permettre un ajustement thérapeutique et organiser un projet de soins ambulatoires.'
A ce stade, et alors que les pièces précitées ont été soumises au débat contradictoire, il est manifeste, d’une part, que l’évolution de Mme [V] est favorable, d’autre part, que les troubles psychiques décrits nécessitent à ce jour des soins sous la forme d’une hospitalisation complète afin de lui permettre de surmonter les troubles récents et de mettre en place une sortie dans les meilleures conditions possibles à brève échéance.
Il résulte de ces éléments, en particulier de la persistance de ses troubles, qu’un suivi ambulatoire s’avère actuellement prématuré alors que la mise en place d’un strict cadre de soins s’impose encore dans cette perspective.
Il y a donc lieu de confirmer l’ordonnance critiquée.
PAR CES MOTIFS,
Le délégué du premier président, statuant en dernier ressort, publiquement, par décision réputée contradictoire et mise à disposition au greffe,
CONFIRME l’ordonnance critiquée,
LAISSE les dépens à la charge de l’Etat.
Ordonnance rendue le 18 FEVRIER 2025 par mise à disposition au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile.
LE GREFFIER LE MAGISTRAT DÉLÉGATAIRE
Notification ou avis fait à :
X patient à l’hôpital
ou/et ' par LRAR à son domicile
X avocat du patient
X directeur de l’hôpital
X tiers par LS
' préfet de police
' avocat du préfet
' tuteur / curateur par LRAR
X Parquet près la cour d’appel de Paris
AVIS IMPORTANTS :
Je vous informe qu’en application de l’article R.3211-23 du code de la santé publique, cette ordonnance n’est pas susceptible d’opposition. La seule voie de recours ouverte aux parties est le pourvoi en cassation . Il doit être introduit dans le délai de 2 mois à compter de la présente notification, par l’intermédiaire d’un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation.
Le pourvoi en cassation est une voie extraordinaire de recours qui exclut un nouvel examen des faits ; il a seulement pour objet de faire vérifier par la Cour de Cassation si la décision rendue est conforme aux textes législatifs en vigueur.
Ce délai est augmenté d’un mois pour les personnes qui demeurent dans un département ou territoire d’outre-mer et de deux mois pour celles qui demeurent à l’étranger.
RE’U NOTIFICATION LE :
SIGNATURE DU PATIENT :
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