Infirmation 19 janvier 2026
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Sur la décision
| Référence : | CA Paris, pôle 1 ch. 11, 19 janv. 2026, n° 26/00289 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour d'appel de Paris |
| Numéro(s) : | 26/00289 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Autre |
| Date de dernière mise à jour : | 28 janvier 2026 |
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Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D’APPEL DE PARIS
L. 340-1 et suivants du Code de l’entrée et du séjour
des étrangers et du droit d’asile
ORDONNANCE DU 19 JANVIER 2026
(1 pages)
Numéro d’inscription au répertoire général et de décision : Q N° RG 26/00289 – N° Portalis 35L7-V-B7K-CMSEH
Décision déférée : ordonnance rendue le 16 janvier 2026, à 12h47, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Bobigny
Nous, Stéphanie Gargoullaud, présidente de chambre à la cour d’appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Marie Bounaix, greffière aux débats et au prononcé de l’ordonnance
APPELANT
LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR REPRÉSENTÉ PAR LE PRÉFET DE POLICE
représenté par Me Romain Dussault, du cabinet Centaure avocats au barreau de Paris
INTIMÉE
Mme X se disant [Y] [U]
née le 24 Octobre 2004 à [Localité 1], de nationalité djiboutienne
Libre, non comparante, non représentée, convoquée en zone d’attente à l’aéroport de [3], dernier domicile connu
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l’heure de l’audience
ORDONNANCE :
— réputée contradictoire
— prononcée en audience publique
— Vu l’ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Bobigny du 16 janvier 2026 à 12h47, déclarant la procédure irrégulière et disant n’y avoir lieu de prolonger le maintien de Mme X se disant [Y] [I] [Z], en zone d’attente de l’aéroport de [3] ;
— Vu l’appel motivé interjeté le 16 janvier 2026, à 21h25, par le conseil du préfet de Police ;
— Après avoir entendu les observations du conseil du préfet de Police tendant à l’infirmation de l’ordonnance ;
SUR QUOI,
Il résulte des articles L 342-1 et L 342-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que 'le maintien en zone d’attente au-delà de quatre jours à compter de la décision initiale peut être autorisé, par le juge des libertés et de la détention statuant sur l’exercice effectif des droits reconnus à l’étranger, pour une durée qui ne peut être supérieure à huit jours’ et que ' l’existence de garanties de représentation de l’étranger n’est pas à elle seule susceptible de justifier le refus de prolongation de son maintien en zone d’attente'.
Il appartient au juge judiciaire, en sa qualité de gardien de la liberté individuelle, de se prononcer sur les irrégularités invoquées par l’étranger, attentatoires à sa liberté individuelle pendant la période qui précède la notification de la décision de placement en zone d’attente (2e Civ., 5 juillet 2001, pourvoi n° 99-50.072, Bull. II, n° 131, 2e Civ., 22 mai 2003, pourvoi n° 01-50.104, Bulletin civil 2003, II, n° 151).
Selon les articles L. 341-3 et L. 343-1 du même code l’étranger placé en zone d’attente est informé de ses droits en zone d’attente, notamment, dans les meilleurs délais, qu’il peut demander l’assistance d’un interprète et communiquer avec un conseil.
Selon l’article L. 141-2, lorsqu’un étranger fait l’objet d’une décision de refus d’entrée en France, de placement en rétention ou en zone d’attente, de retenue pour vérification du droit de circulation ou de séjour ou de transfert vers l’Etat responsable de l’examen de sa demande d’asile et qu’il ne parle pas le français, il indique au début de la procédure une langue qu’il comprend. Il indique également s’il sait lire.
Ces informations sont mentionnées sur la décision de refus d’entrée, de placement ou de transfert ou dans le procès-verbal prévu au premier alinéa de l’article L. 813-13. Ces mentions font foi sauf preuve contraire. La langue que l’étranger a déclaré comprendre est utilisée jusqu’à la fin de la procédure.
Si l’étranger refuse d’indiquer une langue qu’il comprend, la langue utilisée est le français.
L’article L. 141-3 précise que lorsque les dispositions du présent code prévoient qu’une information ou qu’une décision doit être communiquée à un étranger dans une langue qu’il comprend, cette information peut se faire soit au moyen de formulaires écrits dans cette langue, soit par l’intermédiaire d’un interprète. L’assistance de l’interprète est obligatoire si l’étranger ne parle pas le français et qu’il ne sait pas lire.
En cas de nécessité, l’assistance de l’interprète peut se faire par l’intermédiaire de moyens de télécommunication. Dans une telle hypothèse, il ne peut être fait appel qu’à un interprète inscrit sur une liste établie par le procureur de la République ou à un organisme d’interprétariat et de traduction agréé par l’administration. Le nom et les coordonnées de l’interprète ainsi que le jour et la langue utilisée sont indiqués par écrit à l’étranger.
Aux termes de l’article R. 343-1 du même code, l’administration met un interprète à la disposition des étrangers maintenus en zone d’attente qui ne comprennent pas le français, dans le seul cadre des procédures de non-admission dont ils font l’objet. Dans les autres cas, la rétribution du prestataire est à la charge de l’étranger.
Il résulte de ces textes, d’une part, que l’étranger placé en zone d’attente dispose d’un droit de communiquer avec un conseil et non d’un droit à l’assistance d’un avocat pendant son maintien en zone d’attente, d’autre part, que, l’administration n’étant tenue de mettre à disposition et de rétribuer l’interprète que pour les procédures de non-admission, il appartient à l’étranger qui souhaite bénéficier d’une prestation d’interprétariat, en particulier lors de la venue de son avocat, d’en faire la demande, l’autorité administrative devant alors prendre les dispositions nécessaires afin que l’avocat et l’interprète puissent être contactés par l’étranger et qu’ils soient en mesure d’accéder à la zone d’attente à tout moment (1re Civ. 9 février 2022, pourvois n° 19-15.655 et suivants).
Dans le cas présent, un procès-verbal de changement de langue et de carence a été établi pour expliquer le recours à un interprétariat par téléphone, après le constat auprès des sociétés Roissy Traduction Interprétariat (RTI) etAFT.com, que le seul interprète disponible, Mme [P] [D], ne pouvait se déplacer physiquement.
La réalisation des procès-verbaux à la même heure (10h25), correspond à des recherches menées parallèlement par les fonctionnaires de la police aux frontières.
Indépendament des délais pris pour mener ces diligences et obtenir des réponses, délais dont la durée ne préjuge pas de la pertinence, il y a lieu de constater que ce procès-verbal permet d’établir de manière exhaustive l’indisponibilité des interprète et la nécessité d’avoir recours aux moyens de communication téléphonique pour assurer la notification des décisions et des droits des étrangers dans les meilleurs conditions qu’il était possible d’envisager. Il y a donc lieu de constater que la procédure n’est entachée d’aucune irrégularité.
Au demeurant, aux termes de l’article L. 742-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, en cas de violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou d’inobservation des formalités substantielles, toute juridiction, y compris la Cour de cassation, qui est saisie d’une demande d’annulation ou qui relève d’office une telle irrégularité ne peut prononcer la mainlevée du maintien en zone d’attente que lorsque celui-ci a eu pour effet de porter atteinte aux droits de l’étranger.
Il peut donc être précisé qu’à supposer que l’interprétariat ait été mené selon une procédure irrégulière, il y a lieu de mettre en balance la nécessité d’une notification rapide des droits et les contraintes matérielles qui peuvent s’opposer au déplacement des interprètes et justifier de communication par téléphone et de constater qu’en l’espèce aucune atteinte aux droits n’est alléguée ni démontrée.
Il convient donc d’infirmer l’ordonnance querellée.
PAR CES MOTIFS
INFIRMONS l’ordonnance,
STATUANT à nouveau,
ORDONNONS la prolongation du maintien de Mme X se disant [Y] [I] [Z] en zone d’attente de l’aéroport de [3] pour une durée de huit jours,
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d’une expédition de la présente ordonnance.
Fait à [Localité 2], le 19 janvier 2026 à
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE ET DE L’EXERCICE DES VOIES DE RECOURS :
Pour information :
L’ordonnance n’est pas susceptible d’opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l’étranger, à l’autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d’attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Le préfet ou son représentant
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