Rejet 16 juin 2023
Rejet 18 mars 2024
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | CAA Nantes, 18 mars 2024, n° 23NT02886 |
|---|---|
| Juridiction : | Cour administrative d'appel de Nantes |
| Numéro : | 23NT02886 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Décision précédente : | Tribunal administratif de Rennes, 16 juin 2023, N° 2303088 |
| Dispositif : | Rejet R. 222-1 appel manifestement infondé |
| Date de dernière mise à jour : | 22 juillet 2025 |
Sur les parties
| Parties : | préfet d'Ille-et-Vilaine |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler l’arrêté du 8 juin 2023 du préfet d’Ille-et-Vilaine portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination, interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an et l’arrêté du même jour portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2303088 du 16 juin 2023, le magistrat désigné du tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2023, Mme B, représentée par Me Salin, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 16 juin 2023 du magistrat désigné du tribunal administratif de Rennes ;
2°) d’annuler les arrêtés du 8 juin 2023 du préfet d’Ille-et-Vilaine ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
— la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, celles du 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
— la décision portant refus de délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l’article L. 612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
— la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
— la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai ; elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.
Mme B a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
— la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
— la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
— le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
— la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
— le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d’appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. () ».
2. Mme B, ressortissante géorgienne, relève appel du jugement du 16 juin 2023 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du 8 juin 2023 du préfet d’Ille-et-Vilaine portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination, interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an et de l’arrêté du même jour portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la durée de la présence en France de Mme B, qui y est entrée le 24 septembre 2019, s’explique par le temps nécessaire à l’examen de sa demande d’asile puis par son maintien en situation irrégulière en dépit d’une décision l’obligeant à quitter le territoire français prise à son encontre le 30 décembre 2019 qu’elle n’a pas exécutée. Son époux réside en France en situation irrégulière. Elle n’est pas dépourvue d’attaches familiales dans son pays d’origine où réside un de ses enfants et où elle a vécu jusqu’à l’âge de trente-neuf ans. Elle ne justifie pas d’une intégration particulière sur le territoire français. Ainsi, rien ne fait obstacle à ce que l’intéressée reconstitue la cellule familiale avec son époux et leurs deux enfants dans son pays d’origine où ces derniers pourront poursuivre leur scolarité. Dans ces conditions, en obligeant l’intéressée à quitter le territoire français, le préfet d’Ille-et-Vilaine n’a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ni méconnu l’intérêt supérieur de ses enfants. Par suite, le préfet n’a méconnu ni les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ni celles du 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant. Pour les mêmes motifs, le préfet n’a pas commis d’erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de ses décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction d’y revenir sur la situation personnelle de l’intéressée.
4. En deuxième lieu, il convient d’écarter par adoption des motifs retenus par le premier juge les moyens tirés de la méconnaissance, par la décision portant refus de délai de départ volontaire, des dispositions de l’article L. 612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de la méconnaissance, par la décision fixant le pays de destination, des stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, moyens que Mme B réitère en appel sans apporter d’élément nouveau.
5. En troisième lieu, la décision obligeant Mme B à quitter le territoire français sans délai n’étant pas annulée par la présente ordonnance, doit être écarté le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l’annulation de cette décision.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B, en ce qu’elle tend à l’annulation du jugement et des arrêtés contestés, est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions présentées dans cette requête de mise à la charge de l’Etat des frais liés au litige doivent également être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l’intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet d’Ille-et-Vilaine.
Fait à Nantes, le 18 mars 2024.
Le président de la cour
O. Couvert-Castéra
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.1
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Urbanisme ·
- Déclaration préalable ·
- Permis d'aménager ·
- Emprise au sol ·
- Lotissement ·
- Commune ·
- Justice administrative ·
- Communauté d’agglomération ·
- Investissement ·
- Pays
- Territoire français ·
- Justice administrative ·
- Interdiction ·
- Départ volontaire ·
- Erreur ·
- Délai ·
- Tribunaux administratifs ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Asile
- Tribunaux administratifs ·
- Justice administrative ·
- Permis de conduire ·
- Échange ·
- Procédure contentieuse ·
- Lieu de résidence ·
- Compétence du tribunal ·
- Juridiction administrative ·
- Juridiction ·
- Conseil d'etat
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Dispositions applicables à la publicité ·
- Régime de la loi du 29 décembre 1979 ·
- Affichage et publicité ·
- Règles générales ·
- Affichage ·
- Publicité ·
- Règlement ·
- Dispositif ·
- Développement ·
- Parc ·
- Justice administrative ·
- Unité foncière ·
- Tribunaux administratifs ·
- Révision
- Transfert ·
- Etats membres ·
- Tribunaux administratifs ·
- Règlement (ue) ·
- Justice administrative ·
- Asile ·
- L'etat ·
- Examen ·
- Responsable ·
- Révision
- Justice administrative ·
- Sanction ·
- Assistance ·
- Tribunaux administratifs ·
- Annulation ·
- Injonction ·
- Commissaire de justice ·
- Fins ·
- Fonction publique hospitalière ·
- Détournement de pouvoir
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Délai ·
- Tribunaux administratifs ·
- Demande d'aide ·
- Aide juridictionnelle ·
- Recours ·
- Appel ·
- Territoire français ·
- Décret ·
- Commissaire de justice
- Immigration ·
- Pays ·
- Médecin ·
- Justice administrative ·
- État de santé, ·
- Étranger ·
- Avis ·
- Aide juridictionnelle ·
- Traitement ·
- Carte de séjour
- Justice administrative ·
- Commissaire de justice ·
- Ordonnance ·
- Tribunaux administratifs ·
- Mandataire ·
- Ministère ·
- Appel ·
- Ancien combattant ·
- Procédure contentieuse ·
- Irrecevabilité
Sur les mêmes thèmes • 3
- Enfant ·
- Pays ·
- Justice administrative ·
- Scolarisation ·
- Convention internationale ·
- Territoire français ·
- Liberté fondamentale ·
- Illégalité ·
- Vie privée ·
- État de santé,
- Justice administrative ·
- Maître d'ouvrage ·
- Exécution du jugement ·
- Commissaire de justice ·
- Co-auteur ·
- Sociétés ·
- Sérieux ·
- Marches ·
- Tribunaux administratifs ·
- Sursis
- Justice administrative ·
- Tribunaux administratifs ·
- Délai ·
- Commune ·
- Désistement ·
- Décision implicite ·
- Maire ·
- Illégal ·
- Notification ·
- Ordonnance
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.