Rejet 12 février 2026
Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TA Melun, 12 févr. 2026, n° 2518630 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Melun |
| Numéro : | 2518630 |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 20 février 2026 |
Sur les parties
| Avocat(s) : |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 décembre 2025, complétée les 29 décembre 2025 et 14 janvier 2026, M. A… B… C… demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer, dans un délai de 48 heures, une attestation de prolongation d’instruction (ou un récépissé) l’autorisant à demeurer en situation régulière, avec autorisation de travail ;
2°) de mettre les dépens à la charge de l’administration.
Il soutient que, de nationalité malgache, il a déposé le 8 octobre 2025 sur la plateforme de l’Administration numérique pour les étrangers en France une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention « étudiant » et qu’il n’a eu aucune réponse de la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), ni aucune attestation de prolongation d’instruction à l’échéance de son titre de séjour, que la condition d’urgence est satisfaite car son contrat d’alternance a été suspendu et il risque de ne pas valider son année de master.
La requête a été communiquée le 22 décembre 2025 au préfet du Val-de-Marne qui n’a présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
M. A… B… C…, ressortissant malgache né le 31 août 2004 à Fianarantsoa, a été titulaire en dernier lieu d’une carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant-élève » délivrée par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu’au 12 décembre 2025. Il suit des études de master 1 en banque, finance et assurance à l’Université de Paris Nord à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis) et travaille en alternance auprès de la société « BNP Paribas Personal Finance » de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Le 8 octobre 2025, il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour sur la plateforme de l’Administration numérique pour les étrangers en France et n’a reçu aucune réponse, y compris après l’échéance de son titre de séjour, malgré plusieurs relances auprès du service. Son contrat d’alternance a été suspendu à la date du 13 décembre 2025. Par une requête enregistrée le 22 décembre 2025, il demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou un récépissé l’autorisant à demeurer en situation régulière, avec autorisation de travail.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».
Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R.* 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l’étranger sollicite la délivrance d’un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17. (…) ». Aux termes de l’article R. 422-5 du même code : « La décision du préfet sur la demande de délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant » prévue aux articles L. 422-1 ou L. 422-2, ou de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention « étudiant-programme de mobilité » prévue aux articles L. 422-5 ou L. 422-6 est notifiée par écrit à l’étranger dans les meilleurs délais et au plus tard dans les quatre-vingt-dix jours à compter de la date d’introduction de la demande complète. Par dérogation à l’article R. 432-2, le silence gardé par l’autorité administrative sur la demande fait naître une décision implicite de rejet au terme d’un délai de quatre-vingt-dix jours ».
En l’espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C… a déposé sa demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d’étudiant le 8 octobre 2025 sur la plateforme de l’Administration numérique pour les étrangers en France, dans les délais de l’article R. 431-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Un défaut de réponse positive du préfet du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) dans le délai de trois mois cité au point précédent, a fait naître une décision implicite de rejet à la date du 9 janvier 2026
Par suite, la demande présentée par M. C… ne pourra qu’être rejetée comme dépourvue d’utilité, le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du même code, ne pouvant s’opposer à une décision administrative, l’intéressé demeurant toutefois fondé, s’il l’estime utile, de contester devant le présent tribunal la légalité de cette décision implicite de rejet, assortie le cas échéant d’une requête en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C… est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A… B… C… et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. AYMARD
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Justice administrative ·
- Veuve ·
- Désistement ·
- Délai ·
- Commissaire de justice ·
- Maintien ·
- Lettre ·
- Parent à charge ·
- Application ·
- Consultation
- Justice administrative ·
- Juge des référés ·
- Étudiant ·
- Désistement ·
- Commissaire de justice ·
- Prolongation ·
- Décision administrative préalable ·
- Urgence ·
- Autorisation provisoire ·
- Juge
- Justice administrative ·
- Crédit d'impôt ·
- Innovation ·
- Finances publiques ·
- Commissaire de justice ·
- Statuer ·
- Prototype ·
- Montant ·
- Éligibilité ·
- L'etat
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Police nationale ·
- Service ·
- Contrat de travail ·
- Administration ·
- Congé de maladie ·
- Notation ·
- Renouvellement ·
- Commissaire de justice ·
- Sécurité ·
- Sérieux
- Justice administrative ·
- Légalité ·
- Juge des référés ·
- Renouvellement ·
- Commissaire de justice ·
- Urgence ·
- Sérieux ·
- Gouvernement ·
- République du sénégal ·
- Titre
- Foyer ·
- Médiation ·
- Justice administrative ·
- Habitation ·
- Construction ·
- Logement ·
- Carence ·
- Île-de-france ·
- Enfant ·
- L'etat
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Métropole ·
- Justice administrative ·
- Service public ·
- Collecte ·
- Collectivités territoriales ·
- Déchet ·
- Police administrative ·
- Habitation ·
- Construction ·
- Public
- Justice administrative ·
- Allocations familiales ·
- Commissaire de justice ·
- Délai ·
- Droit privé ·
- Désistement ·
- Communication ·
- Notification ·
- Application ·
- Consultation
- Territoire français ·
- Droit d'asile ·
- Enfant ·
- Justice administrative ·
- Séjour des étrangers ·
- Autorisation provisoire ·
- Convention internationale ·
- Droits fondamentaux ·
- Charte ·
- Liberté fondamentale
Sur les mêmes thèmes • 3
- Justice administrative ·
- Liberté fondamentale ·
- Convention européenne ·
- Sauvegarde ·
- Asile ·
- Territoire français ·
- Manifeste ·
- Police ·
- Homme ·
- Erreur
- Justice administrative ·
- Décision implicite ·
- Juge des référés ·
- Demande ·
- Titre ·
- Droit d'asile ·
- Séjour des étrangers ·
- Commissaire de justice ·
- Urgence ·
- Rejet
- Asile ·
- Règlement (ue) ·
- Croatie ·
- Police ·
- Aide juridictionnelle ·
- Transfert ·
- Attestation ·
- État ·
- Demande ·
- Mariage
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.