Rejet 14 avril 2026
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Sur la décision
| Référence : | TA Montpellier, vice-prés. encontre, 14 avr. 2026, n° 2403467 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Montpellier |
| Numéro : | 2403467 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Plein contentieux |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 16 avril 2026 |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 19 juin 2024, les 7 janvier et 24 novembre 2025 et les 12 et 23 février 2026, M. A… B… demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d’annuler la décision du 3 octobre 2024 de la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales lui refusant la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ».
Il soutient qu’il remplit les conditions pour bénéficier de la carte sollicitée dans la mesure où les pathologies multiples dont il est affecté, qui doivent être appréciées cumulativement et de manière qualitative et non seulement quantitative affectent considérablement ses déplacements.
Par un mémoire, enregistré le 9 février 2026, le département des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Un moyen d’ordre public a été adressé aux parties le 2 mars 2026, tiré de l’irrecevabilité partielle des conclusions de la requête à raison de l’incompétence du juge administratif pour connaître des litiges relatifs à la délivrance de la carte mobilité inclusion mention « priorité » ou « invalidité », à l’attribution de l’allocation aux adultes handicapés et à l’attribution de la prestation de compensation du handicap.
Par un mémoire enregistré le 2 mars 2026, M. B… a présenté ses observations sur le moyen d’ordre public en faisant valoir que sa requête porte seulement sur le refus de délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées ».
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Crampe, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Crampe a été entendu au cours de l’audience publique.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B… a sollicité le 15 décembre 2023 la délivrance des cartes mobilité inclusion portant les mentions « stationnement pour personnes handicapées » et « invalidité » ou « priorité », l’attribution de la prestation de compensation du handicap, ainsi que l’allocation aux adultes handicapés. Au vu de l’appréciation de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, la présidente du conseil départemental a refusé de faire droit à sa demande portant sur la carte mobilité inclusion mention « stationnement pour personnes handicapées » par une décision du 29 février 2024. M. B… a formé un recours administratif préalable obligatoire le 12 mars suivant et la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales a maintenu son refus par décision du 3 octobre 2024 dont, par la présente requête, M. B… demande l’annulation.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes du I de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « La carte « mobilité inclusion » destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. (…) 3° La mention « stationnement pour personnes handicapées » est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ». Aux termes du IV de l’article R. 241-12-1 du même code : « Pour l’attribution de la mention « stationnement pour personnes handicapées », un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limite du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur ».
3. Aux termes de l’annexe de l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles : « 1° Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité (…) Ce critère est rempli dans les situations suivantes : – la personne à un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; – ou la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : -une aide humaine ; -une prothèse de membre inférieur ;-une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; -un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil – ou la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ; 2. Critère relatif à l’accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d’une altération d’une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu’elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. La nécessité d’un accompagnement s’impose dès lors que la personne risque d’être en danger ou a besoin d’une surveillance régulière (…) S’agissant des personnes présentant une déficience sensorielle, l’accompagnement doit être nécessaire pour effectuer le déplacement lui-même et s’imposer par le risque d’une mise en danger. Cette condition n’est habituellement pas remplie pour une personne qui présente une déficience auditive isolée (…) ».
4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant l’attribution de la mention « stationnement pour personnes handicapées » sur la carte mobilité inclusion prévue par les dispositions citées au point 2, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si l’octroi d’une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit attribuée la carte sollicitée.
5. En l’espèce, M. B…, qui a levé le secret médical, soutient que les multiples pathologies dont il est affecté apportent une limitation fonctionnelle à ses déplacements et restreignent considérablement sa mobilité. Il produit un dossier médical démontrant qu’il expérimente de nombreuses difficultés, physiques et psychiques, des atteintes rénales et endocriniennes, affectant notamment sa concentration, sa vue, sa capacité à organiser ses déplacements et à se déplacer en environnements complexes, ses interactions sociales. Il démontre subir troubles psychiques, souffrance morale, fatigue et douleurs parmi d’autres symptômes chroniques, notamment liés à la station debout. Toutefois, le formulaire médical qu’il a rempli à destination de la maison départementale des personnes handicapées, qui indique qu’il peut se déplacer à l’extérieur avec difficulté mais sans aide humaine (case B) précise que son périmètre de marche est d’environ 15 minutes. Il résulte par ailleurs de l’instruction, et en particulier du rapport de suivi kinésithérapeutique en date du 4 septembre 2024 qu’il connaît des douleurs en cas de marche « excessive ». Il allègue que la maladie auto-immune systémique récemment diagnostiquée, des douleurs neuropathiques et l’altération de son champ visuel binoculaire compromettent gravement ses déplacements, et qu’il doit être accompagné pour organiser ceux-ci, sans toutefois que ces éléments – même cumulés avec les autres symptômes et pathologies décrites – permettent de retenir que la capacité de M. B… à marcher serait altérée au point de nécessiter une aide humaine ou technique systématique durant ses déplacements extérieurs ou de réduire son périmètre de marche en deçà de 200 mètres. Dans ces conditions, le requérant ne justifie pas que la réduction de sa capacité et de son autonomie de déplacement à pied serait telle qu’elle nécessiterait la délivrance de la carte mobilité inclusion mention « stationnement pour personnes handicapées ». En refusant de lui délivrer cette carte, la présidente du conseil départemental n’a dès lors pas fait une inexacte application des dispositions de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles et de l’arrêté du 3 janvier 2017 rappelées ci-dessus.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B… n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision du 3 octobre 2024.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B… est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A… B… et au département des Pyrénées-Orientales.
Copie en sera adressée pour information à la maison départementale des personnes handicapées des Pyrénées-Orientales.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2026.
La magistrate désignée,
S. Crampe
La greffière,
F. Roman
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 14 avril 2026.
La greffière,
F. Roman
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