Rejet 27 janvier 2026
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Sur la décision
| Référence : | TA Toulon, aide soc., 27 janv. 2026, n° 2402074 |
|---|---|
| Juridiction : | Tribunal administratif de Toulon |
| Numéro : | 2402074 |
| Importance : | Inédit au recueil Lebon |
| Type de recours : | Excès de pouvoir |
| Dispositif : | Rejet |
| Date de dernière mise à jour : | 30 janvier 2026 |
Sur les parties
| Parties : | département |
|---|
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, M. A… C… doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 13 juin 2024 par laquelle le président du conseil départemental du Var a refusé, suite à son recours administratif préalable obligatoire déposé le 29 mai 2024, de lui délivrer la carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention stationnement.
Il soutient qu’il a souffert d’une embolie pulmonaire et qu’en raison de ses thromboses veineuses et de phlébites, il souffre de sa jambe droite, ce qui justifie que lui soit accordé la CMI portant la mention stationnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2025, le département du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Hamon, premier conseiller, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Hamon, magistrat désigné, a été entendu au cours de l’audience publique lors de laquelle les parties n’étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l’instruction a été prononcée, en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après appel de la présente affaire à l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 13 juin 2024, le président du conseil départemental du Var a refusé à M. C…, suite à son recours administratif préalable obligatoire déposé le 29 mai 2024, l’attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention stationnement. Par la présente requête, l’intéressé demande au tribunal d’annuler la décision précitée du 13 juin 2024 du département du Var.
2. Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. – La carte « mobilité inclusion » destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. (…) 3° La mention « stationnement pour personnes handicapées » est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. (…) ». Aux termes de l’article R. 241-12-1 du même code : « I.- La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l’article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l’équipe pluridisciplinaire mentionnée à l’article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d’évaluer sa capacité de déplacement. (…) IV.- Pour l’attribution de la mention “ stationnement pour personnes handicapées ”, un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur (…) ». Le premier alinéa de l’article R. 241-15 du même code précise que : « La carte mobilité inclusion peut être attribuée à titre définitif ou à durée déterminée, dans ce cas cette dernière ne peut être inférieure à un an, ni excéder vingt ans ».
3. L’annexe à l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles dispose que : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : – la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou – la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : – une aide humaine ; – une prothèse de membre inférieur ; – une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; – un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou – la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. (…) (…) 3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied ou le besoin d’accompagnement doit être définitif ou d’une durée prévisible d’au moins un an pour attribuer la mention « stationnement pour personnes handicapées » de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n’est cependant pas nécessaire que l’état de la personne soit stabilisé. / Lorsque les troubles à l’origine des difficultés de déplacement ont un caractère évolutif, la durée d’attribution de cette carte tient compte de l’évolutivité potentielle de ceux-ci ».
4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociales, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une ou l’autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
5. Il résulte des dispositions précitées aux points 2 et 3 que l’obtention de la carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » est subordonnée à la démonstration d’une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspondant à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et pouvant se retrouver chez des personnes présentant, notamment, un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Tel est le cas lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à deux cents mètres ou a systématiquement recours à une des aides mentionnées pour ses déplacements extérieurs. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d’annulation d’une décision lui refusant la délivrance d’une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » d’établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu’elle est atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.
6. M. C… soutient qu’il a souffert d’une embolie pulmonaire et qu’en raison de ses thromboses veineuses et de phlébites, il souffre de sa jambe droite, ce qui justifie que lui soit accordé la CMI portant la mention stationnement. Il ressort d’un certificat médical en date du 11 décembre 2023 du docteur D… que M. C… présente une embolie pulmonaire avec des thromboses veineuses ainsi qu’une dépression sévère. Toutefois, il est indiqué que le requérant peut se déplacer à l’extérieur sans aide humaine même si cela est réalisé avec difficulté. S’il apparait dans ce même certificat que l’intéressé présenterait un périmètre de marche inferieur à deux cents mètres, cela n’est pas expliqué alors que les pathologies dont souffre le requérant ne peuvent justifier à elles seules une telle limitation. Comme le relève le département du Var, il résulte d’ailleurs du compte rendu de la consultation de suivi en date du 29 novembre 2023 d’un pneumologue, que M. C… a déclaré faire du vélo régulièrement et de la course à pied, ne se plaignant d’aucun essoufflement tant au repos qu’à l’effort. M. C… serait en revanche gêné lors des activités sportives au-delà de 1 100 mètres d’altitude. Il est conclu un état respiratoire fluide avec une très nette amélioration des performances depuis la perte de poids de l’intéressé. Il ressort également d’un autre certificat médical du 1er décembre 2023 du docteur B… du pole cardiologie médecine vasculaire du centre hospitalier intercommunal Toulon – La Seyne-sur-Mer, que le requérant présente un œdème du membre inférieur droit par intermittence et modéré. Il est conclu à une évolution stable de l’état de santé de M. C… bien qu’il reste handicapé au plan pulmonaire et du membre inférieur droit, le traitement par des anticoagulants et le port d’un dispositif de compression contention étant maintenu. Enfin, il ressort d’une expertise médicale réalisée le 5 février 2024 sur M. C… par le docteur E…, pneumo-phtisiologue, que ce dernier ne présentait pas de douleur thoracique significative et qu’il existait des stigmates veineux post-thromboses avec des œdèmes des membres inférieurs variables, l’auscultation cardiologique ne présentant pas d’anomalie spécifique et ne révélant pas de souffle. Ainsi, il ne résulte pas des éléments médicaux produits à l’instance, lesquels ne révèlent pas en outre que l’intéressé aurait recours lors de ses déplacements à une oxygénothérapie, que M. C… remplisse les conditions posées par les dispositions visées aux points 2 et 3 du présent jugement pour la délivrance de la carte CMI portant la mention « stationnement ». Dans ces conditions, le requérant n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision qu’il conteste ainsi que la délivrance de la carte qu’il sollicite.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C… doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C… est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A… C… et au département du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2026.
Le magistrat désigné,
Signé
L. HAMON
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation, la greffière.
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